Structure · Béton armé

Calcul d'une semelle isolée — méthode des bielles

1  Charges

kN

1.35G + 1.5Q — pour ferraillage

kN

G + Q — pour dimensions sol

MPa

0.2 MPa = 200 kPa = 2 bars

2  Section du poteau

cm
cm

La semelle conserve l'homothétie du poteau : A/B = a/b

3  Matériaux & exposition

Méthode des bielles — semelle rigide isolée. Pré-dimensionnement d'une semelle isolée centrée sous poteau, par la méthode classique des bielles (EC2 + EC7). La contrainte admissible du sol doit être validée par une étude géotechnique (G2 PRO).

Vue schéma

Vérification globale

taux max

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NF EN 1992-1-1 · NF EN 1997-1

Calcul d'une semelle de fondation isolée sous poteau : dimensions en plan à partir de la contrainte admissible du sol (ELS), hauteur utile par la condition de rigidité, et ferraillage de la nappe par la méthode des bielles (ELU).

Mis à jour le

Tout comprendre sur le calcul d'une semelle isolée

La semelle isolée est la fondation superficielle d'un poteau : elle élargit la section porteuse pour ramener la pression transmise au sol sous sa contrainte admissible. Son calcul croise deux normes : l'Eurocode 7 (NF EN 1997-1) pour l'interaction sol-fondation et l'Eurocode 2 (NF EN 1992-1-1) pour le ferraillage du béton armé.

D'où vient la méthode des bielles

La méthode des bielles n'est pas une méthode des Eurocodes : elle figurait en annexe du DTU 13.12 (P 11-711, mars 1988), « Règles pour le calcul des fondations superficielles », annulé depuis par le NF DTU 13.1 de septembre 2019. Elle reste l'usage français dominant pour les semelles rigides courantes, et rejoint le modèle bielles-tirants de l'EC2 (§6.5). Deux conditions d'emploi l'accompagnent depuis l'origine : la pression sous la semelle doit pouvoir être considérée comme uniforme, et la section du poteau doit être homothétique de celle de la semelle.

C'est aussi pourquoi vous rencontrerez la même formule sous deux jeux de notations. Les cours et exercices écrits en BAEL parlent de Nu, Nser, fe et γs ; les Eurocodes parlent de NEd, NEd,ser, fyk et γS. Les grandeurs sont les mêmes : Nu = NEd = 1,35G + 1,5Q et Nser = NEd,ser = G + Q. Un exercice rédigé en BAEL se saisit tel quel dans l'outil.

Pourquoi deux états de charges ?

L'EC7 dimensionne le contact sol-béton à l'ELS (G + Q) : c'est la pression réellement appliquée au sol qui gouverne les tassements et la capacité portante. L'EC2 dimensionne le béton et les aciers à l'ELU (1,35G + 1,5Q) : c'est la rupture des matériaux qui est visée. Cette dualité ELS/ELU est caractéristique des fondations : c'est pourquoi l'outil demande les deux efforts. Si vous partez de zéro, l'outil Descente de Charges (EC1) calcule ces deux valeurs et les transmet directement à cette page.

Semelle rigide et condition de rigidité

Dans une semelle rigide, la charge du poteau descend au sol par des bielles de béton comprimées, inclinées depuis la base du poteau vers les bords de la semelle. La poussée horizontale de ces bielles est équilibrée par un tirant : la nappe d'aciers inférieure. Pour que ce fonctionnement soit géométriquement possible, la hauteur utile doit respecter d ≥ (A−a)/4. Dans la tradition de la méthode des bielles, cette condition dispense de vérifier le cisaillement et la compression des bielles, et d'ajouter des cadres ou des barres relevées. Une vérification menée strictement selon l'EC2 demanderait en plus un contrôle du poinçonnement à moins de 2·d du poteau (§6.4.4) — que cet outil ne conduit pas.

Homothétie et poids propre : deux subtilités du calcul

L'outil conserve l'homothétie entre le poteau et la semelle (A/B = a/b), qui est la condition d'emploi de la méthode. Elle n'égalise pas les débords : sur un poteau rectangulaire, le débord reste proportionnel au côté correspondant, un poteau 40 × 20 cm débordant deux fois plus dans le grand sens.

