Coupe de la paroi

4 couches Cliquez une couche pour la régler
Intérieur · 20 °C / 60 %0 °C / 80 % · Extérieur
Rsi
Rse
Σ 34.8 cmisolant

Diagramme de Glaser

Pressions et température, de l'intérieur vers l'extérieur

Détail par couche

Valeurs à l'entrée et à la sortie de chaque couche

CoucheSd (m)Température (°C)Pv (Pa)Ps (Pa)
Air intérieur
Rsi = 0.1320.019.414042339
Plaque de plâtre BA13
0.1319.419.11404136922502216
ISOVER GR 32Condensation
0.1219.11.1136913362216662
Parpaing bétonCondensation
3.001.10.31336529662624
Enduit extérieur
0.150.30.2529489624620
Air extérieur
Rse = 0.040.20.0489611

Méthode de Glaser simplifiée (EN ISO 13788) : régime permanent, diffusion de vapeur uniquement, sans redistribution ni évaporation. Valeurs μ indicatives issues des données fabricants. Résistances superficielles Rsi 0,13 / Rse 0,04 m²·K/W (paroi verticale).

Mis à jour le · Méthode NF EN ISO 13788

Comprendre le Diagramme de Glaser

La méthode de Glaser est un outil standardisé (norme EN ISO 13788) pour évaluer le risque de condensation interstitielle - c'est-à-dire l'accumulation d'eau liquide à l'intérieur même d'une paroi multicouche. Ce phénomène, invisible depuis la surface, peut provoquer des dégâts considérables : développement de moisissures, pourrissement des ossatures bois, perte d'efficacité de l'isolant, corrosion des éléments métalliques.

Le principe repose sur la comparaison de deux grandeurs physiques en chaque point de la paroi : la pression de vapeur d'eau réellement présente (Pv), et la pression de vapeur saturante (Ps), c'est-à-dire la quantité maximale de vapeur que l'air peut contenir à cette température. Lorsque Pv atteint ou dépasse Ps, la vapeur d'eau se condense en eau liquide.

Les deux courbes du diagramme

  • Pression de Saturation - Ps (courbe rouge, pointillés) : cette courbe représente la quantité maximale de vapeur d'eau que l'air peut contenir à une température donnée. Elle est entièrement déterminée par le profil de température à travers la paroi. Plus la température est élevée, plus l'air peut contenir de vapeur. La chute de température entre le côté chaud (intérieur) et le côté froid (extérieur) fait donc chuter la capacité de l'air à retenir sa vapeur. La pression de saturation est calculée à l'aide de la formule de Sonntag (au-dessus de 0 °C) et de Hyland-Wexler (en dessous de 0 °C).
  • Pression de Vapeur - Pv (courbe bleue, continue) : cette courbe représente la pression partielle de vapeur d'eau réellement présente à chaque interface entre les couches. En hiver, l'air intérieur est plus humide (en valeur absolue) que l'air extérieur : la vapeur migre donc naturellement de l'intérieur vers l'extérieur par diffusion. La vitesse à laquelle la vapeur traverse chaque couche dépend de la résistance à la diffusion de vapeur de cette couche, caractérisée par son épaisseur d'air équivalente Sd.

⚠️ Le critère de condensation

Si la courbe bleue (Pv) touche ou dépasse la courbe rouge (Ps), de la condensation se forme à cette interface. C'est le point de rosée local : la vapeur d'eau en excès se transforme en eau liquide.

Condensation superficielle ou interstitielle : deux risques distincts

Une paroi peut condenser à deux endroits très différents, et les remèdes ne sont pas les mêmes. La condensation superficielle apparaît sur la face intérieure visible : elle se produit dès que la température de surface descend sous le point de rosée de l'air ambiant. C'est la buée sur un simple vitrage, les moisissures noires dans les angles, derrière un meuble contre un mur froid ou au droit d'un pont thermique. On la combat en isolant mieux (surface plus chaude) et en ventilant davantage (air moins humide). La condensation interstitielle, elle, se forme au cœur de la paroi, typiquement à l'interface entre l'isolant et un mur froid peu perméable. On la combat en organisant la migration de vapeur : freiner côté chaud, ouvrir côté froid.

