-10-5051015202530354045051015202530Température sèche (°C)Humidité absolue (g/kg d'air sec)10 %20 %30 %40 %50 %60 %70 %80 %90 %20406080100h (kJ/kg)Confort EN 16798-1A

Diagramme de l'air humide (psychrométrique)

Paramètres
AAir de départ
°C

Évolutions de traitement d'air

Enchaînez jusqu'à 6 étapes — chacune part du point précédent et se trace sur le diagramme.

Ajoutez une évolution : un chauffage montre l'assèchement de l'air d'hiver, une batterie froide chiffre les condensats, l'adiabatique le rafraîchissement évaporatif.

Air au point A

Zone de confort

20,0 °C·50 % HR

Point de rosée

9,3 °C

Enthalpie

38,6 kJ/kg

Humidité abs.

7,26 g/kg

T° humide

13,8 °C

Résultats détaillés

Air au point A20,0 °C · 50 % HR

Point de rosée

9,3°C

Condensation sur toute paroi plus froide que cette température

Enthalpie

38,6kJ/kg

Par kg d'air sec — référence 0 °C

Humidité absolue

7,26g/kg

Pression de vapeur : 1 169 Pa

Température humide

13,8°C

Limite du refroidissement adiabatique (saturation)

PointT (°C)HR (%)w (g/kg)T rosée (°C)T humide (°C)h (kJ/kg)v (m³/kg)ρ (kg/m³)
A20,0507,269,313,838,60,8401,199
Confort hygrothermique du point A — repère indicatif NF EN 16798-1 (cat. II)Taux d'utilisation

Température de l'air : 20 °C

plage recommandée 20 à 26 °C · NF EN 16798-1 cat. II

OK

Humidité relative : 50 %

plage recommandée 30 à 70 % · NF EN 16798-1 annexe B

OK

Humidité absolue : 7,3 g/kg

7,3 / 12 g/kg · NF EN 16798-1 (déshumidification)

61 %
OK

Zone indicative pour une ambiance intérieure de bâtiment résidentiel ou tertiaire (catégorie II) : elle ne s'applique pas à un point d'air extérieur ou de soufflage intermédiaire.

Point de rosée, enthalpie, humidité absolue et température humide, avec traçage des évolutions de l'air humide — chauffage, humidification, refroidissement adiabatique, batterie froide — selon le Handbook ASHRAE et la NF EN 16798-1. Gratuit et sans inscription.

Mis à jour le

Carrier, Mollier, psychrométrique : trois noms, un seul diagramme

L'air que nous chauffons, refroidissons et ventilons n'est jamais sec : c'est un mélange d'air et de vapeur d'eau, dont le comportement gouverne le confort, la consommation d'énergie et les pathologies du bâtiment. Le diagramme de l'air humide — abrégé DAH, appelé aussi diagramme psychrométrique ou diagramme de Carrier — représente tous les états possibles de ce mélange : la température sèche en abscisse, la teneur en eau en ordonnée, et les courbes d'humidité relative de 10 à 100 %. Un état d'air est un point ; un traitement d'air est un déplacement.

Les trois appellations désignent le même contenu. Willis Carrier et Richard Mollier en ont proposé chacun une version au début du XXe siècle : le tracé de Carrier, à axes perpendiculaires, s'est imposé en France, au Royaume-Uni et en Amérique du Nord ; celui de Mollier, à axes échangés et enthalpie inclinée, reste la référence en Allemagne et en Scandinavie. Les valeurs lues sont identiques — seule l'orientation du dessin change. Cet outil trace un diagramme de Carrier.

C'est l'outil quotidien du frigoriste, du technicien CVC et du bureau d'études pour dimensionner une CTA (centrale de traitement d'air), régler une VMC double flux, comprendre pourquoi une pompe à chaleur givre, ou vérifier qu'une paroi ne condensera pas. Toutes les grandeurs sont calculées selon les formules du ASHRAE Handbook — Fundamentals (formulation Hyland-Wexler), avec la zone de confort de la NF EN 16798-1 en repère.

