Structure · Béton armé

Descente de charges — mur porteur et poteau

1  Niveaux du bâtiment

Saisie niveau par niveau, du haut vers le bas — la dernière ligne est le pied de l'élément.

R+2

haut du bâtiment

m
m
kN
R+1
m
m
kN
RDC

pied — effort transmis

m
m
kN

2  Effort en pied

NEd ELU

NEd,ELU = 1.35·G + 1.5·Q · NEd,ELS = G + Q

Ceci est un outil de pré-dimensionnement — descente de charges verticale d'un mur ou d'un poteau. Les charges climatiques (neige, vent vertical pour effet de soulèvement) ne sont pas automatiquement intégrées. Pour un calcul réglementaire complet, consulter EC1 §6 et §5.

Vue schéma

Vérification globale

taux max

Renseignez les paramètres pour lancer les vérifications réglementaires.

NF EN 1991-1-1 · NF EN 1990

Calcul niveau par niveau de la charge transitant par un mur porteur ou un poteau, selon NF EN 1991-1-1 et son annexe nationale française. Surfaces d'influence, charges permanentes et d'exploitation, combinaisons ELU et ELS automatiques.

Mis à jour le

Tout comprendre sur la descente de charges

La descente de charges est l'étape qui précède tout dimensionnement de poteau, mur porteur ou fondation : elle détermine le cheminement des charges depuis la toiture jusqu'au sol et aboutit à l'effort normal NEd repris par chaque élément porteur vertical. Sans elle, impossible de dimensionner un poteau, un voile ou une semelle de fondation : c'est la donnée d'entrée de tous ces calculs.

Principe du cumul niveau par niveau

On parcourt le bâtiment du haut vers le bas. À chaque niveau, l'élément porteur reçoit : le poids propre du plancher et de ses revêtements (charge permanente G) multiplié par la surface d'influence, la charge d'exploitation Q définie par NF EN 1991-1-1 §6.3 sur cette même surface, et le poids du mur ou du voile situé au-dessus du plancher considéré. Ces apports s'additionnent de proche en proche : l'effort augmente en descendant, et la dernière ligne du tableau (le pied de l'élément) donne la charge à transmettre aux fondations.

Surface d'influence : la clé du calcul

La surface d'influence — également appelée surface tributaire ou surface afférente — est l'aire de plancher effectivement reprise par l'élément porteur. Elle est délimitée par les mi-portées des dalles adjacentes, en supposant que chaque dalle se partage à parts égales entre ses appuis. Pour un poteau intérieur d'une trame régulière :

Surface d'influence d'un poteau intérieur

Strib =
Lx1 + Lx22
×
Ly1 + Ly22

Lx1, Lx2 : portées des travées de part et d'autre dans un sens (m) · Ly1, Ly2 : portées dans l'autre sens (m) · Strib : surface d'influence (m²)

Sur une trame régulière, cette formule se lit très simplement : un poteau intérieur reprend exactement une trame, un poteau de rive la moitié, un poteau d'angle le quart. Pour une trame de 5,00 × 5,00 m :

Position du poteau dans la tramePart de trame repriseStrib (m²)
Poteau central125,00
Poteau de rive1/212,50
Poteau d'angle1/46,25

Pour un mur porteur, on raisonne par tronçon : Strib = longueur de mur reprise × demi-portées des dalles de part et d'autre. Un contrôle simple et efficace : la somme des surfaces d'influence de tous les porteurs d'un niveau doit redonner la surface totale du plancher. Si ce n'est pas le cas, une zone de plancher a été oubliée ou comptée deux fois.

Charges permanentes et charges d'exploitation

Les charges permanentes G regroupent le poids propre de la structure (dalle, mur, charpente) et les équipements fixes : revêtements de sol, chapes, cloisons fixes, étanchéité et isolation en terrasse. Les poids propres du béton se déduisent directement de son poids volumique nominal, 25 kN/m³ pour du béton armé selon l'annexe A de la NF EN 1991-1-1 : une dalle pleine de 20 cm pèse ainsi 5,0 kN/m², un voile de 20 cm également.

Les charges d'exploitation Q dépendent de l'usage des locaux. En France, les valeurs à retenir sont celles du tableau 6.2 (NF) de l'annexe nationale NF EN 1991-1-1/NA, qui remplace le tableau de la version européenne. Plusieurs valeurs diffèrent de celles que l'on trouve encore dans de nombreux documents : les bureaux sont à 2,5 kN/m² et non 3,0, la circulation sans obstacle (C1 et C3) à 2,5 et 4,0 kN/m². Le tableau complet figure plus bas sur cette page.

