Calcul poutre acier — Eurocode 3
1 Configuration de la poutre
2 Profilé & acier
3 Chargement réparti
4 Charges ponctuelles
Aucune charge ponctuelle.
5 Options de vérification
Vide = portée max (conservatif)
Vérification indicative — poutre acier fléchie (IPE/HEA/HEB/UPN, classes 1 à 3) selon NF EN 1993-1-1 + AN France. Analyse élastique 1er ordre, flexion plan fort. Toute exécution doit être validée par une note de calcul d'ingénieur structure.
Vue schéma
Vérification globale
Renseignez les paramètres pour lancer les vérifications réglementaires.
Comment calculer une poutre acier selon l'Eurocode 3 ?
Mis à jour le
L'Eurocode 3 (EN 1993-1-1:2005) est la norme européenne de référence pour le calcul des structures en acier. Ce calculateur de poutre métallique en ligne implémente la vérification complète d'une poutre acier (IPE, HEA, HEB, UPN) selon cette norme, avec l'Annexe Nationale française (NF EN 1993-1-1/NA:2013) : classification de section, résistance en flexion et cisaillement, flambement, déversement, interaction poutre-poteau et flèche ELS.
La vérification suit l'ordre imposé par la logique de la norme : on détermine d'abord les sollicitations de calcul (combinaisons EN 1990), puis la classe de la section (§5.5), la résistance de la section (§6.2), la stabilité de l'élément (§6.3) et enfin les critères de service (§7). Une poutre n'est conforme que si tous les taux d'utilisation sont ≤ 100 %. La résistance seule ne suffit jamais : le déversement et la flèche sont très souvent les critères dimensionnants. Voici le détail de chaque étape du calcul.
Algorithme de calcul
Étape 0 : Modèle mécanique et solveur éléments finis
La poutre est modélisée en éléments finis 1D de type poutre d'Euler-Bernoulli. Chaque nœud possède 3 degrés de liberté : translation axiale (Tx), translation transversale (Tz) et rotation (Ry).
La matrice de rigidité élémentaire 6×6 est assemblée dans un système global, les conditions d'appui sont appliquées (encastrement, rotule, rouleau, libre), puis le système linéaire K·u = F est résolu par élimination de Gauss avec pivot partiel.
Les sollicitations V(x) et M(x) sont calculées par équilibre statique à partir des forces d'extrémité de chaque élément (Ke·ue − Feq), ce qui donne des résultats exacts même avec un seul élément par travée (effort tranchant linéaire et moment parabolique pour une charge uniformément répartie).
Types de charges supportés
- Charge répartie uniforme (kN/m), qui peut être partielle sur un tronçon défini
- Charge ponctuelle (kN), placée à une position quelconque le long de la poutre
- Le poids propre du profilé est ajouté automatiquement comme charge permanente
Types de configurations
- Poutre simplement appuyée (1 travée)
- Console (porte-à-faux)
- Encastrée-appuyée, bi-encastrée
- Poutre continue (2 ou 3 travées) avec appuis intermédiaires
Étape 1 : Combinaisons d'actions (EN 1990)
Les combinaisons d'actions sont générées automatiquement selon l'EN 1990:2002 + AN France, en utilisant l'approche de l'équation 6.10 (et non 6.10a/6.10b).
ELU fondamental (§6.4.3.2, Éq. 6.10)
Avec γG = 1.35 (défavorable) ou 1.0 (favorable), γQ = 1.5. Chaque action variable est tour à tour prise comme action dominante (facteur 1.5 × 1.0), les autres étant des actions d'accompagnement (facteur 1.5 × ψ₀).