Les grandeurs de l'air humide

Chaque grandeur porte plusieurs noms selon les ouvrages et les pays. La colonne « autres appellations » rassemble celles que vous rencontrerez sur un abaque papier, une fiche technique ou un afficheur de régulation.

GrandeurSymboleUnitéAutres appellationsCe qu'elle raconte
Température sèchet, θ°CBulbe sec, thermomètre secCelle du thermomètre ordinaire ; c'est l'abscisse du diagramme.
Humidité relativeHR, φ%Degré hygrométrique, hygrométrieTaux de remplissage en vapeur d'eau par rapport au maximum possible à cette température.
Humidité absoluew, x, rg/kg asTeneur en eau, humidité spécifiqueMasse d'eau réellement transportée par kilogramme d'air sec, invariante au chauffage et au refroidissement sensible.
Point de roséetr, θr°CTempérature de rosée, point de condensationTempérature de paroi en dessous de laquelle l'air condense : le seuil des buées et des moisissures.
Température humideth, θh°CBulbe humide, thermomètre mouilléLimite basse atteignable par évaporation d'eau : la cible du refroidissement adiabatique.
Pression de vapeurpvPaPression partielle de vapeur, tension de vapeurPart de la pression atmosphérique due à la vapeur d'eau ; rapportée à sa valeur saturante, elle donne l'humidité relative.
EnthalpiehkJ/kg asChaleur totaleContenu énergétique total (chaleur sensible + chaleur latente), base du calcul des puissances de batteries.
Volume spécifiquevm³/kg asVolume massique ; son inverse est la masse volumique ρConvertit les débits volumiques (m³/h) des ventilateurs en débits masse, seuls conservés dans une CTA.

Les formules de l'air humide

Le diagramme n'est que la représentation graphique de cinq relations. Les voici, telles que l'outil les applique.

Pression de vapeur saturante

ln pws = C₁/T + C₂ + C₃T + C₄T² +

p_ws : pression de vapeur saturante (Pa) · T : température absolue (K) = t + 273,15 · C₁…C₇ : coefficients de Hyland-Wexler, différents au-dessus et en dessous de 0 °C

Humidité relative et pression partielle

HR = 100 ×
pᵥp_ws

HR : humidité relative (%) · p_v : pression partielle de vapeur d'eau (Pa) · p_ws : pression de vapeur saturante à la température de l'air (Pa)

Humidité absolue (teneur en eau)

w = 0,621945 ×
pᵥp pᵥ

w : humidité absolue (kg d'eau par kg d'air sec) · p : pression atmosphérique (Pa) · 0,621945 : rapport des masses molaires eau/air sec — ASHRAE éq. 20

Enthalpie de l'air humide

h = 1,006 × t + w × (2 501 + 1,86 × t)

h : enthalpie (kJ par kg d'air sec) · t : température sèche (°C) · w : humidité absolue (kg/kg) · 2 501 : chaleur latente de vaporisation de l'eau à 0 °C (kJ/kg) — ASHRAE éq. 30

Puissance d'une batterie

P =
qᵥ3 600 × v
× Δh

P : puissance thermique (kW) · qᵥ : débit d'air (m³/h) mesuré à l'entrée · v : volume spécifique à l'entrée (m³/kg air sec) · Δh : écart d'enthalpie entre l'entrée et la sortie (kJ/kg air sec)

Le point de rosée n'a pas de formule directe : c'est la température dont la pression de vapeur saturante égale la pression partielle de vapeur de l'air. L'outil inverse la relation de Hyland-Wexler pour la trouver, ce qui évite l'erreur des formules approchées de type Magnus au-delà de 40 °C.

Tableau de l'air saturé (100 % HR)

La courbe de saturation est la frontière du diagramme : au-delà, l'eau ne tient plus en vapeur et forme du brouillard ou de la condensation. Ce tableau en donne les valeurs à la pression normale de 1 013,25 hPa. Retenez l'ordre de grandeur : la capacité de l'air à porter de l'eau double presque tous les 10 °C14,7 g/kg à 20 °C contre 27,2 g/kg à 30 °C.

