Menuiserie · Bois

Poutre bois en flexion — Eurocode 5

1  Géométrie & schéma

m
mm
mm

Posée sur chant : h intervient au cube dans I = b·h³/12.

2  Matériau bois

Écart-type : ± 1750 MPa

MPa

3  Charge appliquée

N

Saisir la charge de calcul (déjà pondérée en ELU) — contrainte et flèche en sont déduites.

Pré-dimensionnement indicatif — poutre isostatique / console rectangulaire selon NF EN 1995-1-1. En mode « Essence », seule la flèche est vérifiée ; passez en « Classe EC5 » pour la résistance.

Vue schéma

Force F

0,500 kN

Contrainte σ

2,67 MPa

Flèche inst.

8,02 mm

Moment M

0,75 kN·m

E = 13 300 MPa
Schéma statique2 appuis - Ponctuelle (centre)
FL = 6 m

Poutre sur deux appuis avec charge ponctuelle au centre

Coupe transversale

75 × 150 mm · posée sur chant

b = 75 mmh = 150 mm
Sollicitations & grandeursValeur
Moment quadratique I = b·h³/1221,09 ×10⁶ mm⁴
Module de section W = b·h²/6281,25 ×10³ mm³
Moment fléchissant max M0,750 kN·m
Effort tranchant max V0,250 kN
Limites de flècheL/360 = 16,7 mm · L/240 = 25,0 mm

Vérification globale

51 %taux max
Conforme

Taux d'utilisation le plus élevé parmi les 2 vérifications listées ci-dessous.

Flèche instantanée ≤ L/36048 %

8,02 / 16,7 mm · EC5 §7.2 / pratique DTU

Flèche finale avec fluage (kdef = 0.6) ≤ L/24051 %

12,83 / 25,0 mm · EC5 §2.2.3 — charge supposée quasi-permanente

NF EN 1995-1-1 · EN 338 / EN 14080

Flèche, contrainte et charge admissible d'une poutre ou d'une solive bois, sur deux appuis ou en porte-à-faux, selon la NF EN 1995-1-1.

Mis à jour le

Comment dimensionner une poutre bois en flexion ?

Le dimensionnement d'une poutre bois en flexion combine la résistance des matériaux (calcul du moment fléchissant, de la contrainte et de la flèche selon le schéma statique) et les vérifications réglementaires de l'Eurocode 5 (NF EN 1995-1-1). Deux familles de critères doivent être satisfaites simultanément : les états limites ultimes (la contrainte de flexion et le cisaillement ne doivent pas dépasser les résistances de calcul du bois) et les états limites de service (la flèche instantanée et la flèche finale, fluage compris, doivent rester sous les limites admissibles). C'est presque toujours la flèche qui gouverne le choix de la section d'une solive ou d'une poutre de plancher : une poutre peut être largement suffisante en contrainte et pourtant inconfortable ou non conforme en déformation.

Le calculateur ci-dessus couvre six configurations statiques (poutre sur 2 appuis ou console encastrée, avec charge ponctuelle centrée, excentrée ou uniformément répartie) et fonctionne dans les deux sens : à partir d'une charge, il calcule contrainte et flèche ; à partir d'une contrainte ou d'une flèche cible, il déduit la charge admissible correspondante.

Déterminer la charge à saisir : charges permanentes, exploitation et entraxe

C'est l'étape que l'on saute le plus souvent, et celle qui fausse le plus de calculs. L'outil attend une charge linéique, en newtons par mètre de poutre. Or un plancher se décrit en charge surfacique, en daN/m² ou en kg/m². Le passage de l'un à l'autre se fait par l'entraxe, c'est-à-dire la distance entre deux solives, qui définit la bande de plancher que chacune reprend.

De la charge surfacique à la charge linéique

q = p × e

q : charge reprise par la poutre (daN/m) · p : charge du plancher (daN/m²) · e : entraxe entre solives (m) · rappel : 1 daN = 10 N, et 1 kg/m² vaut sensiblement 1 daN/m²

La charge surfacique p se compose elle-même de deux familles, distinguées par l'Eurocode 0 (NF EN 1990) :

  • les charges permanentes G — poids propre de la poutre, du plancher, de la chape, du revêtement, des plafonds suspendus ;
  • les charges d'exploitation Q — mobilier, occupants, stockage. Elles sont définies par catégorie d'usage dans la NF EN 1991-1-1 et son Annexe Nationale ; l'ordre de grandeur couramment retenu pour un plancher d'habitation est de 150 kg/m².

