Structure · Béton armé

Calcul poteau béton armé — flambement (Eurocode 2)

1  Sollicitation & géométrie

kN
cm
cm
m

Section mini réglementaire : 20 cm (zone non sismique)

2  Liaisons & matériaux

Outil de pré-dimensionnement — poteau rectangulaire en compression centrée + flambement (méthode courbure nominale §5.8.8). Pour poteau fortement excentré ou en section composée, recourir à un logiciel d'analyse non linéaire.

Vue schéma

Vérification globale

taux max

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NF EN 1992-1-1 §5.8 · AN France

Calcul en ligne d'un poteau rectangulaire en béton armé selon l'Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1 §5.8) : compression centrée, longueur de flambement, élancement, second ordre par la méthode de la courbure nominale, ferraillage longitudinal symétrique et cadres.

Mis à jour le

Tout comprendre sur le poteau béton armé

Le poteau est l'élément vertical chargé de transmettre les efforts des planchers, poutres et toitures jusqu'aux fondations. Son dimensionnement à l'EC2 mêle deux phénomènes : la résistance à la compression et le flambement (instabilité géométrique). C'est l'élancement λ qui pilote la prise en compte ou non du second ordre.

Compression et flambement

Un poteau court (λ ≤ λlim) se rompt par écrasement du béton. Un poteau élancé se déforme transversalement avant écrasement : un moment du second ordre se développe et amplifie l'effort. EC2 §5.8.8 propose la méthode de la courbure nominale pour le quantifier de manière simple, à partir de la rigidité fissurée de la section.

Excentricité minimale

Aucun poteau réel n'est parfaitement centré : tolérances de coffrage, charges réparties non symétriques, vent. EC2 impose donc une excentricité minimale e0 = max(h/30 ; 20 mm). Cette valeur conduit à un moment équivalent qui se traduit par un minimum d'aciers longitudinaux symétriques.

D'où vient l'effort NEd ?

L'effort normal de calcul provient de la descente de charges : poids propre des planchers, cloisons, charges d'exploitation et éventuellement neige, cumulés niveau par niveau sur la surface d'influence du poteau, puis combinés à l'ELU (1,35·G + 1,5·Q). Notre outil de descente de charges calcule ce cumul et pré-remplit automatiquement le champ NEd de ce calculateur.

L'autre voie : la formule enveloppe des Recommandations professionnelles

Pour la compression centrée des poteaux courants, les Recommandations professionnelles françaises pour l'application de la NF EN 1992-1-1 proposent une formule enveloppe qui donne directement la capacité portante NRd d'un poteau bi-articulé, sans passer par les excentricités :

Capacité portante — Recommandations professionnelles

NRd = kh × ks × α × (Ac × fcd + As × fyd)

NRd : effort normal résistant · kh : correction pour h < 50 cm · ks : correction pour fyk > 500 MPa · α : coefficient de flambement fonction de l'élancement λ · Ac : aire de béton · As : aciers longitudinaux

Coefficient α selon l'élancement

α =
0,861 + (λ/62)²
  (λ 60)

λ ≤ 60 : α = 0,86 / (1 + (λ/62)²) · 60 < λ ≤ 120 : α = (32/λ)^1,3 · au-delà de λ = 120, la méthode ne s'applique plus

Cette voie est rapide mais bornée : poteau bi-articulé, charge centrée, armatures en deux lits symétriques, élancement λ ≤ 120. La méthode de la courbure nominale retenue par cet outil, issue du texte même de la norme (§5.8.8), couvre en plus les autres conditions d'appuis et fournit explicitement les excentricités et le moment du second ordre — ce qui alimente la note de calcul.

Comment calculer un poteau béton armé selon l'Eurocode 2 ?

Le principe tient en une phrase : on vérifie que le béton et les aciers peuvent porter la charge verticale, en tenant compte du fait qu'un poteau réel n'est jamais parfaitement droit ni parfaitement centré. Ce léger défaut fait fléchir le poteau, et cette flexion ajoute un moment qu'il faut reprendre par des armatures. Le calcul se déroule en 5 étapes, illustrées ci-dessous avec un exemple fil rouge : un poteau de 25 × 25 cm, haut de 3 m, bi-articulé, en béton C25/30 avec aciers B500, chargé à NEd = 800 kN (les valeurs par défaut du calculateur).