L'outil ci-dessus vérifie les deux critères : il compare la température de surface intérieure au point de rosée de l'ambiance (risque superficiel) et trace le profil Pv/Ps à travers toutes les couches (risque interstitiel).

Les grandeurs physiques clés

  • Lambda (λ) - Conductivité thermique (W/m.K) : capacité d'un matériau à conduire la chaleur. Plus λ est faible, plus le matériau est isolant. C'est cette grandeur qui détermine le profil de température à travers la paroi.
  • Mu (μ) - Facteur de résistance à la diffusion de vapeur (sans unité) : indique combien de fois un matériau est plus résistant à la diffusion de vapeur que l'air immobile. Un μ de 1 signifie que le matériau laisse passer la vapeur comme l'air. Un pare-vapeur en polyéthylène a un μ de l'ordre de 100 000.
  • Sd - Épaisseur d'air équivalente (m) : c'est le produit de l'épaisseur réelle par μ. On la trouve aussi écrite μd ou « épaisseur équivalente de diffusion » : c'est la même grandeur. Un Sd de 18 m signifie que la couche oppose autant de résistance à la diffusion de vapeur que 18 mètres d'air immobile. C'est cette grandeur qui détermine le profil de pression de vapeur.
  • Perméabilité δ et perméance W : la perméabilité à la vapeur δ (kg/m·s·Pa) est la grandeur physique de base d'un matériau ; la perméance W = δ/e est celle d'une couche d'épaisseur donnée. L'usage français leur préfère μ et Sd, qui expriment la même chose en prenant l'air immobile pour étalon : μ = δa/δ, avec δa = 2,0 × 10⁻¹⁰ kg/(m·s·Pa) la perméabilité de l'air retenue par l'EN ISO 13788. C'est pourquoi une fiche technique peut annoncer indifféremment un μ, un Sd ou une perméance : les trois décrivent la même résistance à la vapeur.

Épaisseur d'air équivalente d'une couche

Sd = μ × e

Sd : épaisseur d'air équivalente, aussi notée μd (m) · μ : facteur de résistance à la diffusion de vapeur (sans unité) · e : épaisseur de la couche (m)

Le débit de vapeur qui traverse la paroi s'en déduit directement : le flux de vapeur g, en kg/m²·s, vaut δa × (Pvint − Pvext) / Sdtotal. C'est ce flux que l'EN ISO 13788 intègre sur la saison pour chiffrer la masse d'eau accumulée. Pour décider s'il y a condensation, en revanche, seul le profil de pression compte - et c'est lui que trace le diagramme.

  • Rsi et Rse - Résistances superficielles (m².K/W) : résistances thermiques des couches d'air au contact des surfaces intérieure et extérieure de la paroi. Valeurs conventionnelles NF EN ISO 6946 pour une paroi verticale : Rsi = 0,13 et Rse = 0,04.

Valeurs μ indicatives des matériaux courants

Le facteur μ varie fortement d'une famille de matériaux à l'autre - c'est lui qui fait qu'une laine minérale laisse passer la vapeur quand un XPS la bloque. Voici les valeurs du catalogue de matériaux de l'outil : ce sont des ordres de grandeur de famille, à confirmer sur la fiche technique du produit réellement posé. Un pare-vapeur en polyéthylène, lui, se situe vers μ = 100 000.

Matériauμ (indicatif)Comportement à la vapeur
Laine de verre, laine de roche1Très ouvert à la vapeur
Fibre de bois, ouate de cellulose, chanvre2 – 5Ouvert (perspirant)
Béton cellulaire8Ouvert
Brique creuse, plaque de plâtre, enduit plâtre10Moyennement ouvert
Parpaing béton, brique pleine15Moyennement résistant
Liège expansé, enduit ciment20 – 25Résistant
Polystyrène expansé (EPS)30 – 40Résistant
Polyuréthane (PUR/PIR), polystyrène extrudé (XPS)35 – 80Très résistant
Frein-vapeur et pare-vapeur (membranes)5 000 – 90 000Sd 5 à 90 m selon la membrane

Comment calculer un diagramme de Glaser étape par étape ?

