Calcul de déperdition thermique
NF EN 12831 · ISO 13370Hypothèses de construction (appliquées au plan, surchargeables par pièce)
Longueur = périmètre exposé de chaque pièce du niveau 0
Appliqué aux murs extérieurs des étages
Longueur = périmètre du dormant de chaque ouverture
Les murs en contact deviennent des cloisons entre locaux chauffés, les murs libres des parois extérieures ; le périmètre exposé alimente le sol EN ISO 13370. Les flux verticaux entre niveaux chauffés sont nuls. Pour un pan coupé ou une façade en biais, utilisez « Tracer » (pièce sommet par sommet) ou convertissez une pièce rectangulaire en forme libre depuis l'inspecteur.
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Mis à jour le · Méthode NF EN 12831 et complément national NF P52-612/CN
Le calcul de déperdition thermique, socle de tout dimensionnement chauffage
Dessinez le plan de votre logement (surfaces, adjacences, périmètres et ponts thermiques déduits automatiquement) ou saisissez les pièces au tableau : déperditions thermiques de base pièce par pièce (transmission, ventilation, sol EN ISO 13370, relance), avec θe par département, valeurs normatives sourcées et note de calcul PDF.
Dimensionner une chaudière, une pompe à chaleur ou des radiateurs commence toujours par la même question : combien le bâtiment perd-il de watts dans les conditions les plus froides ? La norme NF EN 12831 et son complément national NF P52-612/CN y répondent par un bilan en régime permanent à la température extérieure de base θe : chaque pièce est traitée séparément, ce qui permet de dimensionner les émetteurs pièce par pièce, puis le bâtiment est agrégé pour dimensionner le générateur.
De la déperdition à la puissance de chauffage en kW
La grandeur que produit la norme s'appelle la charge thermique nominale ΦHL. Exprimée en watts, elle se lit directement en kilowatts : ΦHL / 1 000. C'est la puissance que le générateur doit fournir en continu pour tenir la température de consigne quand il fait θe dehors — ni une consommation annuelle, ni une puissance moyenne.
Charge thermique nominale d'un local
ΦHL : puissance à installer pour le local (W) · ΦT : déperditions par transmission (W) · ΦV : déperditions par renouvellement d'air (W) · ΦRH : surpuissance de relance, nulle en fonctionnement continu (W)
Deux précisions comptent au moment de commander le matériel. D'abord, la somme des puissances des émetteurs dépasse toujours ΦHL du bâtiment : chaque pièce est dimensionnée pour son propre pire cas, alors que le générateur profite de la non-simultanéité — et, en logement, du fait qu'un flux entre deux pièces chauffées s'annule à l'échelle de l'enveloppe. Ensuite, la réserve pour l'eau chaude sanitaire et les éventuelles marges de sécurité s'ajoutent par-dessus ΦHL : ce sont des choix de conception, et non des prescriptions de la NF EN 12831, dont le titre même est explicite — elle traite la charge de chauffage des locaux.
Méthode du coefficient G ou calcul détaillé : que choisir ?
Beaucoup d'installateurs pré-dimensionnent avec la méthode volumique du coefficient G : P = G × V × ΔT, où G (W/m³·K) résume les pertes du bâtiment entier par mètre cube chauffé et par degré d'écart. Cette méthode est un héritage de la réglementation thermique française des années 1970 : elle ne figure pas dans la NF EN 12831 et n'a aucun caractère normatif. Elle reste néanmoins un excellent contrôle de vraisemblance — à condition de savoir ce qu'elle vaut.
Méthode forfaitaire du coefficient G (usage professionnel, hors norme)
P : puissance de chauffage (W) · G : coefficient de déperdition volumique, ventilation incluse (W/m³·K) · V : volume chauffé (m³) · ΔT : θint − θe (K)
Pour situer les deux méthodes l'une par rapport à l'autre, la même maison témoin — plain-pied de 100 m² (10 × 10 m), 2,5 m sous plafond, plancher sur terre-plein, combles isolés, menuiseries au sixième de la surface habitable, ventilation naturelle — a été passée au calcul détaillé pour trois époques de construction. Le G implicite de la dernière colonne est celui qu'il faudrait employer dans P = G × V × ΔT pour retrouver le résultat du calcul détaillé.