L'outil intègre aussi le poids propre de la semelle (25 kN/m³) dans la pression appliquée au sol : comme ce poids dépend des dimensions recherchées, le calcul est itéré jusqu'à convergence. Le négliger est une erreur classique. Sur l'exemple par défaut de l'outil, la semelle pèse 32,5 kN, soit 6,3 % de la charge de service — assez pour faire basculer un cas limite. Sur sol faible, c'est bien davantage : à 1 600 kN sur un sol à 0,15 MPa, la semelle finit à 3,55 × 3,55 m sur 90 cm d'épaisseur et pèse à elle seule 284 kN, soit 17,7 % de la charge portée.

Contrainte admissible du sol : les ordres de grandeur

La contrainte admissible σadm est la donnée qui pilote tout le dimensionnement en plan : à charge égale, passer de 0,15 à 0,30 MPa divise presque par deux la surface de la semelle. Elle doit provenir de l'étude géotechnique de conception — la mission G2 au sens de la NF P 94-500. Les valeurs ci-dessous sont des repères de pratique courante pour l'avant-projet, et non des valeurs normatives : elles servent à cadrer un ordre de grandeur, jamais à remplacer l'étude de sol.

Nature du solσadm indicativeRemarque
Argile molle, vase, remblai récent0 – 50 kPaFondation superficielle généralement à écarter
Argile plastique, limon50 – 150 kPaSensible au retrait-gonflement
Sable lâche, argile ferme100 – 200 kPa
Argile raide, sable moyennement dense200 – 300 kPa
Sable dense, grave300 – 500 kPa
Marne compacte, roche altérée500 – 1000 kPa
Roche saine> 1000 kPaRarement dimensionnant

Rappel d'unités : 100 kPa = 0,1 MPa = 1 bar ≈ 10 tonnes par mètre carré. L'outil se saisit en MPa.

Comment calculer une semelle isolée ? La méthode pas à pas

L'idée générale tient en une phrase : on élargit d'abord la semelle jusqu'à ce que le sol supporte la pression (étape 1), on lui donne ensuite assez d'épaisseur pour qu'elle soit rigide (étape 2), puis on met en fond de semelle les aciers qui l'empêchent de s'ouvrir (étapes 3 et 4). Détail de chaque étape :

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Trouver les dimensions en plan (A × B)

Une pression, c'est une force divisée par une surface. Le sol accepte au maximum σadm : il faut donc une surface au moins égale à la charge divisée par cette pression admissible. La charge à prendre est celle de l'ELS (G + Q, sans coefficients), en ajoutant le poids de la semelle elle-même (PP), car le sol le porte aussi :

Surface portante à l'ELS

A·B
N_Ed,ser + PPσ_adm

N_Ed,ser : effort de service G + Q (kN) · PP : poids propre de la semelle (kN, 25 kN/m³) · σ_adm : contrainte admissible du sol (kPa)

Exemple : 520 kN sur un sol à 0,2 MPa (= 200 kN/m²) → il faut au moins 520 / 200 = 2,60 m², soit un carré d'environ 1,62 m de côté. On garde les mêmes proportions que le poteau (A/B = a/b), condition d'emploi de la méthode des bielles, et on arrondit au 5 cm supérieur pour la cote d'exécution. Petit piège : le poids propre PP dépend des dimensions qu'on cherche, donc l'outil refait le calcul en boucle jusqu'à ce que la surface adoptée couvre la charge augmentée de ce poids.

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Donner de la hauteur à la semelle

Pour que la méthode des bielles fonctionne, la semelle doit être rigide : la règle est simple, la hauteur utile d doit valoir au moins le quart du débord (le débord = ce qui dépasse du poteau de chaque côté) :

Condition de rigidité

d max(
A a4
;
B b4
)

d : hauteur utile, du nu supérieur à l'axe de la nappe inférieure (m) · A, B : côtés de la semelle (m) · a, b : côtés du poteau (m)

En clair : plus la semelle déborde, plus elle doit être épaisse. La hauteur totale s'obtient en ajoutant l'enrobage et un demi-diamètre de barre : h = d + enrobage + Φ/2, arrondie au 5 cm supérieur. L'outil suppose une nappe HA12 tant que le ferraillage n'est pas connu, et impose d ≥ 20 cm au minimum. C'est par ce terme que le choix de la classe d'exposition agit : à hauteur totale égale, passer de XC2 (40 mm) à XA2 (65 mm) fait tomber la hauteur utile de 40,4 à 37,9 cm sur le cas par défaut.