ELS caractéristique (§6.5.3, Éq. 6.14b)
ELS quasi-permanente (§6.5.3, Éq. 6.16b)
Coefficients ψ (AN France, Tableau A1.1)
| Catégorie | ψ₀ | ψ₁ | ψ₂ |
|---|---|---|---|
| A : Habitation | 0.7 | 0.5 | 0.3 |
| B : Bureaux | 0.7 | 0.5 | 0.3 |
| C : Lieux de réunion | 0.7 | 0.7 | 0.6 |
| D : Commerces | 0.7 | 0.7 | 0.6 |
| E : Stockage | 1.0 | 0.9 | 0.8 |
| S : Neige (≤ 1000 m) | 0.5 | 0.2 | 0.0 |
| S : Neige (> 1000 m) | 0.7 | 0.5 | 0.2 |
| W : Vent | 0.6 | 0.2 | 0.0 |
Étape 2 : Classification de la section transversale (§5.5)
Avant toute vérification, il faut déterminer la classe de la section transversale (1, 2, 3 ou 4). La classification se fait au Tableau 5.2 de l'EN 1993-1-1, en fonction des rapports d'élancement c/t des parois comprimées et du facteur ε = √(235/fy).
Semelle en console (Tableau 5.2, Partie 2)
L'élancement de la semelle est cf/tf, avec cf = (b − tw − 2r) / 2. Les limites sont :
- Classe 1 : cf/tf ≤ 9ε
- Classe 2 : cf/tf ≤ 10ε
- Classe 3 : cf/tf ≤ 14ε
Âme (Tableau 5.2, Partie 1)
L'âme est classée en fonction de l'état de contrainte (flexion pure, compression, ou combiné N+M). Le paramètre α (fraction comprimée de l'âme) est calculé :
Les limites en flexion pure (α = 0.5) sont :
- Classe 1 : cw/tw ≤ 72ε
- Classe 2 : cw/tw ≤ 83ε
- Classe 3 : cw/tw ≤ 124ε
Signification des classes
- Classe 1 : Plastification complète + capacité de rotation (rotule plastique) → Wpl
- Classe 2 : Plastification complète sans capacité de rotation → Wpl
- Classe 3 : Seule la fibre extrême atteint fy → Wel
- Classe 4 : Voilement local avant fy → sections efficaces (hors périmètre V1)
La classe globale de la section est la plus défavorable entre l'âme et la semelle.
Étape 3 : Résistance de la section (§6.2)
Les vérifications sont menées aux points critiques de la poutre (section de moment maximal, d'effort tranchant maximal et d'effort normal maximal s'il est significatif). Le cas le plus défavorable est retenu.
Cisaillement (§6.2.6)
Vérification : VEd / Vpl,Rd ≤ 1.0. L'aire de cisaillement Av est une propriété géométrique du profilé (A − 2b·tf + (tw+2r)·tf pour un profilé I/H).
Cisaillement élevé (§6.2.8)
Si VEd > 0.5 × Vpl,Rd, la résistance en flexion est réduite par un facteur ρ :
Flexion (§6.2.5)
W = Wpl pour les classes 1 et 2, Wel pour la classe 3. En cas de cisaillement élevé (§6.2.10(3)), le module plastique est réduit : Wpl,réduit = Wpl − ρ × Aw² / (4 × tw), avec Aw = hw × tw.
Interaction M + N (§6.2.9)
Pour les profilés I/H doublement symétriques :
Avec n = NEd / Npl,Rd et a = min(Aw/A, 0.5). L'interaction n'est vérifiée que si n > 0.25 et NEd > 0.5 × hw × tw × fy / γM0.
Coefficients partiels (AN France)
γM0 = 1.0 (résistance de section), γM1 = 1.0 (stabilité), γM2 = 1.25 (résistance nette des assemblages).
Étape 4 : Stabilité (§6.3)
C'est souvent la vérification dimensionnante pour une poutre acier. Trois phénomènes d'instabilité sont vérifiés.
4.1 Flambement (§6.3.1)
Instabilité par compression selon les axes y-y (forte inertie) et z-z (faible inertie).
Le facteur d'imperfection α dépend de la courbe de flambement (a₀, a, b, c, d), elle-même déterminée par le Tableau 6.2 selon le type de profilé, le rapport h/b et l'épaisseur de la semelle.