| Époque de construction | U retenus (W/m²·K) | ΦHL à θe = −7 °C | W/m² à −7 °C | W/m² à −15 °C | Part ventilation | G implicite |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Avant 1974, non isolé | murs 2,5 · plancher 2,0 · plafond 1,6 · fenêtres 5,0 | 13,7 kW | 137 | 175 | 12 % | 2,03 |
| RT 2005 | murs 0,40 · plancher 0,35 · plafond 0,22 · fenêtres 2,0 | 4,4 kW | 44 | 56 | 26 % | 0,65 |
| RE 2020 | murs 0,15 · plancher 0,15 · plafond 0,12 · fenêtres 1,3 | 2,6 kW | 26 | 33 | 44 % | 0,39 |
Trois enseignements s'en dégagent. Le G implicite du calcul détaillé retombe sur les ordres de grandeur publiés pour chaque époque, ce qui valide la méthode forfaitaire comme outil de vérification. Il ne varie que de moins de 2 % entre θe = −7 et −15 °C, ce qui confirme son hypothèse de départ : G est bien une propriété du bâti, à peu près indépendante du climat — la dérive résiduelle vient du terme de sol, qui suit la moyenne annuelle et non le froid de pointe. Enfin, la part de la ventilation passe de 12 % à 44 % du total entre une maison non isolée et une maison RE 2020 : sur un bâtiment performant, se tromper sur le débit d'air pèse plus lourd que se tromper sur l'isolant.
Ce que la méthode G ne saura jamais faire, en revanche, c'est choisir un radiateur. Elle donne un total bâtiment ; elle ne dit rien de la chambre nord sous les combles ni de la salle de bains à 24 °C. C'est précisément l'objet du calcul pièce par pièce.
Transmission : parois, vitrages, ponts thermiques, sol
Chaque paroi contribue selon sa frontière : directement vers l'extérieur (U × A), vers un local non chauffé (pondérée par le facteur bu du tableau D.4), vers le sol (méthode EN ISO 13370 avec Uéquiv, B', fg1, fg2 et Gw) ou vers un bâtiment mitoyen. Les fenêtres sont déduites de la surface opaque — elles ne sont donc jamais comptées deux fois — et les liaisons (plancher bas/mur, refend, menuiseries…) ajoutent leurs ponts thermiques ψ × L, avec un catalogue de valeurs par défaut issu de la méthode réglementaire 3CL-DPE 2021.
Ventilation : le poste que l'on sous-estime
Le renouvellement d'air pèse d'autant plus lourd que le bâti est performant : sur la maison témoin ci-dessus, il passe de 12 % du bilan sans isolation à 44 % au niveau RE 2020. L'outil applique le débit le plus défavorable entre le minimum hygiénique (Nmin × volume, tableau D.6) et, en ventilation naturelle, les infiltrations 2 × V × n50 × e × ε liées à l'étanchéité du bâti et à l'exposition au vent. Une VMC double flux créditée de son rendement d'échangeur réduit le poste par le facteur fV = 1 − η : à 80 % de récupération, les 275 W d'un débit de 30 m³/h n'en coûtent plus que 55.
Des résultats défendables : chaque constante a sa source
La crédibilité d'une note de calcul tient à la traçabilité de ses hypothèses. Ici, aucune constante n'est codée « en dur » : θe par département, facteurs bu, Nmin, coefficients d'exposition, fRH, tables Uéquiv… chaque valeur utilisée est listée avec sa référence normative (norme + tableau) dans les résultats comme dans la note de calcul PDF. Les valeurs issues de reproductions professionnelles non vérifiées sur le texte officiel sont explicitement marquées « à confirmer », et celles qui manquent bloquent proprement le poste concerné plutôt que de produire un zéro silencieux.
Le plan 2D qui remplit le calcul à votre place
La saisie la plus pénible d'un bilan thermique (surfaces de parois, adjacences entre pièces, périmètre exposé du plancher, longueurs de ponts thermiques) est exactement ce qu'un plan contient déjà. L'éditeur 2D déduit tout cela du dessin : les murs en contact deviennent des cloisons entre locaux chauffés (flux internes correctement exclus du total bâtiment), les murs libres des parois extérieures, les murs marqués mitoyens suivent la règle EN 12831 des bâtiments contigus, et chaque fenêtre posée sur un mur retire sa surface de la paroi opaque et ajoute son pont thermique de menuiserie. Le même moteur normatif calcule ensuite : le dessin ne remplace pas la méthode, il la remplit, et la saisie tabulaire reste disponible pour les cas particuliers.
