Calcul du point de rosée
Température de condensation de la vapeur d'eau et marge avant buée sur une paroi froide
Mis à jour le
Air ambiant
Surface froide — optionnel
Paroi, vitrage, gaine… Comparé au point de rosée, ce champ évalue le risque de condensation sur la surface.
L'air se sature à 12 °C. Toute surface plus froide de plus de 8 °C se couvrira de condensation.
Le point cyan marque votre saisie ; à 100 % d'humidité l'air se sature (point de rosée = température de l'air).
Point de rosée pour 20 °C
| Humidité relative | Point de rosée | Marge avant condensation |
|---|---|---|
| 30 % | 1,9 °C | 18,1 °C |
| 40 % | 6 °C | 14 °C |
| 50 % | 9,3 °C | 10,7 °C |
| 60 % | 12 °C | 8 °C |
| 70 % | 14,4 °C | 5,6 °C |
| 80 % | 16,4 °C | 3,6 °C |
| 90 % | 18,3 °C | 1,7 °C |
| 100 % | 20 °C | -0 °C |
Valeurs calculées par la formule de Magnus-Tetens pour un air à 20 °C. La ligne en surbrillance correspond à votre humidité saisie.
Qu'est-ce que le point de rosée ?
Le point de rosée est la température à laquelle un air donné devient saturé en vapeur d'eau. Refroidissez cet air en dessous, et l'excédent de vapeur ne peut plus rester à l'état gazeux : il se dépose en eau liquide. C'est une température, pas un pourcentage — et c'est ce qui la rend directement exploitable sur un chantier.
Dans un bâtiment, la condensation ne se produit jamais « dans l'air » : elle se produit sur une surface. Un vitrage, un tableau de fenêtre, un angle de mur mal isolé, une canalisation d'eau froide, une gaine de climatisation. Dès que cette surface est plus froide que le point de rosée de l'air qui la baigne, elle se couvre de buée, puis de gouttes. La question utile n'est donc pas « quelle est l'humidité de la pièce », mais de combien de degrés la paroi la plus froide se situe au-dessus du point de rosée.
Le point de rosée présente une deuxième propriété commode : il ne bouge pas quand on chauffe ou refroidit l'air, tant qu'on n'ajoute ni ne retire de vapeur d'eau. L'humidité relative, elle, varie fortement avec la température. Chauffer de l'air extérieur à 5 °C et 90 % d'humidité jusqu'à 20 °C fait chuter son humidité relative à environ 33 %, alors que son point de rosée reste à 3,5 °C.
Comment calculer le point de rosée ?
Le calcul passe par la forme de Magnus, qui approche la pression de vapeur saturante de l'eau par une exponentielle. On l'inverse pour obtenir la température à laquelle l'air atteindrait 100 % d'humidité.
Point de rosée — forme de Magnus
Td : point de rosée (°C) · T : température de l'air (°C) · HR : humidité relative (%) · a = 17,625 et b = 243,04 °C, coefficients d'Alduchov et Eskridge (1996) · γ est une grandeur intermédiaire sans unité
Le choix des coefficients compte plus qu'il n'y paraît : plusieurs jeux circulent sous le même nom de « formule de Magnus ». Le couple historique de Magnus-Tetens (17,27 et 237,7 °C) est le plus répandu, mais c'est aussi le moins précis. Cet outil retient le couple a = 17,625 et b = 243,04 °C publié par Alduchov et Eskridge en 1996, qui est l'ajustement le plus fin sur la plage de températures du bâtiment.
Exemple. Pour un séjour à 20 °C et 50 % d'humidité relative, γ vaut 17,625 × 20 / (243,04 + 20) + ln(0,50), soit 0,647. Le point de rosée s'établit à 243,04 × 0,647 / (17,625 − 0,647) = 9,3 °C. Un simple vitrage dont la face intérieure descend à 8 °C par temps froid se couvrira donc de buée, tandis qu'un double vitrage tenu à 14 °C restera sec.
