Structure · Béton armé

Calcul de poutre béton armé — Eurocode 2

1  Géométrie

m
cm
cm

Pré-dim : h ≈ L/10 à L/12 · largeur courante 15-30 cm

2  Charges linéiques

kN/m
kN/m
Combinaison ELU

pu = 1,35 G + 1,50 Q

3  Matériaux & exposition

Pré-dimensionnement indicatif — poutre isostatique rectangulaire selon NF EN 1992-1-1 + AN France. Toute exécution doit être validée par une note de calcul d'ingénieur structure.

Vue schéma

Vérification globale

taux max

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NF EN 1992-1-1 · AN France

Logiciel de calcul en ligne d'une poutre en béton armé rectangulaire sur deux appuis, selon NF EN 1992-1-1 + AN France : armatures longitudinales ELU, effort tranchant (méthode des bielles), enrobage par classe d'exposition, vérification de flèche simplifiée et note de calcul PDF.

Mis à jour le

Tout comprendre sur le calcul d'une poutre béton armé

Le dimensionnement d'une poutre en béton armé reste l'un des actes de conception les plus fréquents en bureau d'études. Depuis 2010, l'Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1) et son annexe nationale remplacent définitivement le BAEL 91/99. Le principe fondamental, lui, n'a pas changé : le béton reprend la compression, les armatures HA reprennent la traction que le béton fissuré ne peut pas équilibrer. Ce qui change, c'est le cadre : classes d'exposition (XC, XD, XS, XF) en lieu et place de la « fissuration préjudiciable », coefficient αcc = 1.0 retenu par l'annexe française (au lieu du 0.85 intégré au fbu du BAEL), et vérification de flèche par le rapport L/d.

Les trois États-Limites à vérifier

  • ELU de flexion : la section d'acier tendue reprend le moment MEd = pu·L²/8. La méthode pivot A/B détermine le bras de levier z et l'armature requise.
  • ELU d'effort tranchant : si VEd dépasse la résistance VRd,c du béton seul, on dimensionne des cadres (méthode des bielles inclinées, §6.2.3 de l'EC2), en vérifiant au passage que les bielles de béton comprimé ne s'écrasent pas (VEd ≤ VRd,max).
  • ELS de flèche : le rapport L/d doit rester inférieur à la limite calculée (EC2 §7.4.2). En cas contraire, un calcul détaillé de flèche (méthode bilinéaire, §7.4.3) est requis.

Pivot A, pivot B : le langage du diagramme des déformations

À l'ELU, la section est supposée atteindre l'un de deux états de déformation limites. Au pivot A (μu ≤ 0.186), c'est l'allongement de l'acier tendu qui pilote la rupture : la zone comprimée est sous-exploitée, signe d'une section généreuse. Au pivot B (0.186 < μu ≤ 0.372), le béton atteint son raccourcissement ultime εcu = 3.5 ‰ pendant que l'acier plastifie : c'est le domaine visé en conception, à la fois économique et ductile. Au-delà de μlim ≈ 0.372, l'acier ne plastifie plus avant l'écrasement du béton : plutôt que d'ajouter des aciers comprimés, on augmente la hauteur h ou la classe de béton.

Choix des matériaux

Le couple C25/30 + B500B couvre la majorité des bâtiments courants (logements, tertiaire) : fcd = 25/1.5 ≈ 16.7 MPa et fyd = 500/1.15 ≈ 435 MPa. Pour un plancher industriel, une poutre fortement chargée ou un ouvrage en milieu agressif, monter en C30/37 ou C35/45 diminue le moment réduit μu à section égale (ce qui repousse la limite du pivot B) et améliore la durabilité (l'enrobage requis peut aussi baisser d'une classe dans certains cas).

Comment calculer une poutre en béton armé : la méthode pas à pas

L'idée générale tient en une phrase : on évalue les efforts que la poutre doit encaisser, puis on vérifie que le béton comprimé y résiste et on place juste assez d'acier pour reprendre la traction. Voici les 6 étapes, telles que le calculateur les déroule (Eurocode 2 + annexe nationale française).

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Quel poids la poutre doit-elle porter ?