Les pièces ne sont pas limitées à des rectangles : l'outil « Tracer » pose une pièce sommet par sommet, avec des murs obliques et des angles quelconques (pan coupé, comble aménagé, façade en biais, pièce en L). Les angles se calent d'eux-mêmes sur des multiples de 15° et sur la perpendiculaire au mur précédent — un bâtiment tracé en biais garde donc ses angles droits —, et le tracé s'aimante sur les sommets et les murs déjà dessinés pour que deux pièces soient réellement jointives. Un rectangle existant se convertit en forme libre d'un clic : ses sommets deviennent déplaçables et la poignée au milieu d'un mur le brise en deux. Les longueurs de murs, les surfaces (formule de Gauss) et les cloisons communes sont alors mesurées sur la géométrie réelle, biais compris.
Température extérieure de base par département
θe est la température extérieure conventionnelle sous laquelle l'installation doit encore tenir la consigne. Elle n'est ni le record de froid de la station, ni la moyenne hivernale : le complément national NF P52-612/CN la fixe par département au niveau de la mer, puis la corrige par tranches d'altitude. Voici les valeurs employées par l'outil.
| θe (≤ 200 m) | Départements |
|---|---|
| -2 °C | 2A Corse-du-Sud · 2B Haute-Corse |
| -4 °C | 22 Côtes-d'Armor · 29 Finistère · 35 Ille-et-Vilaine · 50 Manche · 56 Morbihan |
| -5 °C | 09 Ariège · 11 Aude · 13 Bouches-du-Rhône · 16 Charente · 17 Charente-Maritime · 24 Dordogne · 30 Gard · 32 Gers · 33 Gironde · 34 Hérault · 40 Landes · 44 Loire-Atlantique · 47 Lot-et-Garonne · 64 Pyrénées-Atlantiques · 66 Pyrénées-Orientales · 75 Paris · 81 Tarn · 82 Tarn-et-Garonne · 83 Var · 85 Vendée |
| -6 °C | 06 Alpes-Maritimes · 07 Ardèche · 26 Drôme · 46 Lot · 84 Vaucluse |
| -7 °C | 02 Aisne · 14 Calvados · 18 Cher · 27 Eure · 28 Eure-et-Loir · 36 Indre · 37 Indre-et-Loire · 41 Loir-et-Cher · 45 Loiret · 49 Maine-et-Loire · 53 Mayenne · 60 Oise · 61 Orne · 72 Sarthe · 76 Seine-Maritime · 77 Seine-et-Marne · 78 Yvelines · 79 Deux-Sèvres · 86 Vienne · 91 Essonne · 92 Hauts-de-Seine · 93 Seine-Saint-Denis · 94 Val-de-Marne · 95 Val-d'Oise |
| -8 °C | 03 Allier · 04 Alpes-de-Haute-Provence · 12 Aveyron · 15 Cantal · 19 Corrèze · 23 Creuse · 42 Loire · 48 Lozère · 63 Puy-de-Dôme · 87 Haute-Vienne |
| -9 °C | 59 Nord · 62 Pas-de-Calais · 80 Somme |
| -10 °C | 01 Ain · 05 Hautes-Alpes · 08 Ardennes · 10 Aube · 21 Côte-d'Or · 38 Isère · 39 Jura · 51 Marne · 58 Nièvre · 69 Rhône · 71 Saône-et-Loire · 73 Savoie · 74 Haute-Savoie · 89 Yonne |
| -12 °C | 25 Doubs · 52 Haute-Marne · 55 Meuse |
| -15 °C | 54 Meurthe-et-Moselle · 57 Moselle · 67 Bas-Rhin · 68 Haut-Rhin · 88 Vosges · 90 Territoire de Belfort |
Les départements 31 Haute-Garonne, 43 Haute-Loire, 65 Hautes-Pyrénées, 70 Haute-Saône n'ont pas été retrouvés dans les reproductions consultées de la carte : plutôt que de deviner une valeur, l'outil refuse de préremplir θe et demande une saisie. Ces valeurs sont à relever sur le texte officiel de la NF P52-612/CN.