Courbes de flambement des profilés laminés (Tableau 6.2)
| Profilé | Condition | Axe y | Axe z |
|---|---|---|---|
| IPE | h/b > 1.2, tf ≤ 40mm | a | b |
| HEA/HEB (≤ 360) | h/b ≤ 1.2, tf ≤ 100mm | b | c |
| HEA/HEB (400+) | h/b > 1.2, tf ≤ 40mm | a | b |
| UPN | — | c | c |
4.2 Déversement (§6.3.2)
Instabilité latérale de la semelle comprimée sous flexion. Le déversement est le mode de ruine le plus fréquent des poutres acier.
Moment critique Mcr
L'EN 1993-1-1 ne donne pas de formule explicite pour Mcr. L'outil utilise la formule classique de Clark-Hill-Wang (NCCI SN003 / Access Steel) :
Où :
- C₁ : coefficient dépendant du diagramme de moments, calculé par la formule AISC Cb (Eq. F1-1) : C₁ = 12.5·Mmax / (2.5·Mmax + 3·MA + 4·MB + 3·MC)
- C₂ : coefficient prenant en compte la position de la charge. C₂ ≈ 0.45 si la charge est appliquée sur la semelle supérieure (déstabilisant), 0 sinon
- zg : distance entre le point d'application de la charge et le centre de cisaillement. zg = h/2 pour une charge sur la semelle supérieure
- Iw : constante de gauchissement (mm⁶), It : constante de torsion (mm⁴)
- Lcr : longueur de déversement = distance entre maintiens latéraux
Coefficient de réduction χLT selon la méthode du §6.3.2.3
L'outil utilise la méthode §6.3.2.3 (pour profilés laminés), avec les paramètres AN France :
AN France : λ̄LT,0 = 0.4 et β = 0.75. Le plateau d'insensibilité au déversement est donc λ̄LT ≤ 0.4 (χLT = 1.0 dans ce cas).
La courbe de déversement dépend de h/b : courbe b (αLT = 0.34) si h/b ≤ 2, courbe c (αLT = 0.49) si h/b > 2.
Facteur de correction f (§6.3.2.3(2))
Pour les diagrammes de moments non uniformes :
Avec kc ≈ 1/√C₁. Ce facteur est toujours ≤ 1.0 (il ne peut qu'augmenter χLT).
4.3 Interaction N+M : formules 6.61 & 6.62 (§6.3.3, Annexe B)
L'interaction entre effort normal et moment fléchissant combine les effets de flambement et de déversement. L'outil utilise la Méthode 2 (Annexe B) pour les facteurs kij.
Les facteurs d'interaction kyy et kzy sont calculés selon le Tableau B.2 (Annexe B), avec les facteurs de moment équivalent Cmy et CmLT déterminés au Tableau B.3.
Note : même pour une poutre en flexion pure (NEd faible), ces formules sont vérifiées car un effort normal résiduel dû au poids propre ou aux charges axiales peut exister.
Étape 5 : Vérification de la flèche (ELS, §7)
L'Eurocode 3 ne fixe pas lui-même la flèche admissible : le §7.2.1 renvoie à l'Annexe Nationale et à l'accord avec le maître d'ouvrage. La flèche maximale est extraite de la combinaison ELS la plus défavorable (caractéristique ou quasi-permanente), puis comparée à un critère admissible basé sur la portée individuelle la plus longue :
Avec n = 200, 250, 300 ou 400 selon le critère choisi — les valeurs de flèche admissible usuelles en France :
- L/200 : Toiture sans éléments fragiles
- L/250 : Plancher courant (valeur par défaut)
- L/300 : Plancher supportant des éléments fragiles
- L/400 : Éléments fragiles (cloisons vitrées, etc.)
Pour les poutres continues, la flèche est mesurée par rapport à la droite reliant les appuis de chaque travée, et le critère est basé sur la portée de la travée la plus longue.
Exemple de calcul complet : IPE 200 sur 5 m
Poutre de plancher de bureaux sur deux appuis : portée L = 5,00 m, charge permanente G = 3 kN/m (hors poids propre), charge d'exploitation Q = 4 kN/m (catégorie B), acier S235, critère de flèche L/250. Le poids propre de l'IPE 200 (22,4 kg/m, soit 0,22 kN/m) s'ajoute automatiquement aux charges permanentes.