Une précision utile quand l'usage du bâtiment n'est pas encore arrêté : l'annexe nationale demande alors de dimensionner avec les valeurs de la catégorie D1 (5,0 kN/m²), puis de vérifier la compatibilité de l'usage retenu une fois celui-ci connu.

Comment calculer une descente de charges : méthode pas à pas

La méthode implémentée par l'outil suit le déroulé classique d'une note de calcul de descente de charges, conforme à NF EN 1991-1-1 (actions) et NF EN 1990 (combinaisons).

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Charges apportées par chaque niveau

Pour chaque niveau i, on calcule l'apport en charge permanente (plancher × surface d'influence, plus le poids du mur du niveau et un éventuel complément ponctuel) et l'apport en charge d'exploitation :

Apport permanent d'un niveau

Gi = gplancher × Strib + gmur × h × L + Gcompl

Gi : charge permanente apportée par le niveau i (kN) · gplancher : poids surfacique du plancher fini (kN/m²) · Strib : surface d'influence (m²) · gmur : poids surfacique de la paroi (kN/m²) · h, L : hauteur et longueur de mur reprises (m) · Gcompl : complément ponctuel, poids propre du poteau, retombée de poutre, acrotère (kN)

Apport variable d'un niveau

Qi = q × Strib

Qi : charge d'exploitation apportée par le niveau i (kN) · q : valeur de la catégorie d'usage retenue au tableau 6.2 (NF), en kN/m² · Strib : surface d'influence (m²)

Le tableau 6.2 (NF) donne également, pour chaque catégorie, une charge concentrée Qk. Elle sert aux vérifications locales — poinçonnement d'une dalle, marche d'escalier — et n'intervient pas dans une descente de charges gravitaire, qui ne manipule que la charge répartie.

2

Cumul du haut vers le bas

Les charges permanentes et variables se cumulent séparément, niveau après niveau. Au droit du niveau k (compté depuis le haut), l'élément porteur reprend :

Cumul au niveau k

G(k) = Σ Gi;Q(k) = Σ Qi(somme des niveaux situés au-dessus, i = 1 à k)

G(k), Q(k) : charges permanentes et d'exploitation cumulées au niveau k (kN) · i : indice du niveau, compté depuis le haut du bâtiment

G et Q doivent rester dans des colonnes distinctes jusqu'au bout : les coefficients partiels appliqués ensuite ne sont pas les mêmes, et certaines vérifications (soulèvement, équilibre statique) exigent de connaître G seul.

3

Combinaisons d'actions

L'effort normal de calcul s'obtient par la combinaison fondamentale de NF EN 1990 §6.4.3.2 (équation 6.10) à l'ELU, et par la combinaison caractéristique à l'ELS :

Combinaison fondamentale — ELU

NEd,ELU = 1,35 × ΣG + 1,5 × ΣQ

NEd,ELU : effort normal de calcul (kN) · γG = 1,35 : coefficient partiel sur les actions permanentes défavorables · γQ = 1,50 : coefficient partiel sur l'action variable dominante

Combinaison caractéristique — ELS

NEd,ELS = ΣG + ΣQ

NEd,ELS : effort normal en service (kN), utilisé pour la contrainte transmise au sol — les actions y sont prises à leur valeur caractéristique, sans pondération

4

Exploiter le résultat

La valeur ELU sert au dimensionnement béton armé : compression du poteau ou du voile, ferraillage de la semelle. La valeur ELS sert à la vérification de la contrainte transmise au sol. Pour une semelle filante sous mur porteur, on ramène l'effort total à un effort linéique en divisant par la longueur de mur reprise :

Effort linéique sous un mur

nEd =
NEdL
(kN/ml)

nEd : effort par mètre de mur (kN/ml) · NEd : effort total en pied sur le tronçon (kN) · L : longueur de mur reprise (m)

Un ordre de grandeur utile pour contrôler la vraisemblance du résultat : un bâtiment courant en béton armé pèse de l'ordre de 8 à 12 kN/m² de plancher et par niveau (G + Q à l'ELS). Un écart important par rapport à cette fourchette doit alerter sur une erreur de surface d'influence ou d'unité.

Exemple résolu : poteau central d'un bâtiment R+4

Bâtiment de logements sur trame régulière 5,00 × 5,00 m. Le poteau étudié est intérieur : il reprend donc une trame entière, soit 25,00 m² de surface d'influence à chaque niveau. Cinq planchers le chargent — la toiture-terrasse, puis R+3, R+2, R+1 et le RDC.