Correction d'altitude
Au-delà de 200 m, θe suit la grille ci-dessous par tranches de 200 m. Repérez la colonne correspondant au θe de votre département au niveau de la mer, puis lisez la ligne de votre altitude.
| Altitude | -2 °C | -4 °C | -5 °C | -7 °C | -8 °C | -9 °C | -10 °C | -12 °C | -15 °C |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 0 – 200 m | -2 | -4 | -5 | -7 | -8 | -9 | -10 | -12 | -15 |
| 200 – 400 m | -4 | -5 | -6 | -8 | -9 | -10 | -11 | -13 | -15 |
| 400 – 600 m | -6 | -6 | -7 | -9 | -11 | -11 | -13 | -15 | -19 |
| 600 – 800 m | -8 | -7 | -8 | -11 | -13 | -12 | -14 | -17 | -21 |
| 800 – 1000 m | -10 | -8 | -9 | -13 | -15 | -13 | -17 | -19 | -23 |
| 1000 – 1200 m | -12 | -9 | -10 | -14 | -17 | -15 | -19 | -21 | -24 |
| 1200 – 1400 m | -14 | -10 | -11 | -15 | -19 | -17 | -21 | -23 | -25 |
| 1400 – 1600 m | -16 | -12 | -12 | -17 | -21 | -19 | -23 | -24 | -27 |
| 1600 – 1800 m | -18 | -13 | -13 | -19 | -23 | -21 | -24 | -25 | -29 |
| 1800 – 2000 m | -20 | -14 | -14 | -21 | -25 | -23 | -25 | -27 | -31 |
Grille NF P52-612/CN, valeurs en °C. Les 5 départements dont la base vaut -6 °C (Alpes-Maritimes, Ardèche, Drôme, Lot, Vaucluse) ne correspondent à aucune colonne de la carte publiée : au-delà de 200 m, l'outil laisse θe à la valeur de base et signale que la correction est à faire manuellement.
Comment ce calcul est vérifié
Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 40 tests automatisés, à laquelle s'ajoutent 28 tests de géométrie pour l'éditeur de plan. Tous comparent le calcul à des références extérieures — texte normatif, identités algébriques, tableaux publiés sur cette page — et jamais à ses propres sorties.
- Les tables de la norme sont relues en entier. Les déperditions par le sol — dallage sur terre-plein, plancher enterré à 1,5 et à 3 m, mur enterré — sont celles publiées par la NF EN 12831. Chaque valeur que l'outil y lit est comparée à celle de la norme, sur la totalité des tables.
- Les formules de la norme sont recalculées hors du moteur. La déperdition par le sol, le facteur de récupération d'une VMC double flux et le calcul du U d'une paroi par couches (NF EN ISO 6946, résistances superficielles comprises) sont refaits séparément, puis comparés à ce que produit l'outil. Les résultats concordent, y compris la majoration de 15 % due à une nappe phréatique proche.
- Les tableaux publiés sur cette page sortent du moteur. Le tableau des températures de base n'est pas recopié : il est produit à partir du référentiel que l'outil utilise réellement. Les tests vérifient que les 96 départements y figurent une fois chacun et que chaque valeur affichée est bien celle que l'outil prérenseigne. Un écart entre ce que la page montre et ce qu'elle calcule est donc impossible.
- Les deux façons de décrire un local non chauffé donnent le même résultat. Que vous choisissiez le type de local (garage, comble, véranda…) ou que vous saisissiez directement sa température, la déperdition obtenue est identique. Même contrôle sur les totaux : la somme des postes et la somme des pièces redonnent exactement le total du bâtiment.
- Comparaison à la méthode forfaitaire du coefficient G. Sur une maison témoin, le résultat détaillé reste dans la fourchette admise par cette méthode pour chaque époque de construction, et varie de moins de 2 % entre une température de base de −7 et de −15 °C.
- Saisies incomplètes ou aberrantes. Projet vide, surface nulle, U négatif, température écrite en toutes lettres : l'outil ne produit jamais de valeur fantaisiste. Un poste qui ne peut pas être calculé est signalé en erreur et exclu du total, jamais remplacé par un zéro silencieux.
Références
- NF EN 12831-1 (juillet 2017) — Performance énergétique des bâtiments — Méthode de calcul de la charge thermique nominale — Partie 1 : charge de chauffage des locaux, module M3-3. Remplace la NF EN 12831 de mars 2004, dont les tableaux 4 à 7 (Uéquiv sol) et l'annexe D (bu, nmin, n50, coefficients d'exposition e et ε, fRH) restent la base des valeurs par défaut employées ici.