La méthode se déroule en six étapes, toujours dans le même ordre : d'abord le profil de température (côté chaleur), puis le profil de pression de vapeur (côté humidité), et enfin la comparaison des deux. C'est exactement le calcul que l'outil exécute à chaque modification de la paroi.

1

Résistance thermique totale de la paroi

Rtot = Rsi + Σ
eλ
+ Rse

Avec e l'épaisseur de chaque couche (m), λ sa conductivité thermique (W/m.K), et les résistances superficielles conventionnelles Rsi = 0,13 et Rse = 0,04 m².K/W (paroi verticale, flux horizontal).

2

Flux thermique et profil de température

En régime permanent, le flux thermique est constant à travers toute la paroi :

Φ (W/) =
T_int T_extR_tot

La chute de température dans chaque couche est proportionnelle à sa résistance thermique :

ΔTcouche = Φ × Rcouche

Avec T_int et T_ext les températures intérieure et extérieure (°C) - par exemple 20 °C et 0 °C pour une vérification hivernale courante - et R_couche = e/λ la résistance de la couche (m².K/W). C'est pourquoi la température chute brutalement dans l'isolant (forte résistance thermique) et très peu dans le parpaing ou l'enduit (faible résistance). Cette chute brutale fait plonger la pression de saturation, et c'est précisément là que le risque de condensation est le plus élevé.

3

Pression de saturation à chaque interface

À chaque interface, la température obtenue à l'étape 2 donne la pression de vapeur saturante Ps (Pa) via les formules de Sonntag (T ≥ 0 °C) et Hyland-Wexler (T < 0 °C). Ordre de grandeur : Ps ≈ 2 340 Pa à 20 °C, et seulement ≈ 611 Pa à 0 °C - l'air froid porte quatre fois moins de vapeur.

4

Pressions de vapeur des ambiances

Pv =
HR100
× Ps(T)

Avec HR l'humidité relative de l'ambiance (%) et Ps(T) la pression saturante à la température de l'ambiance (Pa). Exemple : à 20 °C / 60 % HR, Pv_int ≈ 0,60 × 2 340 ≈ 1 400 Pa ; à 0 °C / 80 % HR, Pv_ext ≈ 490 Pa. C'est cet écart de pression qui pousse la vapeur de l'intérieur vers l'extérieur en hiver.

5

Profil de pression de vapeur à travers la paroi

De façon analogue à la température, la pression de vapeur décroît linéairement dans chaque couche, proportionnellement à son Sd :

ΔPvcouche = (Pvint Pvext) ×
Sd_coucheSd_total

Avec Sd_couche = μ × e l'épaisseur d'air équivalente de la couche (m) et Sd_total la somme des Sd de toutes les couches (m). Un matériau à fort Sd (pare-vapeur, membrane) provoque une chute importante de Pv à son niveau, empêchant la vapeur de progresser vers les couches froides.

6

Comparaison Pv / Ps : le verdict

Taux de saturation (%) =
PvPs
× 100

En chaque point de la paroi, on rapporte la vapeur réellement présente (Pv) au maximum que l'air peut porter à cette température (Ps). Sous 100 %, la vapeur reste gazeuse et traverse la paroi ; à 100 %, elle se dépose en eau liquide. L'outil affiche ce taux au point le plus défavorable : en dessous de 90 %, la composition est saine avec marge ; entre 90 et 100 %, la marge est faible ; à 100 % et au-delà, il y a condensation interstitielle.

Et le point de rosée ?

Pour le risque de condensation superficielle, on calcule le point de rosée Td de l'air intérieur avec la formule de Magnus :

Td =
243,12 × γ17,62 γ
  avec  γ = ln
HR100
+
17,62 × T243,12 + T

Avec T la température de l'air (°C) et HR son humidité relative (%). Pour l'ambiance intérieure type 20 °C / 60 % HR, Td ≈ 12 °C : si la surface intérieure de la paroi est plus froide que 12 °C, elle condense. L'outil compare automatiquement la température de surface intérieure (T_int − Φ × Rsi) à ce point de rosée.

Pour balayer d'autres ambiances, le diagramme de l'air humide publie un tableau du point de rosée croisant température et humidité relative, et situe le point d'ambiance par rapport à la courbe de saturation.

Comment éviter la condensation dans une paroi ?