  • Toiture-terrasse : dalle étanchée et isolée, 8,0 kN/m². Toiture inaccessible de pente inférieure à 15 % recevant une étanchéité, soit la catégorie H de l'annexe nationale : 0,8 kN/m².
  • Niveaux courants : dalle pleine 20 cm + revêtement, 6,5 kN/m². Planchers de logement, catégorie A : 1,5 kN/m².
  • Poids propre du poteau : section 25 × 25 cm sur 2,70 m de hauteur d'étage, soit 4,22 kN repris à chaque niveau.

Aucun mur n'est porté par ce poteau : la colonne « mur » est donc vide, et le complément permanent se limite au poids propre du poteau. Voici le cumul, niveau par niveau :

NiveauApport G (kN)Apport Q (kN)ΣG (kN)ΣQ (kN)NEd,ELS (kN)NEd,ELU (kN)
Toiture-terrasse204,2220,00204,2220,00224,22305,70
R+3166,7237,50370,9457,50428,44587,02
R+2166,7237,50537,6695,00632,66868,34
R+1166,7237,50704,38132,50836,881149,66
RDC166,7237,50871,09170,001041,091430,98

En pied de poteau, l'effort à reprendre vaut donc NEd = 1431,0 kN à l'ELU et 1041,1 kN à l'ELS. Le contrôle de vraisemblance passe : 1041 kN répartis sur 5 niveaux de 25 m² donnent 8,3 kN/m² par niveau, bien dans la fourchette de 8 à 12 kN/m² attendue pour un bâtiment courant en béton armé.

C'est cette valeur ELU qui alimente la vérification du poteau en compression et au flambement, et le couple ELU/ELS qui alimente le dimensionnement de la semelle de fondation. Un poteau de rive dans le même bâtiment ne reprendrait que 12,50 m² par niveau, un poteau d'angle 6,25 m² — soit, à charges égales, des efforts de l'ordre de la moitié et du quart.

Valeurs de charges courantes

Ces deux tableaux sont le catalogue même de l'outil : ce qui s'affiche ici est ce que le calcul utilise. Les charges d'exploitation proviennent des tableaux 6.2 (NF) et 6.10 (NF) de l'annexe nationale française. Les poids propres des dalles pleines et des voiles se déduisent du poids volumique du béton armé ; les autres poids permanents sont des valeurs d'usage de pré-dimensionnement, à recalculer sur les épaisseurs et matériaux réels pour une note de calcul d'exécution.

Charges d'exploitation Q — tableau 6.2 (NF)

Cat.Usageq (kN/m²)
AHabitation, planchers1,5
AHabitation, escaliers2,5
AHabitation, balcons3,5
BBureaux2,5
C1Salles avec tables2,5
C2Salles à sièges fixes4,0
C3Circulation sans obstacle4,0
C4Activités physiques5,0
C5Foules importantes5,0
D1Commerces de détail5,0
D2Grands magasins5,0
E1Stockage7,5
ITerrasse accessible (habitation)1,5
HToiture inaccessible étanchée, pente < 15 %0,8
HAutres toitures inaccessibles0,0

Catégories A à D et I : tableau 6.2 (NF). Catégorie E1 : tableau 6.4, dont les valeurs recommandées sont normatives en France. Catégorie H : tableau 6.10 (NF).

Charges permanentes G

ÉlémentG (kN/m²)Origine
Dalle pleine 18 cm + revêtement6,018 cm × 25 kN/m³
Dalle pleine 20 cm + revêtement6,520 cm × 25 kN/m³
Hourdis 16+4 + revêtement4,3valeur d'usage
Hourdis 20+4 + revêtement4,7valeur d'usage
Plancher bois courant1,5valeur d'usage
Terrasse étanchée + isolation8,0valeur d'usage
Toiture tuiles + charpente0,9valeur d'usage
Voile BA 20 cm5,020 cm × 25 kN/m³
Voile BA 16 cm4,016 cm × 25 kN/m³
Aggloméré béton 20 cm2,7valeur d'usage
Aggloméré béton 15 cm2,0valeur d'usage
Brique creuse 20 cm2,5valeur d'usage
Cloison fixe légère0,5valeur d'usage

Les planchers sont donnés finis, revêtement compris. Les parois verticales sont exprimées par m² de paroi : leur poids se calcule en multipliant par la hauteur et la longueur de mur reprises.