- NF P52-612/CN (24 décembre 2010) — Systèmes de chauffage dans les bâtiments — Méthode de calcul des déperditions calorifiques de base — Complément national à la norme NF EN 12831 — Valeurs par défaut pour les calculs des articles 6 à 9. Source des températures extérieures de base par département et de la correction d'altitude. Les grilles employées ici proviennent de reproductions professionnelles concordantes de la carte du complément national, et non du texte officiel : elles sont signalées « à confirmer » dans la traçabilité de l'outil.
- NF EN ISO 13370 (25 janvier 2018) — Performance thermique des bâtiments — Transfert de chaleur par le sol — Méthodes de calcul. Méthode dont l'EN 12831 reprend la forme simplifiée (Uéquiv, B', fg1, fg2, Gw) pour les parois en contact avec le sol.
- NF EN ISO 6946 — Composants et parois de bâtiments — Résistance thermique et coefficient de transmission thermique — Méthodes de calcul (transposition de l'ISO 6946:2017). Source des résistances superficielles Rsi/Rse et des résistances de lames d'air utilisées par le calcul de U par couches.
- Arrêté du 31 mars 2021 relatif aux méthodes et procédures applicables au diagnostic de performance énergétique et aux logiciels l'établissant — la méthode 3CL-DPE 2021 figure à son annexe 1. Source du catalogue de Uw par type de menuiserie et des valeurs forfaitaires de ponts thermiques ψ proposées par défaut.
- Énergie Plus (Architecture et Climat, UCLouvain, avec le soutien de la Région wallonne) — Calcul des déperditions et dimensionnement des installations de chauffage. Présentation pédagogique de la méthode EN 12831.
- Le coefficient G et la formule P = G × V × ΔT relèvent de l'usage professionnel français hérité de la réglementation thermique des années 1970. Aucune des normes ci-dessus ne les contient : les fourchettes citées sur cette page sont des ordres de grandeur de la profession, employés ici comme contrôle de vraisemblance.
- Bâtiments de configuration courante, en régime permanent. La méthode s'applique aux locaux dont la hauteur ne dépasse pas 5 m, chauffés en continu à température de consigne. Pour un grand volume à stratification marquée (hall industriel, église, gymnase), le champ d'application de la NF EN 12831-1 n'est plus celui-ci.
- La sortie est une puissance de chauffage, pas une consommation. ΦHL dimensionne le générateur et les émetteurs à la température de base ; elle ne dit rien des kWh de l'année. Pour une estimation de consommation ou de facture, passez par Besoin énergétique, qui raisonne en degrés-jours.
- La réserve d'eau chaude sanitaire et les marges de sécurité restent à votre main. Elles s'ajoutent au-dessus de ΦHL et relèvent du choix de conception, pas de la norme. Pour la puissance à retenir sur une pompe à chaleur, avec son point de bivalence et son appoint, utilisez Dimensionnement PAC air/eau.
- Deux hypothèses d'entrée pèsent plus lourd que toutes les autres. La moyenne annuelle extérieure θm,e, indispensable au terme de sol et aux mitoyennetés, n'a pas pu être reprise du texte officiel du complément national : elle est demandée en saisie (ordre de grandeur en France métropolitaine : 10 à 13 °C) plutôt que devinée. La perméabilité à l'air n50, elle, ne gouverne le débit que sur un bâti perméable : dès que le bâtiment est étanche, c'est le minimum hygiénique du tableau D.6 qui prend le relais, et affiner n50 ne change plus rien au résultat.
Questions fréquentes
La méthode normative NF EN 12831 calcule, pièce par pièce, les déperditions par transmission ΦT = HT × (θint − θe) — parois, vitrages, ponts thermiques et sol — et par renouvellement d'air ΦV = 0,34 × V̇ × (θint − θe). La somme, augmentée le cas échéant d'une surpuissance de relance ΦRH, donne les déperditions totales ΦHL, que la norme appelle « charge thermique nominale ». C'est elle qui dimensionne le générateur, et son détail pièce par pièce qui dimensionne chaque émetteur. θe est la température extérieure de base du département, corrigée de l'altitude.
Tout dépend de l'isolation et du climat, dans un rapport de 1 à 5. Sur une maison de plain-pied de 100 m² (10 × 10 m, 2,5 m sous plafond, combles isolés), le calcul détaillé donne environ 13,7 kW si elle n'est pas isolée, 4,4 kW au niveau RT 2005 et 2,6 kW au niveau RE 2020, pour une température extérieure de base de −7 °C. Sous −15 °C, ces mêmes maisons demandent respectivement 17,5, 5,6 et 3,3 kW.