1. Sollicitations ELU
q : charge ELU (kN/m) · L : portée (m) · MEd : moment fléchissant maximal (kN·m) · VEd : effort tranchant maximal (kN)
2. Résistance de section (classe 1)
Mc,Rd = Wpl,y × fy / γM0 = 221 × 10³ × 235 / 1,0 = 51,9 kN·m, soit un taux d'utilisation de 62 %. Le cisaillement est négligeable (Vpl,Rd = 190 kN, taux 14 %). En résistance pure, la poutre passe largement.
3. Déversement : tout dépend du maintien de la semelle
Semelle comprimée non maintenue sur les 5 m (charge en semelle supérieure, C₁ = 1,14, C₂ = 0,45) : Mcr = 26,5 kN·m, soit λ̄LT = 1,40 et χLT,mod = 0,48. Le moment résistant tombe à Mb,Rd = 24,8 kN·m : taux 131 %, la poutre est refusée.
Semelle maintenue en continu par le plancher : λ̄LT passe sous le plateau de 0,4, χLT = 1, le déversement disparaît. La vérification dimensionnante devient la flèche ELS : 14,4 mm pour 20 mm admis (L/250), soit 72 % — la poutre est vérifiée.
Flèche ELS (charge répartie, bi-appuyée)
w : flèche à mi-portée (mm) · q : charge ELS (kN/m) · E = 210 000 MPa · Iy : inertie (mm⁴)
La même poutre passe ou casse selon le maintien latéral : c'est la donnée à fiabiliser en priorité avant de changer de profilé ou de nuance.
Tableau des charges admissibles IPE selon la portée
Pour un prédimensionnement rapide (poutre de plancher, linteau, chevêtre), ce tableau donne la charge d'exploitation uniformément répartie maximale (kN/m) qu'un profilé IPE admet sur deux appuis, toutes vérifications Eurocode 3 confondues (résistance, stabilité et flèche). Il est calculé par le moteur de cette page, avec les hypothèses suivantes : acier S235, une seule travée, semelle comprimée maintenue en continu par le plancher, flèche limitée à L/250, poids propre du profilé déduit. Rappel : 1 kN/m ≈ 100 kg/m.
| Profilé | Poids (kg/m) | 3 m | 4 m | 5 m | 6 m | 7 m | 8 m |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| IPE 140 | 12,9 | 12,1 | 5,3 | 2,6 | 1,4 | 0,8 | 0,5 |
| IPE 160 | 15,8 | 17,1 | 8,6 | 4,3 | 2,4 | 1,4 | 0,9 |
| IPE 180 | 18,8 | 22,9 | 12,8 | 6,6 | 3,7 | 2,2 | 1,4 |
| IPE 200 | 22,4 | 30,5 | 17,1 | 9,8 | 5,5 | 3,4 | 2,2 |
| IPE 220 | 26,2 | 39,4 | 22,1 | 14 | 8 | 4,9 | 3,2 |
| IPE 240 | 30,7 | 50,8 | 28,4 | 18,1 | 11,3 | 7 | 4,6 |
| IPE 270 | 36,1 | 67,1 | 37,6 | 23,9 | 16,5 | 10,5 | 6,9 |
| IPE 300 | 42,2 | 87,1 | 48,8 | 31,1 | 21,4 | 15,3 | 10,1 |
Sur les portées courtes, c'est la résistance en flexion qui borne la charge ; au-delà de 4 à 5 m, la flèche gouverne presque toujours — d'où des valeurs qui chutent vite avec la portée (la flèche varie en L⁴). Si la semelle comprimée n'est pas maintenue (poutre nue, charge suspendue), le déversement réduit fortement ces valeurs : utilisez le calculateur ci-dessus avec votre longueur de maintien réelle. Pour une charge permanente en plus de l'exploitation, ou une charge ponctuelle, le calcul complet s'impose aussi.