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Ce que valent vraiment le béton et l'acier

On ne calcule jamais avec la résistance « catalogue » des matériaux : on la divise par un coefficient de sécurité, 1,5 pour le béton et 1,15 pour l'acier. On obtient les résistances de calcul :

fcd =
fck1,5
 ;  fyd =
fyk1,15
Exemple. C25/30 : fcd = 25/1,5 ≈ 16,7 MPa. B500 : fyd = 500/1,15 ≈ 435 MPa.

Subtilité propre à la compression : l'acier est plafonné à environ 400 MPa. Le béton atteint son raccourcissement maximal (2 ‰) avant que l'acier, qui se raccourcit de la même quantité, puisse développer ses 435 MPa.

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Sur quelle hauteur le poteau peut-il flamber ?

Plus un poteau est bien tenu à ses extrémités, moins il peut fléchir. On traduit cela par la longueur de flambement l0 : la hauteur « équivalente » d'un poteau qui flamberait de la même façon en étant simplement posé sur deux rotules.

l0 = β × L
Le poteau est…βEffet
Encastré aux deux extrémités (nœuds fixes)0,5Très favorable
Encastré en pied, articulé en tête0,7Favorable
Articulé aux deux extrémités (rotule/rotule)1,0Cas de référence
Encastré aux deux extrémités, mais tête libre de se déplacer1,0Cas de référence
Encastré en pied, libre en tête (mât, cantilever)2,0Très défavorable
Exemple. Poteau bi-articulé de 3 m : l0 = 1,0 × 3 = 3 m.

En pratique, pour un poteau de bâtiment courant dans une structure contreventée (voiles, cages d'escalier), retenir β = 1,0 est le choix simple et sécuritaire : les poutres qui l'encadrent ne sont jamais des encastrements parfaits.

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Le poteau est-il « trapu » ou « élancé » ?

L'élancement λ compare la longueur de flambement à l'épaisseur du poteau. Un poteau court et massif a un λ faible et casse par écrasement ; un poteau haut et fin a un λ élevé et fléchit avant de casser. Pour une section rectangulaire, c'est toujours le petit côté qui compte :

λ =
l0imin
 avec  imin =
min(b ; h)√12

On compare ensuite λ à un seuil λlim, qui dépend du niveau de chargement n (la part de la capacité du béton déjà consommée par NEd) :

λlim =
20 × A × B × C√n
 avec  n =
NEdAc × fcd

La lecture est simple : λ ≤ λlim → le flambement est négligeable, le calcul s'arrête presque là. λ > λlim → le poteau est élancé, il faut chiffrer sa flèche (étape 4). À défaut de données plus fines, la norme (EC2 §5.8.3.1) autorise A = 0,7, B = 1,1 et C = 0,7 : c'est le choix sécuritaire de l'outil. Plus le poteau est chargé, plus le seuil est bas : un poteau très comprimé devient « élancé » plus tôt.

Exemple. imin = 25/√12 ≈ 7,2 cm → λ = 300/7,2 ≈ 42. Capacité du béton seul : Ac·fcd = 0,25 × 0,25 × 16,7 ≈ 1 042 kN → n = 800/1 042 ≈ 0,77 → λlim ≈ 12. Comme 42 > 12, le second ordre doit être pris en compte.
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De combien la charge est-elle décalée ?

Une charge décalée de e par rapport à l'axe crée un moment M = N × e. L'EC2 cumule trois décalages, chacun couvrant un phénomène physique différent :

  • e0 = max(h/30 ; 20 mm) : le décalage minimal imposé par la norme (§6.1(4)), car personne ne coule un poteau parfaitement centré sous sa charge.
  • ei = l0/400 : le défaut de verticalité toléré à l'exécution (§5.2).
  • e2 : la flèche que prend le poteau élancé sous charge, uniquement si λ > λlim. C'est la méthode de la courbure nominale (§5.8.8) : on estime la courbure maximale 1/r de la déformée, puis on en déduit la flèche à mi-hauteur.
e2 =
(1/r) × l0²10
 avec 
1r
 = 
fyd0,45 × d × Es

(d est la hauteur utile de la section et Es = 200 000 MPa le module de l'acier ; l'outil prend les coefficients correcteurs Kr = Kφ = 1, ce qui va dans le sens de la sécurité.) Le tout se résume en un moment de calcul :

MEd = NEd × (e0 + ei + e2)
Exemple. e0 = max(250/30 ; 20) = 20 mm ; ei = 3 000/400 = 7,5 mm ; e2 ≈ 21 mm. Total ≈ 48 mm → MEd = 800 × 0,048 ≈ 39 kN·m. Autrement dit : tout se passe comme si les 800 kN appuyaient à presque 5 cm de l'axe du poteau.
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Combien d'acier, et la section tient-elle ?