Réductions, majorations et points de vigilance

Dégression des charges d'exploitation : ce que permet réellement l'annexe nationale

Lorsque plusieurs étages chargent le même porteur, la probabilité que tous soient simultanément chargés à leur valeur caractéristique diminue. La version européenne de la NF EN 1991-1-1 en tire, à la clause 6.3.1.2(11), un coefficient de réduction αn applicable aux catégories A à D :

Coefficient de dégression — expression de la version européenne

αn =
2 + (n 2) × ψ0n

αn : coefficient appliqué aux charges d'exploitation cumulées · n : nombre d'étages chargés au-dessus de l'élément, de même catégorie, avec n > 2 · ψ0 : coefficient d'accompagnement de NF EN 1990 (0,7 pour l'habitation et les bureaux)

En France, cette formule ne s'applique pas telle quelle. L'annexe nationale NF EN 1991-1-1/NA restreint la dégression aux seules catégories A (habitation), B (bureaux) et F (parcs de stationnement pour véhicules légers), et lui substitue ses propres expressions, distinctes pour la catégorie A d'une part et pour les catégories B et F d'autre part. Pour toutes les autres catégories — commerces, salles recevant du public, stockage — aucune réduction n'est admise. Avant d'appliquer un coefficient trouvé dans un cours ou un tableur, vérifiez donc qu'il correspond bien à l'annexe nationale et à votre catégorie d'usage.

Deux règles de cumul complètent le dispositif : la réduction par nombre d'étages ne se combine ni avec la réduction pour grande surface chargée αA (clause 6.3.1.2(10), pour laquelle l'annexe nationale retient A0 = 3,5 m² et limite l'emploi aux catégories A, B, C3, D1 et F), ni avec les coefficients ψ appliqués aux actions d'accompagnement. L'outil n'applique aucune de ces réductions : le résultat affiché est du côté de la sécurité, et la dégression peut être appliquée ensuite sur un élément très chargé.

Majoration forfaitaire des poteaux centraux

La descente de charges par surfaces d'influence suppose des planchers sur appuis simples. En réalité, la continuité des dalles et des poutres reporte davantage de charge sur les appuis centraux. La pratique française, héritée des règles BAEL et toujours utilisée en pré-dimensionnement, consiste à majorer forfaitairement l'effort des poteaux centraux de 15 % dans les bâtiments à deux travées, et de 10 % pour les poteaux intermédiaires voisins des poteaux de rive dans les bâtiments à trois travées et plus. C'est un usage de conception, pas une prescription de l'Eurocode : le champ « G complément » de l'outil permet de l'intégrer lorsque le projet le justifie.

Cloisons fixes et cloisons mobiles

La distinction est souvent négligée et change la ligne du tableau. Une cloison fixe est un poids propre : elle entre dans G, et son poids se calcule comme celui d'un mur. Les cloisons mobiles légères, en revanche, relèvent de la clause 6.3.1.2(8) de la NF EN 1991-1-1 : elles sont représentées par une charge uniformément répartie ajoutée aux charges d'exploitation. L'annexe nationale rappelle que ce modèle suppose une capacité minimale de redistribution transversale des sollicitations dans le plancher.

Neige, vent et autres actions

La descente de charges gravitaire ne couvre pas tout : la neige (NF EN 1991-1-3) s'ajoute comme action variable sur la toiture, et le vent (NF EN 1991-1-4) génère des efforts horizontaux et du soulèvement qui font l'objet d'une vérification de contreventement séparée. L'annexe nationale précise que les charges d'exploitation de la catégorie H ne sont pas à prendre en compte simultanément avec la neige ou le vent. Lorsque plusieurs actions variables coexistent, la combinaison 6.10 de NF EN 1990 retient l'une comme action dominante et affecte les autres de leur coefficient ψ0. Pour un bâtiment courant à étages, l'exploitation domine presque toujours en pied ; la neige ne devient dimensionnante que pour les porteurs sous toiture de grande surface.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 25 tests automatisés construite sur des références extérieures — la norme et ses tableaux —, et non sur ses propres sorties.