La règle fondamentale est la règle des Sd croissants vers l'extérieur : les matériaux les plus étanches à la vapeur doivent se trouver côté chaud (intérieur), et les plus perméables côté froid (extérieur). Ainsi, la vapeur est freinée avant d'atteindre les zones froides où elle pourrait condenser.

  • Côté chaud (intérieur) : Installer un pare-vapeur ou un frein-vapeur (Sd élevé) pour limiter la quantité de vapeur entrant dans la paroi. Un pare-vapeur classique (Sd ≥ 18 m) convient à la plupart des configurations - c'est la valeur minimale exigée par le NF DTU 45.10 pour les combles isolés en laine minérale, portée à Sd ≥ 57 m en zone très froide. Un frein-vapeur hygrovariable (Sd variable de 0,5 à 25 m selon l'humidité) offre plus de souplesse en permettant un séchage estival vers l'intérieur.
  • Côté froid (extérieur) : Utiliser des matériaux perspirants (Sd faible) pour permettre à l'humidité résiduelle de s'évacuer. Les enduits à la chaux, les panneaux de fibre de bois, les écrans de sous-toiture HPV (Haute Perméabilité à la Vapeur) remplissent ce rôle.
  • Continuité avant tout : un pare-vapeur ne vaut que par ses raccords. Lés adhésivés entre eux, liaisons traitées en périphérie, aux menuiseries et aux traversées (gaines, spots) : une déchirure ou un raccord manquant crée un transfert de vapeur par convection localement bien plus important que la diffusion calculée par Glaser.

Ratio à retenir - la règle du facteur 5 : le Sd côté intérieur doit valoir au moins cinq fois le Sd côté extérieur. Ce n'est pas un usage de chantier mais une exigence du NF DTU 31.2 (version 2019), qui l'impose en construction à ossature bois dès que le plan d'étanchéité à la vapeur n'est pas un film de Sd ≥ 18 m. Exemple donné par le DTU : derrière un pare-pluie de Sd 0,18 m, le panneau intérieur doit atteindre 5 × 0,18 = 0,9 m.

Quel Sd exigent les DTU ?

Avant de lancer un calcul, vérifiez si votre système constructif relève déjà d'une exigence chiffrée : dans ce cas le Sd est imposé, et le diagramme de Glaser sert à confirmer que la composition retenue tient.

OuvrageExigenceRéférence
Film pare-vapeur, ossature boisSd ≥ 18 mNF DTU 31.2 (2019)
Membrane frein-vapeur, ossature bois1 m ≤ Sd < 18 mNF DTU 31.2 (2019)
Rapport Sd intérieur / Sd extérieur≥ 5NF DTU 31.2 (2019)
Écran rigide pare-pluie, côté extérieurSd ≤ 0,5 mNF DTU 31.2 (2019)
Combles isolés en laine minéraleSd ≥ 18 mNF DTU 45.10
Combles isolés, zone très froideSd ≥ 57 mNF DTU 45.10

Ces valeurs de Sd doivent être justifiées, et pas seulement annoncées. Le film pare-vapeur relève d'une déclaration de performance selon la NF EN 13984, et le Sd d'une membrane se mesure selon la NF EN 1931. Pour un écran rigide pare-pluie, la mesure se fait en coupelle humide, l'ouvrage étant régulièrement en atmosphère humide.

Une précision utile sur les panneaux à base de bois, souvent employés comme plan d'étanchéité à la vapeur : le NF DTU 31.2 version 2019 n'accepte plus les valeurs tabulées de la NF EN 13986 et demande un Sd déterminé par essai, la dispersion constatée sur les panneaux OSB étant importante.

Cas typiques de condensation

  • Isolation intérieure sans pare-vapeur : C'est le cas le plus fréquent de pathologie. L'isolant est perméable (laine de verre μ ≈ 1), le mur ancien est peu perméable (pierre, parpaing enduit). La vapeur traverse facilement l'isolant puis bute sur le mur froid : condensation à l'interface isolant/mur.
  • Isolation extérieure avec bardage ventilé : Configuration naturellement favorable. Le mur reste chaud, la température ne chute que dans l'isolant côté extérieur, et la lame d'air ventilée évacue l'humidité. Le risque de condensation est très faible.
  • Ossature bois : Configuration sensible car le bois est vulnérable à l'humidité. Le pare-vapeur côté intérieur est impératif. L'absence de pare-vapeur ou un mauvais raccord peut provoquer le pourrissement de l'ossature en quelques années.