On additionne d'abord tout ce qui pèse en permanence sur la poutre : le plancher qu'elle porte, les revêtements, les cloisons et son propre poids (25 kN/m³ de béton armé). C'est la charge G. On ajoute ensuite ce qui peut s'y trouver ponctuellement (personnes, mobilier, stockage) : c'est la charge Q (par exemple 1.5 kN/m² en logement, 2.5 en bureaux, à multiplier par la largeur de plancher reprise). Par sécurité, la norme majore chacune de ces charges :

pu = 1.35 · G + 1.5 · Q

Cette charge pondérée fait fléchir la poutre. La flexion est maximale au milieu de la travée (c'est le moment MEd, en kN·m) et le cisaillement est maximal aux appuis (c'est l'effort tranchant VEd, en kN) :

MEd =
pu ·8
;VEd =
pu · L2
2

La hauteur qui travaille vraiment : d

Toute la hauteur de la poutre ne « travaille » pas : les aciers tendus ne sont pas posés au ras du coffrage mais protégés par une couche de béton (l'enrobage) et par les cadres. La hauteur utile d mesure la distance entre le dessus de la poutre et le centre des barres. C'est elle, et non h, qui entre dans tous les calculs :

d = h cnom øcadre
ø_l2

Exemple : une poutre de 45 cm en intérieur sec (enrobage 25 mm, cadres de 8 mm, barres HA 16) a une hauteur utile d ≈ 45 − 2.5 − 0.8 − 0.8 ≈ 40.9 cm.

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Le béton est-il assez costaud ? Le moment réduit μu

Avant de calculer l'acier, on vérifie que la zone de béton comprimé peut suivre. Le moment réduit μu est une sorte de jauge de remplissage : il compare le moment appliqué MEd à ce que la section de béton peut offrir (sa largeur b, le carré de sa hauteur utile d, et la résistance de calcul du béton fcd = fck/1.5) :

μu =
M_Edb ·· f_cd
0.372

Tant que la jauge reste sous 0.372 (acier S500), tout va bien : la section se dimensionne en flexion simple, sans aciers comprimés. Au-delà, le béton s'écraserait avant que l'acier ne donne son plein rendement ; l'outil signale alors la section comme insuffisante, et la bonne réponse est d'augmenter la hauteur, la largeur ou la classe de béton.

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Combien d'acier ? Le calcul de As

Dans une poutre fléchie, le béton comprimé en haut et l'acier tendu en bas forment un couple de forces, séparées par une distance appelée bras de levier z, un peu moins que d (typiquement z ≈ 0.9·d). Plus la section est sollicitée (μu élevé), plus la zone comprimée descend et plus z raccourcit. Le calcul exact passe par le coefficient α :

α = 1.25 · (1 (1 2·μu));z = d · (1 0.4 · α)

Il ne reste qu'à diviser : pour équilibrer le moment MEd avec un bras de levier z, l'acier doit fournir une traction MEd/z, et sa contrainte de calcul vaut fyd = 500/1.15 ≈ 435 MPa pour un B500 :

As =
M_Edz · f_yd

L'EC2 encadre ce résultat par deux bornes de bon sens (§9.2.1.1) : un minimum As,min pour que la poutre ne casse pas net à l'apparition de la première fissure, et un maximum As,max = 4 % de la section de béton pour que le béton puisse encore être coulé et vibré correctement. L'outil traduit ensuite les cm² obtenus en un nombre entier de barres : 7.0 cm² deviennent par exemple 4 HA 16.

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Résister au cisaillement près des appuis

Aux appuis, la poutre ne fléchit presque plus mais elle « cisaille » : les charges cherchent à faire glisser verticalement une tranche de béton par rapport à la suivante. Le béton seul oppose une résistance VRd,c, qui dépend de la taille de la section et du taux d'aciers longitudinaux ρl :

VRd,c = [0.18/γc · k · (100 · ρl · fck)1/3] · b · d

Si l'effort tranchant VEd dépasse cette valeur, il faut des cadres. Le modèle de l'EC2 (§6.2.3) assimile alors la poutre à un treillis : des diagonales de béton comprimé (les bielles) s'appuient sur les cadres qui jouent le rôle de montants tendus. L'outil retient l'inclinaison de bielle la plus simple et la plus sûre, θ = 45°, et en déduit la quantité de cadres par mètre :

A_sws
=
V_Ed0.9 · d · f_ywd · cot θ

Deux garde-fous complètent la vérification : les bielles de béton ne doivent pas s'écraser (VEd ≤ VRd,max), et même quand le béton seul suffit, on pose toujours un minimum de cadres, espacés d'au plus min(0.75 · d ; 300 mm).