Tableau du point de rosée
Lecture directe, sans calcul : croisez la température de l'air (à gauche) et l'humidité relative (en haut) pour lire la température de rosée. Toute surface plus froide que cette valeur condense.
| Air \ Humidité | 30 % | 40 % | 50 % | 60 % | 70 % | 80 % | 90 % | 100 % |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 °C | -15,5 | -12,0 | -9,2 | -6,8 | -4,8 | -3,0 | -1,4 | 0,0 |
| 5 °C | -11,2 | -7,5 | -4,6 | -2,1 | 0,0 | 1,8 | 3,5 | 5,0 |
| 10 °C | -6,8 | -3,0 | 0,0 | 2,6 | 4,8 | 6,7 | 8,4 | 10,0 |
| 15 °C | -2,4 | 1,5 | 4,7 | 7,3 | 9,6 | 11,6 | 13,4 | 15,0 |
| 18 °C | 0,2 | 4,2 | 7,4 | 10,1 | 12,4 | 14,5 | 16,3 | 18,0 |
| 20 °C | 1,9 | 6,0 | 9,3 | 12,0 | 14,4 | 16,4 | 18,3 | 20,0 |
| 22 °C | 3,6 | 7,8 | 11,1 | 13,9 | 16,3 | 18,4 | 20,3 | 22,0 |
| 25 °C | 6,2 | 10,5 | 13,9 | 16,7 | 19,1 | 21,3 | 23,2 | 25,0 |
| 28 °C | 8,8 | 13,1 | 16,6 | 19,5 | 22,0 | 24,2 | 26,2 | 28,0 |
| 30 °C | 10,5 | 14,9 | 18,4 | 21,4 | 23,9 | 26,2 | 28,2 | 30,0 |
| 35 °C | 14,8 | 19,4 | 23,0 | 26,1 | 28,7 | 31,0 | 33,1 | 35,0 |
Températures de rosée en °C. La dernière colonne est la saturation : à 100 % d'humidité, le point de rosée est par définition la température de l'air. Ces 88 valeurs sont produites par le moteur du calculateur ci-dessus, et non recopiées.
Estimer le point de rosée de tête : la règle des 5 %
Sur le terrain, une approximation suffit souvent. Elle tient en une phrase : partant de la saturation, le point de rosée perd environ 1 °C par tranche de 5 % d'humidité relative en moins. Cette règle a été formalisée par Mark Lawrence en 2005.
Approximation de terrain
Td : point de rosée estimé (°C) · T : température de l'air (°C) · HR : humidité relative (%) — utilisable au-dessus de 50 % d'humidité
Mise en regard de la formule complète entre 0 et 30 °C, cette règle reste dans 1,6 °C tant que l'humidité relative dépasse 50 %, et dans 1,2 °C au-dessus de 60 %. C'est largement suffisant pour décider s'il faut sortir l'hygromètre.
En revanche, elle décroche complètement en air sec, et toujours dans le sens dangereux : elle annonce un point de rosée trop haut, donc un risque exagéré. À 20 °C et 20 % d'humidité, la règle donne 4 °C là où la formule donne −3,7 °C, soit 7,7 °C d'écart. Sous 40 % d'humidité, revenez au calcul ou au tableau.
Où la condensation apparaît dans un bâtiment
La condensation se déclare toujours au point le plus froid. Les zones à surveiller, dans l'ordre où on les rencontre :
- Les vitrages et leurs encadrements. C'est presque toujours la surface la plus froide d'une pièce chauffée. Un simple vitrage descend couramment sous 10 °C par temps froid, soit sous le point de rosée d'un séjour ordinaire.
- Les ponts thermiques. Jonction de refend, about de plancher, angle de mur, coffre de volet roulant. La température de surface y chute de plusieurs degrés par rapport au reste de la paroi, ce qui suffit à créer une tache localisée.
- Les canalisations d'eau froide et les gaines de climatisation. Une conduite à 12 °C traversant un local à 25 °C et 65 % d'humidité (point de rosée 18,0 °C) ruisselle. C'est le motif de calorifugeage le plus fréquent en tertiaire.