Profilés disponibles
L'outil inclut une base de données de 68 profilés laminés à chaud européens :
- IPE : 80, 100, 120, 140, 160, 180, 200, 220, 240, 270, 300, 330, 360, 400, 450, 500, 550, 600
- HEA : 100, 120, 140, 160, 180, 200, 220, 240, 260, 280, 300, 320, 340, 360, 400, 450, 500, 550, 600
- HEB : 100, 120, 140, 160, 180, 200, 220, 240, 260, 280, 300, 320, 340, 360, 400, 450, 500, 550, 600
- UPN : 80, 100, 120, 140, 160, 180, 200, 220, 240, 260, 280, 300
Chaque profilé est défini avec ses propriétés géométriques complètes : A, h, b, tw, tf, r, Iy, Iz, Wpl,y, Wel,y, Wpl,z, Wel,z, Av, It, Iw, iy, iz, masse linéique et courbes de flambement associées.
La limite élastique fy est corrigée en fonction de l'épaisseur nominale selon le Tableau 3.1 de l'EN 1993-1-1 : par exemple en S355, fy = 355 MPa jusqu'à 40 mm d'épaisseur, puis 335 MPa au-delà (et 315 MPa au-delà de 80 mm). L'épaisseur de référence retenue est max(tw, tf) conformément au §3.2.1.
IPE, HEA, HEB ou UPN : quel profilé choisir ?
- IPE, le profilé de flexion par excellence : âme fine, matière concentrée dans les semelles, meilleur rapport inertie/poids. C'est le premier choix pour une poutre de plancher ou une panne lorsque la hauteur disponible n'est pas contrainte. Revers de la médaille : inertie faible selon l'axe z (Iz réduit), donc sensibilité au déversement dès que la semelle comprimée n'est pas maintenue.
- HEA, aux semelles larges et à la hauteur réduite : à inertie comparable, un HEA est moins haut qu'un IPE, ce qui en fait la solution courante lorsque la hauteur est limitée (reprise en sous-œuvre, poutre noyée dans l'épaisseur d'un plancher). Son Iz élevé le rend aussi nettement moins sensible au déversement.
- HEB, plus lourd et plus rigide que le HEA à hauteur égale : privilégié pour les fortes charges concentrées, les poteaux et les éléments comprimés-fléchis où l'interaction 6.61/6.62 gouverne.
- UPN, utilisé en chevêtre, en doublage de poutre existante ou en poutre de rive. Attention : les courbes de flambement sont défavorables (courbe c sur les deux axes) et la section n'est pas doublement symétrique, si bien que l'usage en flexion non maintenue demande de la prudence.
Et l'IPN ? C'est l'ancêtre de l'IPE, à ailes inclinées : on le rencontre surtout en rénovation (reprise de mur porteur, « pose d'un IPN »). Dans le neuf, l'IPE l'a remplacé — voir la question dédiée en FAQ pour les différences chiffrées.
S235, S275 ou S355 : la nuance ne fait pas tout
Monter en nuance augmente la résistance de section (fy passe de 235 à 355 MPa, soit environ +50 % sur Mc,Rd), mais le module d'élasticité E = 210 000 MPa est identique pour toutes les nuances. Conséquences pratiques :
- Si la flèche ELS est dimensionnante (cas fréquent au-delà de 6 m de portée), passer en S355 ne change rien : il faut augmenter l'inertie Iy, donc la hauteur du profilé.
- Si le déversement gouverne, le gain est partiel : Mcr ne dépend pas de fy, et l'élancement λ̄LT augmente avec la nuance, donc la réduction χLT rogne une partie du bénéfice.
- La nuance supérieure est pleinement rentable lorsque la résistance de section (flexion, cisaillement) est le critère dominant : portées courtes, charges élevées, semelle comprimée bien maintenue.
Le bon réflexe : lancer le calcul avec l'outil, identifier la vérification dimensionnante dans le panneau de résultats, puis ajuster : hauteur de profilé si la flèche ou le déversement gouverne, nuance si c'est la résistance de section.
Comment ce calcul est vérifié
Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 26 tests automatisés, construite sur des références externes et non sur ses propres sorties.
- Le solveur retrouve les résultats exacts de la résistance des matériaux. Pour la poutre sur deux appuis (moment qL²/8, flèche 5qL⁴/384EI) comme pour la console encastrée (qL²/2, qL⁴/8EI), les sollicitations et les flèches coïncident avec les formules exactes à mieux de 0,1 %.