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La poutre pliera-t-elle trop ? La flèche

Une poutre peut être assez résistante mais trop souple : fissures dans les cloisons, carrelage qui sonne creux, porte qui frotte. Plutôt que de calculer la déformation exacte, l'EC2 §7.4.2 propose un raccourci efficace : si le rapport entre la portée et la hauteur utile (l'élancement L/d) reste sous une limite qui dépend du taux d'armatures et de la classe de béton, la flèche est réputée acceptable (critère L/250) sans aucun calcul supplémentaire :

Ld
K · [ 11 + 1.5 · √fck ·
ρ₀ρ
+ … ]

À retenir : plus une poutre est élancée et peu armée, plus cette limite devient contraignante. C'est souvent la flèche, et non la résistance, qui impose la hauteur des poutres longues et faiblement chargées.

Exemple chiffré, de bout en bout

Prenons une poutre de 20 × 45 cm sur 5.00 m de portée, en C25/30 et B500, en intérieur sec (XC1), portant G = 15 kN/m et Q = 10 kN/m.

  • Charge pondérée : pu = 1.35 × 15 + 1.5 × 10 = 35.25 kN/m
  • Sollicitations : MEd = 35.25 × 5²/8 ≈ 110.2 kN·m et VEd ≈ 88.1 kN
  • Hauteur utile (HA 16, cadres 8 mm) : d ≈ 40.9 cm
  • Moment réduit : μu ≈ 0.198 → sous 0.372, la section convient (pivot B)
  • Bras de levier : z ≈ 36.4 cm, d'où As = MEd / (z · fyd) ≈ 7.0 cm² d'acier nécessaires
  • Ferraillage retenu : 4 HA 16 (8.04 cm² mis en place)

C'est exactement le cheminement que déroule le calculateur ci-dessus, vérifications d'effort tranchant et de flèche comprises, avec la note de calcul PDF correspondante.

Conseils & points de vigilance

  • Enrobage : ne jamais descendre sous cnom = 25 mm même en intérieur sec, et prévoir 35 mm dès qu'il y a contact possible avec l'eau (salle de bain, cuisine, cave humide).
  • Aciers de montage : toujours prévoir 2 HA 10 ou 2 HA 12 en partie supérieure pour tenir les cadres.
  • Armatures de peau : au-delà d'un mètre de hauteur, l'EC2 (§7.3.3) demande des aciers de peau répartis sur les joues de la poutre pour maîtriser la fissuration — à ajouter au plan de ferraillage, l'outil ne les calcule pas.
  • Arrêt des barres : l'épure d'arrêt des barres (décalage du diagramme des moments de aL = 0.9·d/2 environ) et le façonnage des cadres et épingles relèvent du plan de ferraillage, à établir à partir de la section d'acier calculée ici.
  • Ancrage en appui : longueur d'ancrage forfaitaire ≈ 40·ø (cas courant en bétons C25-C30 adhérence correcte) ; un crochet réduit cette longueur de 30 %.
  • Répartition des cadres : l'effort tranchant est maximal aux appuis et nul à mi-travée ; en pratique on resserre l'espacement près des appuis (premier cadre à environ s/2 du nu d'appui) puis on le relâche vers le centre, sans jamais dépasser sl,max.
  • Continuité : pour une poutre continue, le moment sur appui peut atteindre pu·L²/10 à pu·L²/12 et exige des aciers supérieurs en chapeau ; cet outil traite uniquement le cas isostatique.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 27 tests automatisés, construite sur des références externes et non sur ses propres sorties.

  • L'exemple chiffré publié sur cette page sort du moteur. Charge pondérée, moment, hauteur utile, bras de levier, section d'acier et ferraillage retenu (4 HA 16) sont recalculés à chaque évolution : si une valeur affichée divergeait un jour du calculateur, les tests échoueraient.
  • Les frontières des pivots sont recoupées avec le diagramme des déformations. Les seuils 0,186 et 0,372 du moment réduit sont retrouvés depuis les déformations limites du béton (3,5 ‰) et de l'acier B500, indépendamment du moteur : l'écart mesuré est inférieur à 0,15 %.
  • La section d'acier est résolue à rebours. L'armature calculée, réinjectée dans l'équilibre de la section comprimée, redonne exactement le moment appliqué — sur des poutres de 30 à 60 cm de hauteur et de C25/30 à C35/45.
  • Les valeurs de la NF EN 1992-1-1 sont retrouvées. La résistance en traction du béton coïncide à mieux que 1,5 % avec les valeurs que la norme publie pour les classes C20/25 à C40/50. Les élancements limites des poutres sur deux appuis sont eux aussi restitués : 14 exactement pour un béton fortement sollicité, 20 à 2,6 % près pour un béton faiblement sollicité — l'écart vient de l'arrondi de la norme elle-même.
  • Les enrobages affichés sont ceux que l'outil applique. Les valeurs par classe d'exposition (25 mm en XC1 jusqu'à 45 mm en bord de mer) sont comparées une à une aux constantes du moteur.
  • Les saisies dégradées sont maîtrisées. Une charge nulle retombe sur le ferraillage minimal réglementaire, une section trop sollicitée est signalée comme telle — jamais de résultat vide ni de valeur aberrante silencieuse.