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Calculer les aciers du fond de semelle

Dans la semelle, la charge du poteau descend vers les bords en suivant des « bielles » de béton inclinées : imaginez les pieds d'un tabouret qui s'écartent. Cet écartement tire sur le bas de la semelle : ce sont les aciers de la nappe inférieure qui le retiennent, comme une sangle. La traction à reprendre vaut :

Aciers de nappe — méthode des bielles

As =
N_Ed · (A a)8 · d · f_yd

N_Ed : effort à l'ELU 1,35G + 1,5Q (N) · A − a : débord total dans le sens considéré (m) · d : hauteur utile (m) · f_yd = f_yk/1,15 ≈ 435 MPa pour un B500 — noté N_u·(B−b)/(8·d·f_e/γ_s) dans la littérature BAEL

On lit la formule ainsi : plus la charge NEd et le débord (A−a) sont grands, plus il faut d'acier ; plus la semelle est haute (d), moins il en faut, car les bielles sont plus redressées et poussent moins vers l'extérieur. Le calcul se fait dans les deux directions, et le résultat est ramené en cm² par mètre de largeur.

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Ne pas descendre sous le minimum réglementaire

Même si le calcul donne très peu d'acier, la règle de non-fragilité de l'EC2 (§9.2.1.1), appliquée par analogie à la nappe de semelle, impose un plancher pour éviter une rupture fragile dès la première fissure :

Section minimale de non-fragilité

As,min = max(0,26 ·
f_ctmf_yk
· b · d ; 0,0013 · b · d)

f_ctm : résistance moyenne du béton en traction (2,6 MPa pour un C25/30, tableau 3.1 de l'EC2) · f_yk : limite d'élasticité de l'acier (500 MPa) · b : 1 m de largeur · d : hauteur utile

À retenir : sur les semelles peu chargées, c'est très souvent ce minimum qui décide de la nappe, pas le calcul des bielles — y compris sur l'exemple par défaut de l'outil.

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Vérifier et choisir la nappe

Deux feux verts pour valider : la pression réellement appliquée au sol (poids propre compris) reste sous σadm, et la condition de rigidité de l'étape 2 est respectée. Il ne reste qu'à traduire les cm²/m en barres réelles : l'outil retient le plus petit diamètre courant qui convienne, de HA10 à HA20, posé à l'espacement le plus large possible entre 25 et 10 cm.

Récapitulons sur l'exemple par défaut de l'outil (NEd ELU = 700 kN, ELS = 520 kN, poteau 25 × 25 cm, sol à 0,2 MPa, béton C25/30, exposition XC2) : l'étape 1 demande 2,76 m² poids propre compris, soit une semelle de 1,70 × 1,70 m ; l'étape 2 impose d ≥ (1,70 − 0,25)/4 ≈ 36 cm, d'où h = 45 cm et une hauteur utile de 40,4 cm ; l'étape 3 donne 4,25 cm²/m, relevés à 5,39 cm²/m par le minimum de l'étape 4 ; l'étape 5 retient une nappe HA10 tous les 12,5 cm dans chaque direction, soit 6,28 cm²/m réellement en place. La contrainte effective sous semelle s'établit à 0,191 MPa, sous les 0,2 MPa admissibles.

Abaque : dimensions d'une semelle isolée selon la charge et le sol

Ce tableau donne directement les dimensions en plan et la hauteur d'une semelle carrée, pour une charge de service et une contrainte admissible données. Hypothèses : poteau 30 × 30 cm, béton C25/30, exposition XC2 (enrobage 40 mm), poids propre inclus. Chaque cellule est produite par le moteur de calcul de cette page — les valeurs affichées sont donc exactement celles que l'outil renvoie.