Les limites de la méthode de Glaser

La méthode de Glaser telle que décrite par l'EN ISO 13788 est un calcul en régime permanent : on fige des conditions hivernales défavorables (par exemple 20 °C / 60 % à l'intérieur, 0 °C / 80 % à l'extérieur) et on regarde si la paroi condense dans cet état stationnaire. C'est volontairement conservateur et très efficace pour comparer des compositions ou dimensionner un pare-vapeur, mais plusieurs phénomènes réels sortent du modèle :

  • Le stockage et la capillarité : les matériaux hygroscopiques (bois, terre cuite, enduits à la chaux) absorbent, stockent et redistribuent l'humidité par capillarité. Glaser ne modélise que la diffusion de vapeur : il ignore cette capacité tampon, ce qui le rend pessimiste pour les parois perspirantes… et aveugle aux remontées capillaires.
  • La pluie battante et l'humidité initiale : l'eau liquide qui pénètre par la façade ou l'humidité de construction (chape fraîche, maçonnerie humide) ne sont pas prises en compte.
  • La dynamique saisonnière : le calcul à conditions figées ne quantifie ni l'accumulation d'eau au fil de l'hiver, ni le séchage estival. La norme EN ISO 13788 propose pour cela un bilan mensuel condensation/évaporation sur l'année.

Pour les cas sensibles - isolation par l'intérieur d'un mur ancien capillaire, toiture-terrasse à ossature bois, locaux à forte hygrométrie (piscine, cuisine collective) -, la bonne pratique est de valider la composition par une simulation hygrothermique dynamique selon EN 15026 (logiciels type WUFI), qui intègre le comportement hygroscopique et capillaire des matériaux heure par heure sur plusieurs années. Le diagramme de Glaser reste l'étape de vérification rapide indispensable en amont.

Combien d'eau condense, et repart-elle l'été ?

Le diagramme répond à « où » et « oui ou non ». L'EN ISO 13788 va plus loin et répond à « combien » : une fois la zone de condensation localisée, elle calcule le flux de vapeur qui y entre depuis l'intérieur et celui qui en ressort vers l'extérieur. La différence, cumulée sur les mois froids, donne la masse d'eau accumulée en kg/m². Le même calcul, refait avec les conditions estivales, donne la masse évaporable ; la norme demande que le séchage de l'été efface l'accumulation de l'hiver.

Ce bilan annuel est indispensable dès que la paroi condense de façon assumée - une toiture-terrasse, un mur ancien réhabilité - car deux compositions peuvent condenser toutes les deux au même endroit, l'une en séchant chaque été, l'autre en accumulant année après année. Il faut alors un logiciel qui conduise le calcul mois par mois avec un fichier climatique. Le présent outil s'arrête au diagnostic hivernal : localiser la zone à risque et dimensionner le frein à la vapeur qui l'élimine.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 24 tests automatisés adossés à des références extérieures, et non à ses propres sorties.