Références

  • NF EN 1992-1-1 (octobre 2005) — Eurocode 2 : calcul des structures en béton, Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments, avec son annexe nationale française. Source de la méthode de flexion (§6.1), de l'effort tranchant (§6.2), de la vérification de flèche simplifiée (§7.4.2), des enrobages (§4.4) et des minima d'armatures (§9.2).
  • Infociments — « Notions de dimensionnement du béton armé : les poutres » (Cimbéton, avril 2021). Dispositions constructives des armatures longitudinales et transversales des poutres.
  • Infociments — « L'Eurocode 2 » (Cimbéton, novembre 2018). Présentation du cadre des Eurocodes et de leur transposition française par annexes nationales.

Questions Fréquentes (FAQ)

Pour une poutre isostatique courante en bâtiment, on retient h ≈ L/10 à L/12 (L en m). Pour une poutre continue, on peut descendre à L/14 voire L/16 grâce à la redistribution des moments. La largeur b est généralement comprise entre 0.3·h et 0.5·h, avec un minimum pratique de 15 à 20 cm pour loger les armatures et vibrer correctement le béton.

Le moment réduit μu = MEd / (b·d²·fcd) est un nombre sans dimension qui mesure le taux de sollicitation du béton comprimé. Au-delà de la limite économique (≈ 0.372 pour un acier S500 avec l'annexe nationale française), il faudrait des aciers comprimés : on préfère alors agrandir la section ou monter en classe de béton.

Le pivot A (μu ≤ 0.186) correspond à une rupture pilotée par l'allongement de l'acier tendu : le béton comprimé est sous-utilisé. Le pivot B (0.186 < μu ≤ 0.372) correspond au domaine optimal où l'acier plastifie tandis que le béton atteint son raccourcissement ultime εcu = 3.5 ‰. Au-delà, l'acier ne plastifie plus avant l'écrasement du béton : la section devient inefficace et peu ductile.

Pour les bâtiments courants, l'EC2 §7.4.2 autorise une vérification simplifiée par le rapport portée / hauteur utile. Si L/d reste inférieur à la limite calculée par la formule (7.16), fonction du taux d'armatures ρ et de fck, la flèche est réputée satisfaire les critères L/250, sans calcul explicite. Sinon, un calcul détaillé de flèche (méthode bilinéaire, §7.4.3) est requis.

L'enrobage nominal cnom dépend de la classe d'exposition : 25 mm en XC1 (intérieur sec), 30 mm en XC2/XC3, 35 mm en XC4 (cycles humide/sec), 40 mm en gel/dégel XF et 45 mm en XS1 (air marin). Ces valeurs correspondent à la classe structurale S4 (durée d'utilisation de projet de 50 ans) couramment retenue en bâtiment.

Si VEd dépasse VRd,c (résistance du béton seul, EC2 §6.2.2), il faut dimensionner des cadres par la méthode des bielles inclinées (§6.2.3). Même lorsque le béton suffit, une poutre reçoit toujours un ferraillage transversal minimal : ρw,min = 0.08·√fck / fyk et espacement longitudinal maximal sl,max = min(0.75·d ; 300 mm).

Cet outil traite la poutre rectangulaire sur deux appuis (isostatique), le cas le plus courant en maison individuelle et en réhabilitation : MEd = pu·L²/8 en travée, VEd = pu·L/2 aux appuis. Pour une poutre continue, le moment sur appui atteint pu·L²/10 à pu·L²/12 et exige des aciers en chapeau ; pour un porte-à-faux, le moment d'encastrement pu·L²/2 domine et les aciers principaux passent en partie supérieure. Ces deux configurations demandent un calcul spécifique, avec leurs propres combinaisons de travées chargées/déchargées.