Les armatures longitudinales, disposées symétriquement, ont deux rôles à additionner :

  • compléter le béton si l'effort dépasse ce que le béton seul peut porter (1er terme, souvent nul quand la section est généreuse) ;
  • reprendre le moment MEd par un couple de forces entre les deux nappes de barres, distantes d'environ 0,8·h (2e terme).
As =
NEd Ac × fcdσs
 + 
MEd0,8 × h × fyd

Le résultat est ensuite encadré par les bornes réglementaires (EC2 §9.5.2) : jamais moins que As,min = max(0,10·NEd/fyd ; 0,002·Ac), jamais plus que As,max = 0,04·Ac hors recouvrements. Reste la vérification finale : la section armée doit porter la charge.

NRd = Ac × fcd + As × σs NEd
Exemple. Le béton seul porte 1 042 kN > 800 kN : le 1er terme est nul. Le moment demande As ≈ 4,5 cm² → on retient 4 HA12 (4,52 cm²). Capacité finale : NRd ≈ 1 042 + 181 ≈ 1 220 kN ≥ 800 kN → le poteau 25 × 25 est validé.

Dispositions constructives du ferraillage

Au-delà de la section d'acier calculée, l'EC2 (§9.5) impose des règles de bonne constitution du ferraillage que tout plan d'exécution doit respecter :

  • Barres longitudinales : diamètre ø ≥ 8 mm (valeur recommandée §9.5.2), au minimum une barre à chaque angle, soit 4 barres pour une section rectangulaire. L'outil propose des schémas symétriques de 4 à 12 barres, HA 12 à HA 32.
  • Cadres : diamètre ≥ max(6 mm ; øL/4), espacement ≤ min(20·øL ; petit côté ; 400 mm) (§9.5.3). Chaque barre d'angle doit être tenue par un cadre ; aucune barre comprimée ne doit être à plus de 150 mm d'une barre tenue.
  • Zones critiques : espacement des cadres réduit à 0,6 fois la valeur courante sur une hauteur égale à la plus grande dimension de la section, au-dessus et au-dessous des planchers et poutres, ainsi qu'au droit des recouvrements si øL > 14 mm (avec au moins 3 cadres répartis sur la longueur de recouvrement).
  • Enrobage : cnom selon la classe d'exposition (25 mm en XC1 jusqu'à 45 mm en XS1), mesuré au nu du cadre.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 24 tests automatisés, construite sur des références externes et non sur ses propres sorties.

  • L'exemple chiffré publié sur cette page sort du moteur. Élancement, seuil λlim, excentricités (20, 7,5 et 21 mm), moment de 39 kN·m, ferraillage 4 HA 12 et capacité de 1 220 kN sont recalculés à chaque évolution. Si une valeur affichée divergeait un jour du calculateur, les tests échoueraient.
  • Le plafond de l'acier comprimé est retrouvé depuis les déformations. Le raccourcissement maximal du béton (2 ‰) multiplié par le module de l'acier (200 000 MPa) redonne exactement les 400 MPa appliqués aux barres comprimées. Cette identité de la NF EN 1992-1-1 est recomposée indépendamment du moteur.
  • L'élancement est recoupé par un second chemin de calcul. Le rayon de giration est reconstruit depuis l'inertie et l'aire de la section (√(I/A)) et coïncide exactement avec la valeur du moteur, sur des sections carrées et rectangulaires. La formule de la courbure nominale (§5.8.8) et l'élancement limite (§5.8.3.1, coefficients A = 0,7, B = 1,1, C = 0,7) sont réécrits indépendamment du moteur et redonnent les mêmes valeurs.
  • Les tableaux publiés sur cette page sont comparés aux constantes du moteur. Les coefficients de longueur de flambement (β de 0,5 à 2,0) et les enrobages par classe d'exposition (25 mm en XC1 jusqu'à 45 mm en bord de mer) sont assertés valeur par valeur. Les bornes d'aciers et l'espacement des cadres du §9.5 le sont aussi.
  • Les saisies dégradées sont maîtrisées. Un effort nul ou quasi nul retombe sur le ferraillage minimal réglementaire (0,2 % de la section), et une section trop petite pour la charge est signalée comme telle — jamais de résultat vide ni de valeur aberrante silencieuse.