NEd,ser (ELS)0,15 MPa0,2 MPa0,25 MPa0,3 MPa0,4 MPa0,5 MPa
200 kN1,20 × 1,20 mh = 30 cm1,05 × 1,05 mh = 25 cm0,95 × 0,95 mh = 25 cm0,85 × 0,85 mh = 25 cm0,75 × 0,75 mh = 25 cm0,65 × 0,65 mh = 25 cm
400 kN1,70 × 1,70 mh = 40 cm1,45 × 1,45 mh = 35 cm1,30 × 1,30 mh = 30 cm1,20 × 1,20 mh = 30 cm1,05 × 1,05 mh = 25 cm0,95 × 0,95 mh = 25 cm
600 kN2,10 × 2,10 mh = 50 cm1,80 × 1,80 mh = 45 cm1,60 × 1,60 mh = 40 cm1,45 × 1,45 mh = 35 cm1,25 × 1,25 mh = 30 cm1,15 × 1,15 mh = 30 cm
800 kN2,45 × 2,45 mh = 60 cm2,10 × 2,10 mh = 50 cm1,85 × 1,85 mh = 45 cm1,70 × 1,70 mh = 40 cm1,45 × 1,45 mh = 35 cm1,30 × 1,30 mh = 30 cm
1200 kN3,05 × 3,05 mh = 75 cm2,60 × 2,60 mh = 65 cm2,30 × 2,30 mh = 55 cm2,05 × 2,05 mh = 50 cm1,80 × 1,80 mh = 45 cm1,60 × 1,60 mh = 40 cm
1600 kN3,55 × 3,55 mh = 90 cm3,00 × 3,00 mh = 75 cm2,65 × 2,65 mh = 65 cm2,40 × 2,40 mh = 60 cm2,05 × 2,05 mh = 50 cm1,85 × 1,85 mh = 45 cm

Lecture : une charge de service de 800 kN sur un sol à 0,2 MPa demande une semelle de 2,10 × 2,10 m sur 50 cm de hauteur. Pour un poteau rectangulaire, une charge excentrée ou une autre classe d'exposition, reprenez le calcul dans l'outil ci-dessus.

Dispositions constructives et mise en œuvre

Le calcul ne fait pas tout : le NF DTU 13.1 (septembre 2019), qui a remplacé les DTU 13.11 et 13.12 de 1988, encadre l'exécution des fondations superficielles. Principaux points de vigilance sur chantier :

  • Assise hors gel : le NF DTU 13.1 pose le principe — la mise hors gel est assurée par la profondeur d'ancrage de la semelle — sans publier de table de profondeurs. La garde au gel retenue relève donc de l'usage local : de l'ordre d'un demi-mètre en climat océanique doux, plus d'un mètre en zone de montagne, et toujours dans l'horizon porteur retenu par l'étude géotechnique.
  • Béton de propreté : le NF DTU 13.1 demande de caler les armatures sur une couche de béton de propreté d'une hauteur minimale de 4 cm, dosée à 150 kg de ciment par m³ au minimum. Elle protège la nappe de la souillure par la terre et garantit l'enrobage en sous-face. Béton de propreté et gros béton sont à couler aussi vite que possible après l'ouverture de la fouille.
  • Enrobage et durabilité : l'EC2 §4.4.1.3(4) impose un plancher absolu pour un béton coulé contre le sol. Son annexe nationale française retient 30 mm sur un sol préparé, béton de propreté compris, et 65 mm au contact direct du sol. Ce plancher se combine avec l'exigence de la classe d'exposition : en pratique 40 mm en sous-face pour une fondation courante (XC2), jusqu'à 65 mm en sol agressif (XA2). L'agressivité chimique du sol ou de la nappe s'établit dans le cadre de la mission géotechnique.
  • Aciers en attente : la liaison poteau-semelle est assurée par des armatures en attente ancrées dans la semelle, calées avant coulage ; les barres de la nappe sont munies de retours ou de crochets si la longueur d'ancrage droite disponible est insuffisante (EC2 §8.4).
  • Étude de sol : la contrainte admissible saisie dans l'outil doit provenir d'une mission G2 au sens de la NF P 94-500. Pour les maisons individuelles en zone d'argiles gonflantes, une étude géotechnique est exigée à la vente du terrain (loi ELAN).

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 23 tests automatisés construite sur des références extérieures — la norme, ses tableaux et la géométrie exacte —, et non sur ses propres sorties.