Température sèchePression de vapeur saturanteHumidité absolue à saturationEnthalpie
-10 °C(sur glace)260 Pa1,60 g/kg-6,1 kJ/kg
-5 °C(sur glace)402 Pa2,48 g/kg1,1 kJ/kg
0 °C611 Pa3,77 g/kg9,4 kJ/kg
5 °C872 Pa5,40 g/kg18,6 kJ/kg
10 °C1228 Pa7,63 g/kg29,3 kJ/kg
15 °C1705 Pa10,65 g/kg42,0 kJ/kg
20 °C2339 Pa14,70 g/kg57,4 kJ/kg
25 °C3169 Pa20,08 g/kg76,3 kJ/kg
30 °C4246 Pa27,20 g/kg99,7 kJ/kg
35 °C5628 Pa36,58 g/kg129,1 kJ/kg
40 °C7383 Pa48,88 g/kg166,1 kJ/kg

Sous 0 °C, l'équilibre s'établit sur la glace et non sur l'eau : la pression de vapeur saturante y est plus basse, et la température lue devient un point de givre. C'est la convention du Handbook ASHRAE, et c'est celle qui décrit le givrage d'un évaporateur ou d'une unité extérieure de pompe à chaleur.

Tableau du point de rosée

Le tableau le plus utile sur un chantier : il croise la température de l'air et son humidité relative pour donner la température de paroi en dessous de laquelle la condensation apparaît. Toute surface plus froide que la valeur lue se couvre d'eau.

Air à…30 % HR40 % HR50 % HR60 % HR70 % HR80 % HR90 % HR
-10 °C-22,9-19,9-17,6-15,6-14,0-12,5-11,2
-5 °C-18,4-15,3-12,9-10,8-9,1-7,6-6,2
0 °C-13,9-10,7-8,2-6,1-4,3-2,7-1,3
5 °C-9,9-6,6-4,0-1,90,01,83,5
10 °C-6,0-2,60,12,64,86,78,4
15 °C-2,11,54,77,39,611,613,4
20 °C1,96,09,312,014,416,418,3
25 °C6,210,513,916,719,121,323,2
30 °C10,514,918,421,423,926,228,2
35 °C14,819,423,026,128,731,033,1
40 °C19,123,827,630,733,535,938,0

Toutes les valeurs sont en °C, à la pression normale. Exemple de lecture : une ambiance à 20 °C et 60 % HR a un point de rosée de 12,0 °C — un vitrage simple ou un pont thermique descendant sous cette température condensera. Le tableau est calculé par le moteur de l'outil, pas recopié : saisissez vos valeurs exactes ci-dessus pour un point précis.

Les quatre évolutions élémentaires du traitement d'air

Chauffage sensible

Déplacement horizontal vers la droite : la teneur en eau ne change pas, l'humidité relative s'effondre. C'est le phénomène de l'air sec d'hiver — 5 °C / 80 % HR réchauffé à 20 °C ne fait plus que 30 % HR. Le point de rosée, lui, reste identique.

Refroidissement et déshumidification

Horizontal vers la gauche jusqu'au point de rosée, puis le point glisse le long de la courbe de saturation : la vapeur condense sur la batterie froide. C'est ainsi qu'une climatisation déshumidifie, et que l'outil chiffre les condensats en kg/h.

Humidification adiabatique

L'eau pulvérisée s'évapore en prélevant sa chaleur sur l'air : la température chute, l'humidité monte, l'enthalpie reste quasi constante. Utilisée en rafraîchissement évaporatif et en free-cooling ; la limite est la température humide.

Humidification vapeur

La vapeur injectée apporte l'eau « déjà évaporée » : la teneur en eau monte verticalement, à température quasi constante. Solution de référence en tertiaire et en santé pour tenir 40 à 60 % HR en plein hiver sans refroidir l'air.