Ces deux familles ne se combinent pas de la même façon selon la vérification menée. Pour la résistance (états limites ultimes), on majore : 1,35·G + 1,50·Q. Pour la flèche (états limites de service), on travaille sur les charges non pondérées, G + Q. Confondre les deux n'est pas anodin : saisir une charge pondérée dans un calcul de flèche surestime la déformation de 35 à 50 % selon la part des charges d'exploitation.

Exemple. Solives sous un plancher d'habitation, entraxe 0,50 m. Charges permanentes 100 kg/m², exploitation 150 kg/m². En flèche : q = (100 + 150) × 0,50 = 125 daN/m, soit 1 250 N/m à saisir. En résistance : q = (1,35 × 100 + 1,50 × 150) × 0,50 = 180 daN/m, soit 1 800 N/m.

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Caractéristiques de la section : moment quadratique et module de flexion

Le moment quadratique I, aussi appelé moment d'inertie de la section, caractérise sa raideur en flexion : il intervient dans le calcul de la flèche. Le module de flexion W sert quant à lui à passer du moment fléchissant à la contrainte. Pour une section rectangulaire de largeur b et de hauteur h :

I =
b ×12
W =
b ×6

Avec b et h en mm, I s'exprime en mm⁴ et W en mm³. La hauteur intervient au cube dans I : augmenter h de 20 % accroît la raideur d'environ 73 %, alors qu'augmenter b de 20 % ne l'accroît que de 20 %. C'est pourquoi une poutre se pose toujours sur chant.

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Moment fléchissant et contrainte de flexion

Le moment fléchissant maximal M dépend du schéma statique. Pour les cas les plus courants : M = F×L/4 (charge ponctuelle centrée sur 2 appuis), M = q×L²/8 (charge répartie sur 2 appuis), M = F×L (console avec charge en bout) et M = q×L²/2 (console avec charge répartie). La contrainte normale de flexion s'en déduit :

σ =
MW

Avec M en N·mm et W en mm³, σ est obtenue en MPa (N/mm²) et se compare directement à la résistance fm,d du bois.

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Calcul de la flèche

La formule de flèche varie selon le type de poutre et de charge :

Poutre sur 2 appuis - Charge ponctuelle :

f =
F ×48 × E × I

Poutre sur 2 appuis - Charge répartie :

f =
5 × q × L⁴384 × E × I

Poutre encastrée - Charge ponctuelle :

f =
F ×3 × E × I

Poutre encastrée - Charge répartie :

f =
q × L⁴8 × E × I

Pour une charge ponctuelle excentrée à une distance a de l'appui (b = L − a), l'outil utilise f = F×a²×b² / (3×E×I×L) sur 2 appuis, et la flèche en bout de console f = F×a²×(3L−a) / (6×E×I) pour une poutre encastrée. La flèche dépend de la portée à la puissance 3 ou 4 : doubler la portée d'une solive sous charge répartie multiplie sa flèche par 16 à section égale.

Abaque : charge admissible d'une solive C24 sur deux appuis

Ce tableau donne la charge uniformément répartie admissible, en daN par mètre de poutre, pour les sections de bois massif les plus courantes en solivage. Il est calculé par le moteur de cette page, dans les hypothèses suivantes : bois C24, poutre sur deux appuis simples, classe de service 1 (intérieur chauffé), charge de moyen terme (kmod = 0,80, kdef = 0,6). Sous chaque valeur figure le critère qui limite réellement la section.

Section b × hPortée 2 mPortée 3 mPortée 4 mPortée 5 mPortée 6 m
63 × 175 mm758cisaillement229flèche L/24097flèche L/24050flèche L/24029flèche L/240
75 × 200 mm1 031cisaillement407flèche L/240172flèche L/24088flèche L/24051flèche L/240
75 × 225 mm1 160cisaillement580flèche L/240245flèche L/240125flèche L/24073flèche L/240
100 × 225 mm1 546cisaillement773flèche L/240326flèche L/240167flèche L/24097flèche L/240
100 × 250 mm1 718cisaillement1 061flèche L/240448flèche L/240229flèche L/240133flèche L/240

Valeurs en daN/m. Pour convertir en charge de plancher, divisez par l'entraxe.