- Les locaux non chauffés en contact avec de l'air chaud — cave, garage, comble. L'air intérieur qui s'y infiltre y rencontre des parois froides et y dépose son humidité.
Le champ température de surface du calculateur sert exactement à cela : relevez la température de la paroi suspecte, saisissez la température et l'humidité de l'air ambiant, et lisez la marge. Une marge inférieure à 2 °C signale une situation limite, qui basculera à la première fenêtre ouverte ou au premier coup de froid.
Mesurer le point de rosée sur le chantier
Le point de rosée ne se mesure pas directement avec un instrument courant : il se déduit. Deux relevés suffisent, avec deux appareils que la plupart des installateurs ont déjà.
- Un thermo-hygromètre donne la température et l'humidité relative de l'air. Laissez-le se stabiliser plusieurs minutes dans l'ambiance, à l'écart d'une bouche de soufflage et hors de votre propre souffle.
- Un thermomètre infrarouge donne la température de surface de la paroi visée. Attention à l'émissivité : sur un vitrage ou un métal nu, la mesure sans contact est fausse. Collez un adhésif mat sur la zone, ou utilisez une sonde de contact.
Le point de rosée se calcule ensuite à partir des deux premières valeurs, et se compare à la troisième. Certains hygromètres affichent le point de rosée directement : vérifiez alors quel jeu de coefficients l'appareil emploie, l'écart entre formulations atteignant quelques dixièmes de degré.
Comment ce calcul est vérifié
Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 18 tests automatisés construite sur des références extérieures, et non sur ses propres sorties.
- Valeurs de référence publiées par des tiers. Vaisala donne 6,0 °C pour un air à 20 °C et 40 % d'humidité : l'outil retourne 5,99 °C. Le cas d'école 20 °C / 50 %, publié partout à 9,3 °C, sort à 9,26 °C.
- Recoupement avec une seconde formule de saturation. À sa température de rosée, l'air est saturé par définition. En repassant par la formule de Sonntag — un ajustement qui n'a aucun coefficient commun avec celle de Magnus — on retrouve l'humidité relative saisie à 0,07 point près.
- Vérité analytique à la saturation. À 100 % d'humidité, le point de rosée doit être exactement la température de l'air : c'est vérifié de −20 à 55 °C. Sur toute la plage de calcul, le point de rosée ne dépasse jamais la température de l'air.
- Le tableau publié sur cette page sort du moteur du calculateur. Ses 88 valeurs ne sont pas recopiées : elles proviennent du calcul qui alimente le résultat en haut de page. Quatre d'entre elles sont reprises comme témoins et recalculées indépendamment du moteur, par la route de la pression de vapeur.
- Saisies dégradées. Une humidité nulle, négative ou supérieure à 100 %, comme un champ vide, ne produit ni
NaNni point de rosée fantaisiste : l'outil indique simplement qu'il attend une donnée exploitable.
Références
- Alduchov, O. A. et Eskridge, R. E. (1996) — Improved Magnus Form Approximation of Saturation Vapor Pressure, Journal of Applied Meteorology, vol. 35, n° 4, p. 601-609. Source des coefficients a = 17,625 et b = 243,04 °C employés par cet outil.
- Lawrence, M. G. (2005) — The Relationship between Relative Humidity and the Dewpoint Temperature in Moist Air: A Simple Conversion and Applications, Bulletin of the American Meteorological Society, vol. 86, n° 2, p. 225-233. Origine de la règle empirique de 1 °C par tranche de 5 % d'humidité.
- Sonntag, D. (1990) — Important new values of the physical constants of 1986, vapour pressure formulations based on the ITS-90, and psychrometer formulae, Zeitschrift für Meteorologie, vol. 40, n° 5, p. 340-344. Formule de pression de vapeur saturante utilisée comme second calcul de contrôle.
- NF EN ISO 13788 — Performance hygrothermique des composants et parois de bâtiments — Température superficielle intérieure permettant d'éviter l'humidité superficielle critique et la condensation dans la masse — Méthodes de calcul. Version française en vigueur de mars 2023. Méthode normative pour juger d'un risque de condensation sur une paroi de bâtiment.