  • Recoupement avec une seconde implémentation publiée. Un logiciel de calcul thermique du commerce documente un exemple entièrement chiffré. C'est un mur plâtre / laine de verre / bloc creux béton / enduit, en hiver à 19 °C - 50 % dedans et −9 °C - 55 % dehors. Le moteur retrouve ses températures d'interface à 0,05 °C près et ses pressions de vapeur à 0,3 Pa près. Les pressions de saturation s'écartent de moins de 0,5 %, les deux calculs n'employant pas la même corrélation de la vapeur d'eau.
  • Les formules normatives réécrites indépendamment du moteur. Résistance totale, flux thermique, chute de température par couche et répartition de la pression de vapeur sont recalculées dans le test, puis comparées aux sorties. Le contrôle porte sur les cinq parois types et les quatre scénarios climatiques proposés par l'outil. À l'arrivée, la pression de vapeur retombe exactement sur celle de l'air extérieur, et la somme des chutes de température referme exactement l'écart entre les deux ambiances.
  • Le tableau des μ publié sur cette page est comparé au catalogue de matériaux. Chaque fourchette affichée est assertée contre les valeurs réellement utilisées par l'outil : si un jour l'une divergeait de l'autre, les tests échoueraient. Les membranes portent exactement le Sd que leur nom annonce, du frein-vapeur 5 m au film polyane 90 m.
  • La relation inverse sur le pare-vapeur recommandé. Le Sd que l'outil propose pour supprimer la condensation est résolu analytiquement. Le test le compare au seuil trouvé en tâtonnant sur le moteur complet, pour six couples paroi/climat : les deux coïncident au mètre près. Le test vérifie aussi qu'un mètre de moins ne suffit plus - la valeur donnée est le minimum, pas une marge confortable.
  • Saisies dégradées. Paroi vide, humidité nulle ou saturée des deux côtés, ambiances identiques, film de 0,1 mm, isolant de 60 cm : aucun de ces cas ne produit de NaN ni de verdict absurde. Un point de rosée calculé puis reconverti en pression redonne la pression de départ à 0,3 % près.

Références

  • NF EN ISO 13788 (2013) - Performance hygrothermique des composants et parois de bâtiments. Température superficielle intérieure permettant d'éviter l'humidité superficielle critique et condensation interstitielle. Source de la méthode, de la définition de l'épaisseur d'air équivalente et de la perméabilité de l'air à la vapeur.
  • NF EN ISO 6946 (2017) - Composants et parois de bâtiments, résistance thermique et coefficient de transmission thermique. Source des résistances superficielles conventionnelles Rsi = 0,13 et Rse = 0,04 m²·K/W en paroi verticale.
  • NF DTU 31.2, version 2019 - Construction de maisons et bâtiments à ossature en bois. Source du Sd ≥ 18 m du film pare-vapeur, de la plage 1 m à 18 m des membranes, de la règle du facteur 5 et du Sd ≤ 0,5 m des écrans rigides pare-pluie. Les évolutions de cette version sont détaillées dans la communication de F. Michel au 9e Forum International Bois Construction (2019), forum-boisconstruction.com.
  • NF DTU 45.10 - Isolation des combles par panneaux ou rouleaux en laines minérales manufacturées. Source du Sd ≥ 18 m et du Sd ≥ 57 m en zone très froide.
  • NF EN 13984 (membranes et films pare-vapeur plastiques et élastomères) et NF EN 1931 (détermination des caractéristiques de transmission de la vapeur d'eau) - référentiels de déclaration et de mesure du Sd cités par le NF DTU 31.2.
  • BBS Slama - « La méthode Glaser : calcul de la condensation dans les parois », manuel ClimaWin, document mis à jour le 8 juin 2021, bbs-logiciels.com. Exemple chiffré complet servant de référence externe à la suite de tests.
  • Énergie Plus - « Condensation interne par diffusion de vapeur », mise à jour du 23 octobre 2019, energieplus-lesite.be. Influence de la position du pare-vapeur et de l'isolant, cas du risque estival.

Questions Fréquentes (FAQ)

La condensation superficielle se forme sur la face intérieure visible de la paroi, lorsque sa température de surface descend sous le point de rosée de l'air ambiant : elle se manifeste par des traces d'humidité et des moisissures aux points froids (angles, linteaux, ponts thermiques). La condensation interstitielle se produit à l'intérieur même de la paroi, à une interface entre deux couches, lorsque la vapeur qui migre par diffusion rencontre une zone trop froide. Invisible depuis la surface, elle est plus insidieuse : elle dégrade l'isolant et peut faire pourrir une ossature bois. Le diagramme de Glaser sert précisément à détecter ce second risque, et notre outil vérifie les deux.

Le point de rosée est la température à laquelle l'air, en se refroidissant, atteint 100 % d'humidité relative et commence à condenser. Il se calcule à partir de la température et de l'humidité relative de l'air avec la formule de Magnus. Ordre de grandeur à retenir : pour un air intérieur à 20 °C et 60 % d'humidité relative, le point de rosée vaut environ 12 °C. Toute surface plus froide que 12 °C (vitrage, pont thermique, mur mal isolé) se couvrira de condensation.