Deux enseignements se lisent directement dans ce tableau. À 2 m de portée, aucune section n'est limitée par la flexion : c'est le cisaillement qui décide, exactement le cas des poutres courtes fortement chargées. Dès 3 m et au-delà, le critère bascule et ne bouge plus : c'est la flèche finale qui gouverne, sur toutes les sections et toutes les portées. La résistance en flexion, elle, n'est jamais le critère décisif dans ce domaine d'emploi.

Exemple de lecture. Une solive 75 × 200 mm en C24 sur 4 m de portée accepte environ 172 daN/m, et c'est la flèche finale qui la limite. La résistance en flexion, elle, en autoriserait plus du double : monter en classe de bois ne servirait presque à rien ici, alors que passer en 75 × 225 mm gagne plus de 40 % de charge admissible pour 25 mm de hauteur supplémentaires.

Vérifications selon l'Eurocode 5 (NF EN 1995-1-1)

Lorsque le bois est défini par une classe de résistance (C pour les résineux selon l'EN 338, D pour les feuillus, GL pour le lamellé-collé selon l'EN 14080), l'outil mène la vérification complète aux états limites ultimes.

Résistance en flexion

La résistance en flexion est obtenue à partir de la résistance caractéristique fm,k de la classe :

fm,d =
kh × kmod × fm,kγM
  • γM : coefficient partiel de matériau, soit 1,30 pour le bois massif et 1,25 pour le lamellé-collé (EN 1995-1-1 § 2.4.1) ;
  • kmod : coefficient de modification selon la durée de charge et la classe de service (tableau ci-dessous) ;
  • kh : effet de hauteur (EN 1995-1-1 § 3.2 et § 3.3), c'est-à-dire une majoration de fm,k pour les sections de hauteur inférieure à 150 mm en bois massif (plafonnée à 1,3) ou à 600 mm en lamellé-collé (plafonnée à 1,1).

La vérification est satisfaite lorsque le taux de travail σ / fm,d ≤ 1.

Coefficient kmod (EN 1995-1-1, tableau 3.1)

La classe de service traduit l'humidité d'équilibre du bois : classe 1 (intérieur chauffé, humidité ≤ 12 %), classe 2 (extérieur abrité, ≤ 20 %), classe 3 (extérieur exposé, > 20 %). Plus la charge est longue et l'ambiance humide, plus la résistance est réduite :

Durée de chargeClasse 1Classe 2Classe 3
Permanente (> 10 ans)0,600,600,50
Long terme (6 mois à 10 ans)0,700,700,55
Moyen terme (1 semaine à 6 mois)0,800,800,65
Court terme (< 1 semaine)0,900,900,70
Instantanée (vent, choc)1,101,100,90

Cisaillement

Souvent négligé à tort, le cisaillement devient dimensionnant sur les poutres courtes fortement chargées — l'abaque ci-dessus le montre sur toutes les sections à 2 m de portée. Pour une section rectangulaire, la contrainte de cisaillement maximale à l'axe neutre vaut (EN 1995-1-1 § 6.1.7) :

τ =
1,5 × Vkcr × b × h

Où V est l'effort tranchant maximal et kcr = 0,67 le coefficient de fissuration applicable au bois massif et au lamellé-collé, qui réduit la largeur efficace pour tenir compte des fentes de retrait. Négliger ce coefficient sous-estimerait la contrainte de cisaillement de 33 %. La vérification impose τ ≤ fv,d = kmod × fv,k / γM.