Ces chiffres dimensionnent le chauffage seul. Si le générateur produit aussi l'eau chaude sanitaire en instantané, la réserve nécessaire s'ajoute par-dessus : c'est un choix de conception, pas une prescription de la NF EN 12831, qui ne traite que la charge de chauffage des locaux.
Le coefficient G est une méthode volumique forfaitaire : P = G × V × ΔT, où G (en W/m³·K) résume les déperditions de tout le bâtiment par mètre cube chauffé et par degré d'écart. Elle vient de la réglementation thermique française des années 1970 et ne figure pas dans la NF EN 12831 : c'est un usage professionnel de pré-dimensionnement, pas une méthode normative.
Elle reste un excellent contrôle de vraisemblance. Passée au calcul détaillé, la maison témoin ci-dessus donne un G implicite de 2,03 non isolée, 0,65 en RT 2005 et 0,39 en RE 2020 — soit exactement les ordres de grandeur professionnels publiés. Ce que la méthode G ne sait pas faire, en revanche, c'est dimensionner les émetteurs : elle donne un total, jamais une répartition pièce par pièce.
Sur la maison témoin de 100 m² de plain-pied, le calcul détaillé donne 137 W/m² sans isolation, 44 W/m² au niveau RT 2005 et 26 W/m² au niveau RE 2020 sous une température de base de −7 °C ; sous −15 °C, respectivement 175, 56 et 33 W/m².
Ces ratios servent de contrôle de vraisemblance, pas de méthode. Ils dépendent fortement de la compacité : une maison en L ou à étage, à surface égale, développe plus d'enveloppe qu'un carré de plain-pied et monte donc au-dessus. Seul le calcul pièce par pièce permet de choisir un radiateur.
Le complément national NF P52-612/CN (décembre 2010) fixe θe par département au niveau de la mer — de −2 °C en Corse à −15 °C dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin, la Moselle, la Meurthe-et-Moselle, les Vosges et le Territoire de Belfort — puis la corrige par tranches d'altitude de 200 m. L'outil renseigne θe automatiquement à partir du département et de l'altitude du site, et la valeur reste modifiable. Le tableau complet des 92 départements tabulés et la grille d'altitude sont publiés plus haut sur cette page.
Par la méthode simplifiée de l'EN ISO 13370 reprise dans les tableaux 4 à 7 de la NF EN 12831 : un coefficient équivalent Uéquiv, fonction de l'isolation du plancher et du paramètre B' = Ag/(0,5 × P), remplace le U du plancher. Trois facteurs corrigent ensuite le flux pour tenir compte de l'inertie du sol sur l'année : fg1 = 1,45, fg2 = (θint − θm,e)/(θint − θe) où θm,e est la moyenne annuelle extérieure, et Gw = 1,15 au lieu de 1,00 lorsque la nappe phréatique est à moins d'un mètre sous le plancher.
C'est ce terme qui explique que les déperditions par le sol ne suivent pas la même loi que le reste de l'enveloppe : elles dépendent du climat moyen annuel, pas du froid de pointe.
Seulement si le chauffage fonctionne en intermittence. Pour un réduit de nuit, la NF EN 12831 ajoute ΦRH = A × fRH, où fRH dépend de la durée de relance souhaitée et de la chute de température pendant le réduit, elle-même liée à l'inertie du bâtiment. Le tableau D.10b du texte, retenu ici pour le résidentiel, s'étend de 2 W/m² (relance lente de 4 h sur un bâtiment inerte) à 45 W/m² (relance en 1 h après une chute de 3 K).
Pour un fonctionnement continu — plancher chauffant, pompe à chaleur basse température — la relance n'a pas lieu d'être : la majoration serait du surdimensionnement pur.
Entre un séjour à 20 °C et une salle de bains à 24 °C, un flux réel traverse la cloison : il doit être fourni par les émetteurs de la salle de bains, donc compté dans sa charge, sous peine de sous-dimensionner le sèche-serviettes. En revanche, ce flux reste à l'intérieur de l'enveloppe chauffée : ce que la salle de bains perd, le séjour le gagne, et le total s'annule à l'échelle du bâtiment.
L'outil applique cette double règle — flux marqués « internes », comptés au niveau de la pièce et exclus du total bâtiment — là où beaucoup de calculateurs simplifiés les additionnent deux fois ou les ignorent.
Pour aller plus loin