Cela dépend du système constructif et du climat. Le NF DTU 31.2 (version 2019) impose un pare-vapeur dans tous les cas en construction à ossature bois : soit un film de Sd ≥ 18 m, soit une membrane de Sd compris entre 1 m et 18 m exclu, à condition de respecter la règle du facteur 5. Le NF DTU 45.10 exige un pare-vapeur de Sd ≥ 18 m pour les combles isolés en laine minérale, valeur portée à Sd ≥ 57 m en zone très froide. Dans les autres cas, c'est le calcul de Glaser qui tranche : si le profil de pression de vapeur croise la saturation, il faut freiner la vapeur côté intérieur. L'outil calcule le Sd minimal à poser pour supprimer la condensation.

La diffusion se calcule exactement comme un transfert de chaleur, en remplaçant la température par la pression de vapeur et la résistance thermique par la résistance à la diffusion. Chaque couche est caractérisée par son épaisseur équivalente de diffusion Sd = μ × e (aussi notée μd), exprimée en mètres d'air immobile. La pression de vapeur chute dans chaque couche proportionnellement à son Sd, entre la pression de l'air intérieur et celle de l'air extérieur.

Le flux de vapeur qui traverse la paroi vaut g = δa × (Pv_int − Pv_ext) / Sd_total, avec δa la perméabilité à la vapeur de l'air, prise égale à 2,0 × 10⁻¹⁰ kg/(m·s·Pa) par l'EN ISO 13788. En pratique, c'est le profil de pression, et non le flux, qui décide du risque : la condensation apparaît là où la pression de vapeur rejoint la pression de saturation.

En construction à ossature bois, le NF DTU 31.2 (version 2019) retient deux familles : le film pare-vapeur de Sd ≥ 18 m, et la membrane de Sd compris entre 1 m et 18 m exclu, mesurée selon la NF EN 1931 et conforme à la NF EN 13984. Dans les deux cas la règle du facteur 5 s'applique : le Sd côté intérieur doit valoir au moins cinq fois celui du côté extérieur. En combles isolés en laine minérale, le NF DTU 45.10 demande Sd ≥ 18 m, et Sd ≥ 57 m en zone très froide.

Hors de ces cas normalisés, le calcul tranche : composez la paroi dans l'outil, et s'il y a condensation il vous donne le Sd minimal à poser côté chaud puis la valeur du commerce immédiatement supérieure.

La distinction se fait sur la valeur Sd (épaisseur d'air équivalente). Un pare-vapeur est très étanche à la vapeur, avec un Sd élevé, typiquement ≥ 18 m (jusqu'à plus de 1 000 m pour les membranes aluminium). Un frein-vapeur est plus perméable (Sd de l'ordre de 1 à 10 m) : il ralentit la vapeur sans la bloquer, ce qui autorise un léger séchage de la paroi vers l'intérieur. Les membranes hygrovariables font varier leur Sd avec l'humidité ambiante (environ 0,5 à 25 m) : fermées en hiver quand la vapeur pousse vers l'extérieur, ouvertes en été pour laisser la paroi sécher vers l'intérieur.

Trois leviers, par ordre d'efficacité : renforcer l'étanchéité à la vapeur côté chaud (poser ou renforcer un pare-vapeur ou frein-vapeur du bon Sd, continu et bien raccordé), ouvrir la paroi à la diffusion côté froid (enduit perspirant, écran HPV, bardage ventilé), et réduire la charge d'humidité intérieure (ventilation, VMC). Si même un pare-vapeur infiniment étanche ne suffit pas - cas où l'air extérieur sature déjà le point froid -, il faut repenser la composition, par exemple passer en isolation par l'extérieur.

Non. C'est une méthode simplifiée en régime permanent (EN ISO 13788) : elle ne modélise ni la capillarité, ni le stockage d'humidité dans les matériaux, ni la pluie battante, ni l'inertie hygrothermique. Elle reste l'outil de référence pour comparer des compositions de paroi et vérifier la règle des Sd, mais pour les cas sensibles - isolation par l'intérieur d'un mur ancien capillaire, toiture-terrasse bois, bâtiment à forte hygrométrie - une simulation hygrothermique dynamique selon EN 15026 (type WUFI) est recommandée.