- Air humide à pression atmosphérique. Les coefficients d'Alduchov et Eskridge sont ajustés de −40 à +50 °C, ce qui couvre l'ensemble des ambiances du bâtiment, du local frigorifique au comble d'été. Pour de l'air comprimé ou un gaz sous pression, le point de rosée se décale avec la pression et relève d'un autre calcul.
- Condensation en surface. L'outil situe le seuil auquel une paroi se couvre de buée. Pour la condensation à l'intérieur de l'épaisseur d'une paroi, entre les couches d'une isolation, utilisez le diagramme de Glaser.
- La température de surface est une donnée d'entrée, pas un résultat. Elle se relève au thermomètre, ou se calcule à partir de la composition de la paroi et des températures de part et d'autre. Le calcul de résistance thermique la donne à partir des matériaux en place.
- Le seuil de moisissure arrive avant celui de la buée. Les moisissures se développent sur une paroi restée humide sans qu'aucune goutte n'apparaisse. Le critère normatif correspondant, plus sévère que le point de rosée, relève de la NF EN ISO 13788.
Questions fréquentes
Le point de rosée se déduit de deux mesures seulement : la température de l'air et son humidité relative. On passe par la forme de Magnus, qui décrit la pression de vapeur saturante en fonction de la température, puis on l'inverse pour trouver la température à laquelle l'air atteindrait 100 % d'humidité sans rien gagner ni perdre en vapeur d'eau.
En pratique, saisissez les deux valeurs dans le calculateur ci-dessus : la température de rosée s'affiche immédiatement, accompagnée de la marge qui vous sépare de la condensation. Le tableau plus bas donne la même lecture sans calcul, de 0 à 35 °C et de 30 à 100 % d'humidité.
Il vaut 9,3 °C. C'est le cas le plus cité parce qu'il correspond à une ambiance de logement chauffé ordinaire : toute surface de la pièce descendant sous 9,3 °C se couvrira de buée.
À la même température de 20 °C, le point de rosée monte à 12,0 °C pour 60 % d'humidité et à 14,4 °C pour 70 %. Autrement dit, plus l'air est humide, plus il devient facile de déclencher la condensation sur une paroi seulement un peu froide.
Dès que la température de la surface descend au niveau du point de rosée de l'air de la pièce. Ce n'est pas une valeur fixe : elle dépend entièrement de l'ambiance. Dans une pièce à 20 °C et 50 % d'humidité, la condensation commence à 9,3 °C de température de paroi ; si l'humidité monte à 70 %, elle commence dès 14,4 °C.
C'est pourquoi le calculateur propose un champ « température de surface » : renseignez la température relevée sur la paroi, le vitrage ou la canalisation, et l'outil indique directement de combien de degrés vous êtes au-dessus ou au-dessous du seuil.
L'humidité relative dit quelle part de la vapeur d'eau maximale l'air contient à sa température du moment. Elle est relative : 60 % à 5 °C et 60 % à 30 °C ne représentent pas du tout la même quantité d'eau. Elle change dès qu'on chauffe ou qu'on refroidit l'air, même sans ajouter ni retirer une goutte d'eau.
Le point de rosée, lui, est une température absolue : il ne bouge pas tant que la quantité de vapeur d'eau ne bouge pas. C'est ce qui en fait la grandeur utile en bâtiment — deux pièces au même point de rosée présentent le même risque de condensation, quelle que soit leur température.
Il n'y a que deux leviers, et ils agissent chacun sur un côté de l'écart. Le premier consiste à faire descendre le point de rosée de l'air en réduisant son humidité : ventilation, extraction à la source dans les cuisines et salles d'eau, déshumidification.
Le second consiste à remonter la température de la surface : isolation de la paroi, traitement du pont thermique, calorifugeage d'une canalisation d'eau froide ou d'une gaine de climatisation. Sur un vitrage, remplacer un simple vitrage par un double vitrage relève la température de surface de plusieurs degrés, ce qui suffit le plus souvent à passer au-dessus du point de rosée.
Pour aller plus loin