Exemple résolu : la batterie froide d'une CTA de 5 000 m³/h

Une centrale traite 5 000 m³/h d'air neuf pris à 28 °C et 60 % HR (conditions d'été courantes en France) et doit le souffler à 12 °C. Voici ce que donne la lecture du diagramme, pas à pas.

  1. Point d'entrée. À 28 °C / 60 % HR, l'air porte 14,2 g d'eau par kilogramme d'air sec, pour une enthalpie de 64,5 kJ/kg. Son point de rosée est de 19,5 °C.
  2. Où commence la condensation. La batterie descend l'air à 12 °C, donc bien sous 19,5 °C : la déshumidification est inévitable. Entre 28 et 19,5 °C, l'évolution est horizontale ; en dessous, elle suit la courbe de saturation.
  3. Point de sortie. L'air ressort saturé à 12 °C, soit 8,7 g/kg. Il a donc perdu 5,5 g d'eau par kilogramme d'air sec.
  4. Puissance frigorifique. L'écart d'enthalpie atteint 30,4 kJ/kg. Avec un volume spécifique de 0,873 m³/kg à l'entrée, le débit masse vaut 1,59 kg/s d'air sec, d'où une puissance de 48,5 kW.
  5. Ce que la température seule ne dit pas. Le refroidissement sensible ne pèse que 16,1 kJ/kg : 47 % de la puissance sert à condenser l'eau, pas à refroidir. Dimensionner une batterie sur le seul écart de température revient donc à la sous-dimensionner de près de moitié.
  6. Condensats. 31,6 kg d'eau par heure partent au siphon — un débit qu'il faut évacuer et qui explique la taille des bacs de récupération.

Ce calcul est celui que l'outil effectue quand vous renseignez un débit d'air : il affiche la puissance de chaque batterie et l'eau apportée ou condensée à chaque étape.

Mesurer l'air humide sur site

Deux grandeurs suffisent pour placer un point sur le diagramme, et l'instrument détermine lesquelles. L'hygromètre (le thermo-hygromètre de poche, ou la sonde intégrée à une régulation) donne directement la température sèche et l'humidité relative : c'est le couple le plus courant, et le mode de saisie par défaut de cet outil.

Le psychromètre, lui, porte deux thermomètres : l'un nu, l'autre entouré d'une mèche humide et ventilée. Le premier lit la température de bulbe sec, le second la température de bulbe humide, abaissée par l'évaporation. L'écart entre les deux, appelé dépression psychrométrique, mesure la sécheresse de l'air : nul en air saturé, il atteint une dizaine de degrés en air très sec. Basculez le mode de saisie sur « température humide » pour exploiter directement cette lecture.

Sur un chantier, la mesure qui compte souvent le plus n'est aucune des deux : c'est la température de surface des parois, relevée au thermomètre infrarouge. Comparée au point de rosée de l'ambiance, elle dit immédiatement si un mur va condenser — et le tableau ci-dessus suffit à trancher sans calcul.

Pourquoi c'est décisif en rénovation : PAC, VMC et condensation

Avec le développement des pompes à chaleur porté par MaPrimeRénov' et la fin des chaudières gaz dans le neuf, des millions de logements changent à la fois de générateur et de comportement hygrothermique. Or la psychrométrie est partout dans ces projets : le givrage de l'unité extérieure d'une PAC air/eau se produit précisément quand la température de sa batterie passe sous le point de rosée de l'air extérieur, puis sous 0 °C. Les cycles de dégivrage qui pénalisent le COP se lisent directement sur le diagramme.

Côté enveloppe, isoler et remplacer les menuiseries sans repenser la ventilation fait monter l'humidité absolue intérieure : le point de rosée de l'ambiance monte, et chaque pont thermique devient un mur à moisissures. Une lecture du diagramme (point d'ambiance, point de rosée, température de surface des parois) suffit à objectiver le risque et à dimensionner la réponse : débit de VMC, déshumidification, ou correction du pont thermique. Et en été, le rafraîchissement adiabatique tracé ici montre ce qu'un simple média humide peut gagner sans compresseur.