  • Les valeurs et les formules de l'Eurocode 2 sont reprises indépendamment du moteur. Les résistances du béton en traction du catalogue sont mises en regard du tableau 3.1 de la NF EN 1992-1-1. Les trois bétons proposés y sont retrouvés à moins de 0,05 MPa près. La relation des bielles et la section minimale de non-fragilité sont, elles, réécrites dans les tests puis comparées aux sorties de l'outil, sur tous les bétons et toutes les expositions. L'écart admis est nul.
  • L'abaque et le tableau des sols publiés sur cette page sont produits par le moteur lui-même. Les 36 dimensions de l'abaque ne sont pas recopiées : elles sortent du calcul que l'outil exécute. Un écart entre ce que la page montre et ce que l'outil renvoie est donc impossible. Le sens de lecture est vérifié lui aussi : plus de charge élargit la semelle, plus de portance la rétrécit.
  • Le poids propre de la semelle est toujours porté par la surface adoptée. Sur seize couples de charge et de contrainte admissible, la semelle retenue reprend la charge de service augmentée de son propre poids, sans jamais dépasser la contrainte admissible du sol. Cela vaut aussi sur sol faible, où la semelle s'épaissit et finit par peser jusqu'à 17,7 % de la charge portée.
  • L'exemple résolu publié plus haut est recalculé à chaque exécution des tests, des dimensions en plan jusqu'à la nappe retenue. S'il dérivait d'un chiffre, les tests échoueraient.
  • Les saisies dégradées ne produisent jamais de résultat trompeur. Champ laissé vide, texte à la place d'un nombre, charge négative, poteau plus large que la semelle nécessaire : le calcul rend une géométrie cohérente, jamais NaN ni dimension nulle. Une semelle n'est jamais plus étroite que le poteau qu'elle porte.

Références

  • NF EN 1992-1-1 (octobre 2005), indice de classement P 18-711-1 — Eurocode 2, Calcul des structures en béton, Partie 1-1 : règles générales et règles pour les bâtiments. Source de la résistance moyenne en traction fctm (tableau 3.1), du coefficient partiel de l'acier γS = 1,15, de la section minimale de non-fragilité (§9.2.1.1), du modèle bielles-tirants (§6.5), des règles d'ancrage (§8.4), du poinçonnement des semelles (§6.4.4) et des règles d'enrobage (§4.4.1.3).
  • NF EN 1997-1 (juin 2005) — Eurocode 7, Calcul géotechnique, Partie 1 : règles générales, reprise de l'EN 1997-1:2004. Source du principe de justification du contact sol-fondation à l'état limite de service.
  • NF EN 1991-1-1 (mars 2003) — Eurocode 1, Actions sur les structures, Partie 1-1. Annexe A : poids volumique du béton de granulats normaux (24 kN/m³), majoré de 1 kN/m³ au titre des armatures, d'où les 25 kN/m³ employés pour le poids propre.
  • NF DTU 13.1 (septembre 2019) — Fondations superficielles. Il annule et remplace le DTU 13.11 (P 11-211, mars 1988, et son amendement A1 de juin 1997) ainsi que le DTU 13.12 (P 11-711, mars 1988), « Règles pour le calcul des fondations superficielles », dont l'annexe portait la méthode des bielles employée ici. Source du béton de propreté (hauteur minimale 4 cm, dosage minimal 150 kg/m³) et du principe de mise hors gel par la profondeur d'ancrage.
  • NF P 94-500 (novembre 2013) — Missions d'ingénierie géotechnique, classification et spécifications. Définit la mission G2, étude géotechnique de conception, qui fournit la contrainte admissible à saisir dans l'outil.
  • Annexe nationale française à l'EC2, pour les valeurs k1 = 30 mm (béton coulé contre un sol préparé, béton de propreté compris) et k2 = 65 mm (béton coulé au contact direct du sol) de l'article 4.4.1.3(4) — telles que rappelées par la fiche Détermination et optimisation de l'enrobage des armatures d'Infociments.

Questions Fréquentes (FAQ)

Le calcul se fait en trois temps. On détermine d'abord la surface en plan à l'ELS : A·B ≥ (Nser + poids propre de la semelle) / σadm, où σadm est la contrainte admissible du sol. On donne ensuite à la semelle la hauteur qui la rend rigide, soit une hauteur utile d au moins égale au quart du débord : d ≥ (A−a)/4. On calcule enfin les aciers de la nappe inférieure à l'ELU par la méthode des bielles : As = Nu·(A−a) / (8·d·fyd), sans jamais descendre sous la section minimale de non-fragilité. Les dimensions en plan relèvent de l'Eurocode 7, le béton armé de l'Eurocode 2 : c'est pourquoi il faut saisir les deux efforts, à l'ELS et à l'ELU.