  • Les charges d'exploitation sont celles de l'annexe nationale française. Les valeurs de la NF EN 1991-1-1/NA sont reprises catégorie par catégorie dans les tests : logements, escaliers, balcons, bureaux, salles recevant du public, commerces, stockage et toitures. Quatre d'entre elles sont plus basses en France que dans la version européenne — les bureaux à 2,5 kN/m² au lieu de 3,0, la toiture inaccessible étanchée à 0,8 au lieu de 1,0. Un test verrouille cet écart.
  • Les poids propres se recalculent sans l'outil. Chaque dalle pleine et chaque voile du catalogue est comparé au produit de son épaisseur par 25 kN/m³, le poids volumique du béton armé donné à l'annexe A de la NF EN 1991-1-1. Une dalle de 20 cm doit peser 5,0 kN/m², un voile de 16 cm 4,0 kN/m² : l'écart admis est nul.
  • Les tableaux publiés sur cette page sont produits par le moteur lui-même. Le catalogue de charges et le tableau de l'exemple résolu ne sont pas recopiés : ils sont générés à partir des valeurs que le calcul utilise. Un écart entre ce que la page montre et ce que l'outil calcule est donc impossible.
  • L'exemple du poteau central R+4 est recalculé hors du moteur, niveau par niveau, jusqu'à l'effort en pied. Les combinaisons 1,35·G + 1,5·Q et G + Q sont elles aussi réécrites indépendamment et vérifiées sur chaque ligne du tableau, pas seulement sur le total.
  • Les saisies dégradées ne produisent jamais de résultat trompeur. Champ laissé vide, texte à la place d'un nombre, catégorie d'usage inconnue, liste de niveaux vide : le calcul retourne zéro, jamais NaN ni valeur négative. Une surface d'influence nulle n'apporte aucune charge de plancher.

Références

  • NF EN 1991-1-1 (mars 2003), indice de classement P 06-111-1 — Eurocode 1, Actions sur les structures, Partie 1-1 : actions générales — Poids volumiques, poids propres, charges d'exploitation des bâtiments. Source du principe de la surface d'influence, des catégories d'usage (§6.3), du traitement des cloisons mobiles (clause 6.3.1.2(8)) et des poids volumiques nominaux (annexe A, tableau A.1 : 24 kN/m³ pour le béton de granulats normaux, majoré de 1 kN/m³ au titre des armatures).
  • NF EN 1991-1-1/NA — NF P 06-111-2 (juin 2004) — Annexe nationale à la NF EN 1991-1-1. Source de toutes les charges d'exploitation employées par l'outil : tableau 6.2 (NF) pour les planchers, balcons et escaliers, tableau 6.10 (NF) pour les toitures de catégorie H. C'est également elle qui restreint la dégression αn aux catégories A, B et F, fixe A0 = 3,5 m² pour αA, et impose la catégorie D1 lorsque l'usage futur du bâtiment n'est pas connu. Un amendement NF P 06-111-2/A1 (mars 2009) l'a modifiée sur le seul tableau 6.12 (NF), qui traite des charges horizontales sur les murs de séparation et les garde-corps : il est sans effet sur les valeurs utilisées ici.
  • NF EN 1990 (mars 2003) — Eurocode 0, Bases de calcul des structures. Source de la combinaison fondamentale à l'ELU (§6.4.3.2, équation 6.10), de la combinaison caractéristique à l'ELS et des coefficients partiels γG = 1,35 et γQ = 1,50.
  • NF EN 1991-1-3 (charges de neige) et NF EN 1991-1-4 (actions du vent) — parties de l'Eurocode 1 à mobiliser pour les actions climatiques, qui ne sont pas intégrées automatiquement à cette descente gravitaire.

Questions Fréquentes (FAQ)

La descente de charges consiste à cumuler, niveau par niveau et du haut vers le bas, toutes les charges permanentes (G) et d'exploitation (Q) qui transitent par un élément porteur vertical : mur, voile ou poteau. Elle aboutit à l'effort normal N_Ed en pied de l'élément, donnée d'entrée indispensable pour dimensionner les poteaux, les voiles et les fondations. C'est la toute première étape de tout calcul de structure.

La surface d'influence (aussi appelée surface tributaire ou surface afférente) est l'aire de plancher que l'élément porteur reprend, délimitée par les mi-portées des dalles adjacentes. Pour un poteau intérieur d'une trame régulière Lx × Ly, elle vaut exactement Lx × Ly : les demi-portées de part et d'autre reconstituent une trame entière. Un poteau de rive n'en reprend que la moitié, un poteau d'angle le quart.

Pour un mur porteur de longueur L entre deux dalles de portées Lx1 et Lx2, la surface d'influence vaut L × (Lx1 + Lx2)/2. Un bon contrôle : la somme des surfaces d'influence de tous les porteurs d'un niveau doit redonner la surface totale du plancher.