Pour aller au bout du dimensionnement : notre outil Dimensionnement PAC air/eau (puissance, bivalence, SCOP par zone climatique), le calcul de déperditions EN 12831 et l'analyse de condensation dans les parois (méthode de Glaser).

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 49 tests automatisés construite sur des références externes, et non sur ses propres sorties.

  • La courbe de saturation est calée sur les valeurs de référence de l'eau. C'est elle qui porte tout le diagramme : toutes les autres grandeurs en découlent. L'outil retrouve la pression de vapeur au point triple de l'eau, 611,657 Pa, et à 100 °C, 101 419 Pa — les deux repères internationaux, sans écart mesurable.
  • Recoupement avec une corrélation publiée indépendante. Les formules de Magnus-Tetens, réécrites indépendamment du moteur, donnent la même pression de vapeur saturante à 0,29 % près entre 0 et 60 °C. Sous 0 °C, où l'équilibre se fait sur la glace, l'accord est de 0,036 %. Les points de rosée concordent à 0,05 °C près.
  • Les deux tableaux publiés sur cette page sortent du moteur. Le tableau de l'air saturé et celui du point de rosée ne sont pas recopiés : ils sont calculés par le même code que l'outil. Ce que la page affiche ne peut pas diverger de ce que le calculateur retourne.
  • Les quatre façons de saisir l'humidité décrivent bien le même air. Humidité relative, teneur en eau, point de rosée et température humide : partir de l'une, revenir par une autre, et l'outil retrouve le même point. Les traitements d'air vérifient leur bilan : le chauffage conserve la teneur en eau, l'humidification adiabatique conserve son bilan d'énergie, la batterie froide sort bien à saturation.
  • Saisies dégradées. Champ vide, texte à la place d'un nombre, température hors du domaine −40 à +60 °C, ou point de rosée annoncé au-dessus de la température sèche : l'outil refuse et l'explique. Aucun NaN, aucun zéro qui passerait pour un résultat.

Références

  • ASHRAE Handbook — Fundamentals (édition 2025), chapitre 1 « Psychrometrics ». Source de toutes les équations employées : pression atmosphérique selon l'altitude, humidité absolue, enthalpie, volume spécifique et température humide.
  • Hyland, R. W. & Wexler, A. (1983), « Formulations for the Thermodynamic Properties of the Saturated Phases of H₂O from 173.15 K to 473.15 K », ASHRAE Transactions 89(2A). Formulation de la pression de vapeur saturante, sur eau et sur glace, reprise par le Handbook.
  • NF EN 16798-1 (mai 2019) — Performance énergétique des bâtiments, ventilation des bâtiments, partie 1 : données d'entrée d'ambiance intérieure. Remplace la NF EN 15251 de 2007. Source de la zone de confort tracée sur le diagramme (catégorie II).
  • ISO 2533 — Atmosphère type. Source de la loi de variation de la pression atmosphérique avec l'altitude, appliquée jusqu'à 3 000 m.
  • Sonntag, D. (1990), « Important New Values of the Physical Constants of 1986, Vapour Pressure Formulations Based on the ITS-90 », Zeitschrift für Meteorologie 70(5). Coefficients de Magnus-Tetens utilisés comme contrôle indépendant.
  • Énergie Plus — Grandeurs hygrométriques, Architecture et Climat, UCLouvain. Définitions et notations des grandeurs de l'air humide en usage dans le génie climatique francophone.

Questions fréquentes

L'axe horizontal porte la température sèche (°C), l'axe vertical l'humidité absolue, en grammes d'eau par kilogramme d'air sec. Les courbes incurvées sont les humidités relatives, de 10 à 100 % ; la courbe supérieure, dite de saturation, correspond à 100 % HR. Un état d'air est un point : placez-le, et toutes ses autres grandeurs (point de rosée, température humide, enthalpie, volume spécifique) se lisent à partir de ce point. Un traitement d'air se lit comme un déplacement : horizontal vers la droite pour un chauffage, le long de la courbe de saturation pour une déshumidification, le long d'une iso-enthalpe pour une humidification adiabatique.