- Les vérifications de stabilité sont recoupées indépendamment du moteur. Le moment critique de déversement Mcr (formule du NCCI SN003) et le coefficient χLT (§6.3.2.3 avec les paramètres de l'Annexe Nationale française) sont recalculés par des formules réécrites hors du moteur, avec des résultats identiques. Le coefficient C₁ reste du côté de la sécurité par rapport aux valeurs exactes publiées : +0,8 % pour une charge répartie, 2 à 4 % de marge pour une charge ponctuelle.
- Les profilés viennent du catalogue du fabricant. Quatre profilés témoins (IPE 200, HEA 200, HEB 200, UPN 200) sont comparés ligne à ligne aux tables ArcelorMittal (dimensions EN 10365) : dimensions, aires, inerties et modules concordent à moins de 1 %.
- Les tableaux publiés sur cette page ne peuvent pas diverger du calculateur. Les coefficients ψ, les courbes de flambement et la limite élastique selon l'épaisseur sont vérifiés contre les constantes du moteur. La table des charges admissibles IPE est générée par le moteur lui-même, et des valeurs témoins sont recoupées par un calcul indépendant.
- Les saisies dégradées produisent un message, jamais un chiffre faux. Profil inconnu, charge nulle ou structure sans appui aboutissent à une erreur explicite — pas de résultat vide ni de valeur aberrante silencieuse.
Références
- NF EN 1993-1-1 (octobre 2005) — Eurocode 3 : calcul des structures en acier, Partie 1-1, avec son annexe nationale française NF EN 1993-1-1/NA (2013) : γM0 = γM1 = 1,0, λ̄LT,0 = 0,4, β = 0,75. Classification (§5.5, Tableau 5.2), résistance (§6.2), stabilité (§6.3), interaction (Annexe B).
- NF EN 1990 (mars 2003) — Eurocode 0 : bases de calcul, et son annexe nationale NF EN 1990/NA (2011) pour les coefficients ψ (Tableau A1.1) et les combinaisons (équation 6.10).
- NF EN 10025-2 (2019) — produits laminés à chaud en aciers de construction non alliés : nuances S235, S275, S355 et limite élastique selon l'épaisseur (avec le Tableau 3.1 de l'EN 1993-1-1).
- NCCI SN003 (Access Steel) — moment critique élastique de déversement : formule de Mcr avec C₁, C₂ et la position du point d'application de la charge. Documentation reprise par le CTICM.
- ArcelorMittal, catalogue « Sections and Merchant Bars » (dimensions EN 10365:2017) — caractéristiques géométriques et mécaniques des 68 profilés IPE, HEA, HEB, UPN : sections.arcelormittal.com.
- Flexion dans le plan fort de profilés laminés IPE, HEA, HEB, UPN de classe 1 à 3, en analyse élastique au premier ordre — le domaine des poutres de bâtiment courantes. Les sections de classe 4 (parois élancées) relèvent du calcul en sections efficaces de l'EN 1993-1-5 : l'outil les détecte et l'annonce clairement.
- Configurations couvertes : 1 à 3 travées, console, appuis rotule / rouleau / encastrement, charges gravitaires réparties (totales ou partielles) et ponctuelles. Pour une poutre continue, la charge d'exploitation est appliquée sur toutes les travées simultanément ; le chargement travée par travée (damier), qui maximise certains moments en travée, relève d'une modélisation dédiée.
- Hypothèses normatives adoptées : Annexe Nationale française (γM0 = γM1 = 1,0), Mcr selon le NCCI SN003 avec charge en semelle supérieure (C₂ ≈ 0,45, zg = h/2) — hypothèse du côté de la sécurité pour un plancher posé sur la poutre.
- Relèvent d'une autre étude : les assemblages (EN 1993-1-8), l'âme sous charge locale concentrée, la fatigue et la situation d'incendie (EN 1993-1-2). Pour un poteau comprimé seul, utilisez l'outil flambage (charge critique d'Euler).