La contrainte admissible σadm doit provenir de l'étude géotechnique de conception, la mission G2 au sens de la NF P 94-500. À défaut, pour un avant-projet : 50 à 150 kPa en argile plastique ou limon, 100 à 200 kPa en sable lâche ou argile ferme, 200 à 300 kPa en argile raide, 300 à 500 kPa en sable dense ou grave, 500 à 1 000 kPa en marne compacte. Ce sont des repères de pratique courante, pas des valeurs normatives : le tableau des sols plus haut sur cette page les reprend en détail. Sur argile molle, vase ou remblai récent, la fondation superficielle est généralement à écarter.

As = Nu·(A−a) / (8·d·fyd) dans le sens A, et la même formule avec (B−b) dans le sens B. Nu est l'effort à l'ELU (1,35G + 1,5Q), A−a le débord total, d la hauteur utile et fyd la résistance de calcul de l'acier, soit 500/1,15 ≈ 435 MPa pour un B500. On lit la formule ainsi : plus la charge et le débord sont grands, plus il faut d'acier ; plus la semelle est haute, moins il en faut, car les bielles se redressent et poussent moins vers l'extérieur. Dans la littérature BAEL, la même relation s'écrit As = Nu·(B−b) / (8·d·(fe/γs)) : c'est le même calcul, avec fe pour fyk et γs = 1,15.

Aucune sur le fond : ce sont deux notations du même effort. Nu et Nser sont les notations issues des règles BAEL, encore majoritaires dans les cours et les exercices français. NEd et NEd,ser sont les notations des Eurocodes, employées par l'outil. Nu = NEd = 1,35G + 1,5Q est l'effort ultime qui sert au ferraillage ; Nser = NEd,ser = G + Q est l'effort de service qui sert aux dimensions en plan. Si vous partez d'un exercice écrit en BAEL, saisissez Nu dans le champ ELU et Nser dans le champ ELS, sans rien convertir.

Cela dépend du cadre de calcul. Dans la tradition française de la méthode des bielles, la condition de rigidité d ≥ (A−a)/4 dispense de vérifier le cisaillement et la compression des bielles : la charge descend directement au sol par des bielles comprimées, et aucune armature d'effort tranchant n'est à prévoir. Une vérification menée strictement selon l'Eurocode 2 demande en revanche un contrôle du poinçonnement sur un contour de contrôle situé à moins de 2·d du poteau, la position la plus défavorable étant recherchée par itération (EC2 §6.4.4). Cet outil ne conduit pas cette vérification : il applique la condition de rigidité.

L'EC2 §4.4.1.3(4) fixe un plancher absolu quand le béton est coulé contre le sol : l'annexe nationale française retient 30 mm sur un sol ayant reçu une préparation, béton de propreté compris, et 65 mm au contact direct du sol. Ce plancher se combine avec l'enrobage exigé par la classe d'exposition. En pratique, on retient 40 mm en sous-face pour une fondation courante en XC2, et jusqu'à 65 mm en sol chimiquement agressif XA2 : c'est le paramètre « Exposition » de l'outil, et il déplace réellement la hauteur utile, donc la section d'acier.

La semelle isolée reçoit la charge ponctuelle d'un poteau et travaille dans les deux directions : c'est ce que calcule cet outil. La semelle filante court sous un mur ou un voile et reçoit une charge linéaire, en kN par mètre linéaire ; sa largeur se déduit directement de B ≥ q / σadm et son ferraillage principal est transversal, la nappe longitudinale n'étant qu'une répartition. Les deux relèvent des fondations superficielles et du même NF DTU 13.1, mais le calcul n'est pas interchangeable : ne saisissez pas une charge linéaire dans un outil de semelle isolée.

Le niveau d'assise doit être hors gel et ancré dans l'horizon porteur identifié par l'étude géotechnique. Le NF DTU 13.1 pose le principe — la mise hors gel est assurée par la profondeur d'ancrage de la semelle — sans publier de table de profondeurs : la garde au gel retenue relève de l'usage local et du climat, de l'ordre d'un demi-mètre en climat océanique doux à plus d'un mètre en zone de montagne. Attention également aux sols argileux sensibles au retrait-gonflement, qui imposent souvent d'approfondir l'assise au-delà de la seule garde au gel.