En France, les valeurs applicables sont celles du tableau 6.2 (NF) de l'annexe nationale NF EN 1991-1-1/NA, et elles ne sont pas toutes identiques aux valeurs recommandées par la version européenne. Planchers de logement (catégorie A) : 1,5 kN/m². Escaliers de logement : 2,5 kN/m². Balcons : 3,5 kN/m². Bureaux (catégorie B) : 2,5 kN/m² — et non 3,0 comme on le lit souvent. Commerces de détail (D1) : 5,0 kN/m². Stockage (E1) : 7,5 kN/m².

Lorsque l'usage futur d'un bâtiment n'est pas connu, l'annexe nationale demande de retenir les valeurs de la catégorie D1, puis de vérifier la compatibilité une fois l'usage arrêté.

À l'ELU fondamental (NF EN 1990, équation 6.10) : N_Ed = 1,35·G + 1,5·Q, valeur utilisée pour le ferraillage des poteaux, voiles et semelles. À l'ELS caractéristique : N_ser = G + Q, valeur utilisée pour vérifier la contrainte transmise au sol sous les fondations. L'outil calcule les deux combinaisons à chaque niveau, ce qui permet de lire directement l'effort à n'importe quel étage et pas seulement en pied.

Oui, mais moins largement qu'on ne le croit en France. La version européenne de la NF EN 1991-1-1 propose, en clause 6.3.1.2(11), un coefficient αn applicable aux catégories A à D. L'annexe nationale française restreint cette réduction aux seules catégories A (habitation), B (bureaux) et F (parcs de stationnement légers), et remplace l'expression européenne par ses propres formules ; pour toutes les autres catégories, aucune réduction n'est admise.

L'outil n'applique aucune dégression : le résultat affiché est donc du côté de la sécurité. Si vous souhaitez optimiser un poteau très chargé, appliquez le coefficient de l'annexe nationale correspondant à votre catégorie, en gardant à l'esprit qu'il ne se cumule ni avec le coefficient de surface αA ni avec les coefficients ψ.

La neige (NF EN 1991-1-3) doit être ajoutée comme charge variable sur le niveau toiture. Dans cet outil, elle s'intègre via le champ « G complément » du niveau de toiture, converti en effort équivalent en kN. Le vent (NF EN 1991-1-4) produit surtout des efforts horizontaux et du soulèvement en toiture : sa composante verticale descendante est généralement négligeable dans une descente de charges gravitaire courante.

À noter : l'annexe nationale précise que les charges d'exploitation de la catégorie H ne sont pas à considérer simultanément avec la neige ou le vent. Lorsque plusieurs actions variables coexistent, les coefficients ψ0 de NF EN 1990 s'appliquent à l'action d'accompagnement.

L'effort en pied affiché par l'outil est un effort total en kN sur la longueur de mur saisie. Il convient directement pour un poteau ou une semelle isolée reprenant ce tronçon. Pour dimensionner une semelle filante ou vérifier un voile, divisez N_Ed par la longueur de mur reprise pour obtenir un effort linéique en kN/ml. Saisir une longueur de mur de 1,00 m revient d'ailleurs à travailler directement au mètre linéaire.

Cela dépend de leur nature. Une cloison fixe, maçonnée ou montée sur une trame définitive, est un poids propre : elle relève des charges permanentes G, et son poids se calcule comme celui d'un mur (poids surfacique × hauteur × longueur).

Les cloisons mobiles légères, elles, relèvent de la clause 6.3.1.2(8) de la NF EN 1991-1-1 : elles sont représentées par une charge uniformément répartie ajoutée aux charges d'exploitation, et non par un poids propre localisé. L'annexe nationale rappelle que ce modèle de charge répartie suppose une capacité minimale de redistribution transversale des sollicitations dans le plancher.

Un tableur reste utile pour un bâtiment atypique ou pour un enchaînement de calculs très spécifique. Pour une descente courante, il a deux inconvénients : les valeurs de charges y sont figées au moment où la feuille a été construite — beaucoup de feuilles qui circulent portent encore des valeurs européennes plutôt que celles de l'annexe nationale française — et une formule recopiée d'une ligne à l'autre est une source d'erreur difficile à repérer.

Cet outil applique le même déroulé, avec un catalogue de charges à jour et un cumul recalculé à chaque saisie ; le résultat s'exporte en note de calcul et se transmet directement aux outils de dimensionnement de poteau et de semelle.