Références

  • NF EN 1992-1-1 (octobre 2005) — Eurocode 2 : calcul des structures en béton, Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments, avec son annexe nationale française. Source de l'élancement limite (§5.8.3.1), de la méthode de la courbure nominale (§5.8.8), de l'excentricité minimale (§6.1(4)), des imperfections géométriques (§5.2) et des dispositions constructives des poteaux (§9.5).
  • Recommandations professionnelles pour l'application de la norme NF EN 1992-1-1 (mars 2007) — source de la formule enveloppe NRd = kh·ks·α·(Ac·fcd + As·fyd) présentée ci-dessus, avec son domaine de validité (poteau bi-articulé, charge centrée, λ ≤ 120).
  • Infociments — « Notions de dimensionnement du béton armé : les poteaux » (Cimbéton, avril 2021). Dispositions constructives et minima d'armatures des poteaux.

Questions Fréquentes (FAQ)

Un poteau est élancé lorsque son élancement λ = l0/i dépasse l'élancement limite λlim de l'EC2 §5.8.3.1 : λlim = 20·A·B·C/√n, avec n = NEd/(Ac·fcd). À défaut de données plus précises, on retient A = 0,7, B = 1,1 et C = 0,7. Au-delà de cette limite, les effets du second ordre doivent être calculés, par exemple par la méthode de la courbure nominale (§5.8.8) utilisée par cet outil.

l0 = β·L, où L est la hauteur libre entre appuis et β dépend des liaisons d'extrémité : 0,5 pour un poteau bi-encastré, 0,7 pour encastré-articulé, 1,0 pour bi-articulé et 2,0 pour un poteau encastré en pied et libre en tête (mât). Attention aux structures à nœuds déplaçables : un poteau bi-encastré dont la tête peut se déplacer latéralement se calcule avec β = 1,0, pas 0,5.

L'Eurocode 2 ne fixe pas de section minimale absolue, mais 20×20 cm est la valeur couramment admise pour un poteau coulé en place hors zone sismique. En zone sismique 3 à 5, l'Eurocode 8 impose au moins 25×25 cm, voire davantage selon la classe de ductilité. Le petit côté pilote aussi le rayon de giration i = min(b,h)/√12 : réduire b augmente directement l'élancement et la sensibilité au flambement.

EC2 §9.5.2 : As,min = max(0,10·NEd/fyd ; 0,002·Ac) et As,max = 0,04·Ac hors zones de recouvrement (0,08·Ac au droit des recouvrements). En pratique, un poteau économique se situe entre 1 % et 2 % de la section béton ; au-delà de 3 %, il est généralement plus judicieux d'augmenter la section ou la classe de béton que d'empiler les barres.

Diamètre minimal : max(6 mm ; ø de la barre principale / 4). Espacement maximal scl,tmax = min(20·øL ; petit côté de la section ; 400 mm) selon EC2 §9.5.3. Cet espacement est réduit à 0,6 fois sa valeur dans les zones critiques : sur une hauteur égale à la plus grande dimension de la section au-dessus et au-dessous d'une poutre ou d'une dalle, et au droit des recouvrements si øL > 14 mm.

Non. Même quand la modélisation donne un effort parfaitement axial, l'EC2 impose une excentricité minimale e0 = max(h/30 ; 20 mm) (§6.1(4)) et une imperfection géométrique ei = θi·l0/2 (§5.2) pour couvrir les tolérances d'exécution et les défauts de verticalité. C'est ce moment « parasite » qui justifie la présence d'armatures longitudinales symétriques dans tous les poteaux.

Les deux voies sont admises pour un poteau de bâtiment courant. La méthode de la courbure nominale (EC2 §5.8.8), utilisée par cet outil, calcule explicitement les excentricités et le moment du second ordre : elle reste applicable aux poteaux élancés et à toutes les conditions d'appuis. La formule enveloppe des Recommandations professionnelles françaises (NRd = kh·ks·α·(Ac·fcd + As·fyd)) donne directement la capacité portante d'un poteau bi-articulé sous charge centrée, avec un coefficient α fonction de l'élancement ; elle est limitée à λ ≤ 120 et ne fournit ni excentricités ni moment.

L'enrobage nominal cnom dépend de la classe d'exposition et de la classe structurale (EC2 §4.4.1). L'outil retient des valeurs usuelles : 25 mm en XC1 (intérieur sec), 30 mm en XC2/XC3 (humidité modérée), 35 mm en XC4 (extérieur abrité) et 45 mm en XS1 (bord de mer). L'enrobage se mesure au nu de l'armature la plus proche du parement, donc au nu du cadre.