Ce sont deux représentations du même air humide, proposées à quelques années d'intervalle au début du XXᵉ siècle. Le diagramme de Carrier, en usage en France, aux États-Unis et au Royaume-Uni, porte la température sèche en abscisse et l'humidité absolue en ordonnée, avec des axes à angle droit. Le diagramme de Mollier, courant en Allemagne, en Scandinavie et en Europe de l'Est, échange les deux axes et incline celui de l'enthalpie, ce qui redresse la courbe de saturation. Les valeurs lues sont rigoureusement les mêmes : seule change l'orientation du dessin. Cet outil trace un diagramme de Carrier.

Le point de rosée est la température à laquelle l'air devient saturé quand on le refroidit sans changer sa teneur en eau. On calcule d'abord la pression partielle de vapeur d'eau, égale à l'humidité relative multipliée par la pression de vapeur saturante à la température de l'air ; on cherche ensuite la température dont la pression saturante vaut cette valeur. De l'air à 20 °C et 50 % HR a un point de rosée de 9,3 °C : toute paroi plus froide, simple vitrage ou pont thermique, se couvre de condensation.

Le tableau du point de rosée publié sur cette page croise directement les deux : une ligne par température sèche de −10 à 40 °C, une colonne par humidité relative de 30 à 90 %. À 20 °C, on lit 9,3 °C à 50 % HR, 12,0 °C à 60 % et 16,4 °C à 80 %. Pour une valeur intermédiaire, saisissez-la dans l'outil : il calcule le point exact, ainsi que la température humide et l'enthalpie.

Chauffer de l'air ne change pas sa teneur en eau, mais augmente sa capacité à en contenir : l'humidité relative chute. De l'air extérieur d'hiver à 5 °C et 80 % HR ne contient que 4,3 g d'eau par kilogramme d'air sec ; réchauffé à 20 °C, il tombe à 30 % HR. C'est pourquoi les logements très ventilés sont secs en hiver, et pourquoi certaines centrales de traitement d'air intègrent un humidificateur.

C'est le rafraîchissement obtenu en évaporant de l'eau dans l'air : l'énergie d'évaporation est prélevée sur l'air, dont la température baisse pendant que son humidité monte. Sur le diagramme, l'évolution longe une iso-enthalpe et la limite théorique est la température humide de l'air. De l'air à 32 °C et 40 % HR a une température humide de 21,6 °C : un média d'efficacité 85 % le ramène à 23,2 °C, sans compresseur frigorifique.

La NF EN 16798-1 recommande, pour une ambiance de catégorie II, une plage d'humidité relative d'environ 30 à 70 %, une déshumidification au-delà de 12 g d'eau par kilogramme d'air sec, et une température de 20 à 26 °C selon la saison. Sous 30 % HR : muqueuses irritées, électricité statique, bois qui fend. Au-delà de 70 % : risque de condensation sur les parois froides, de moisissures et d'acariens. Cette zone est tracée sur le diagramme et vérifiée sur le point final de votre traitement d'air.

Oui, à condition de corriger la pression atmosphérique. Les diagrammes de Carrier du commerce sont tracés à 1 013,25 hPa, soit le niveau de la mer : en altitude, toutes les courbes se déplacent. L'outil applique l'atmosphère type ISO 2533 jusqu'à 3 000 m. À 1 000 m, la pression tombe à 899 hPa et le même air contient environ 13 % d'eau de plus par kilogramme d'air sec à humidité relative égale. Le point de rosée, lui, ne change pas : il ne dépend que de la pression partielle de vapeur.

Quand on isole partiellement ou qu'on remplace les fenêtres sans traiter la ventilation, l'humidité produite par les occupants reste dans le logement : l'humidité absolue intérieure monte, et le point de rosée monte avec elle. Toute surface plus froide que ce point de rosée (pont thermique, mur nord, dormant métallique) condense, d'où les moisissures. Le diagramme le vérifie en une lecture : point d'ambiance, point de rosée, comparaison avec la température de surface estimée des parois.