Flèches admissibles : instantanée, finale, fluage et contre-flèche

L'Eurocode 5 distingue la flèche instantanée winst, produite dès l'application des charges, et la flèche finale wfin, qui intègre le fluage du bois sous charge maintenue. Le fluage est modélisé par le coefficient kdef (EN 1995-1-1, tableau 3.2) : 0,6 en classe de service 1, 0,8 en classe 2 et 2,0 en classe 3. L'outil retient l'hypothèse sécuritaire d'une charge entièrement quasi-permanente :

Flèche finale

wfin = winst × (1 + kdef)

winst : flèche instantanée (mm) · kdef : coefficient de fluage, 0,6 / 0,8 / 2,0 selon la classe de service · l'hypothèse d'une charge entièrement quasi-permanente est la plus défavorable

Le tableau 7.2 de l'EN 1995-1-1 donne des plages indicatives (winst de L/300 à L/500 pour une poutre sur deux appuis), le choix final relevant du projet et de l'Annexe Nationale. L'outil applique les critères usuels de la pratique française :

  • Poutre sur 2 appuis : winst ≤ L/360 et wfin ≤ L/240 ;
  • Console (porte-à-faux) : winst ≤ L/180 et wfin ≤ L/120, la longueur de référence étant celle du porte-à-faux.

Ces deux critères ne se valent pas, et c'est contre-intuitif : c'est presque toujours le critère final qui décide. En classe de service 1, exiger wfin ≤ L/240 avec kdef = 0,6 revient à imposer winst ≤ L/384, donc plus sévère que le critère instantané L/360. En classe de service 3, l'équivalent tombe à L/720. Un solivage jugé conforme sur la seule flèche instantanée peut donc être refusé à long terme.

La contre-flèche

La contre-flèche wc est une courbure vers le haut donnée à la poutre en atelier, qui se retranche de la flèche prise sous charge. L'EN 1995-1-1 (§ 7.2) définit ainsi la flèche nette, celle que l'œil perçoit une fois l'ouvrage chargé :

Flèche nette finale

wnet,fin = winst + wcreep wc

winst : flèche instantanée · wcreep : part de flèche due au fluage · wc : contre-flèche donnée à la fabrication · toutes en mm

Elle se pratique sur le lamellé-collé de grande portée et sur les poutres apparentes, où l'affaissement se voit bien avant de poser un problème structurel. On la cale généralement sur la part de flèche due aux charges permanentes — celle qui ne repartira jamais — plutôt que sur la flèche totale, sous peine de voir la poutre bomber vers le haut lorsque le bâtiment est peu chargé. Le solivage courant en bois massif, lui, n'est pas cintré en usine : la contre-flèche y est une exception, pas la règle.

Cet outil calcule winst et wfin, dont la contre-flèche se déduit ; il ne la retranche pas lui-même des flèches affichées.

Pour des éléments supportant des revêtements fragiles (carrelage, cloisons plâtre), un critère plus sévère (jusqu'à L/500) peut être exigé par les DTU ou le cahier des charges du projet.

Classes de résistance et module d'élasticité

La classe de résistance définit l'ensemble des propriétés mécaniques de calcul du bois. Les classes C (résineux) et D (feuillus) proviennent de l'EN 338, les classes GL (lamellé-collé) de l'EN 14080. Dans les deux systèmes, le nombre qui suit la lettre est la résistance caractéristique en flexion, en MPa : un C24 annonce 24 MPa. Quelques valeurs repères utilisées par l'outil :

Classefm,k (MPa)E0,mean (MPa)Usage courant
C18189 000Ossature, solivage courant
C242411 000Charpente et solivage (la référence en France)
D303010 000Feuillus (chêne), poutres apparentes
GL242410 800Lamellé-collé, grandes portées

Pour un calcul de flèche sans vérification normative, l'outil propose également une bibliothèque de plus de 200 essences (bois tempérés, africains, sud-américains, asiatiques) avec leur module d'élasticité moyen mesuré, utile pour les bois locaux ou exotiques non classés selon l'EN 338.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 32 tests automatisés construite sur des références externes, et non sur ses propres sorties.

  • Les six schémas statiques sont recoupés avec les solutions classiques de la résistance des matériaux. Moment fléchissant, effort tranchant et flèche sont recalculés indépendamment du moteur, puis comparés à ses sorties. Les valeurs coïncident exactement, pour la travée comme pour le porte-à-faux, charge centrée, excentrée ou répartie.
  • Les coefficients de l'Eurocode 5 sont réécrits indépendamment du moteur. L'effet de hauteur kh, la résistance de calcul fm,d, le cisaillement et le fluage kdef sont recalculés à partir du texte de la NF EN 1995-1-1. Les valeurs obtenues sont ensuite comparées à celles qu'affiche l'outil.
  • Les chiffres publiés ici viennent du moteur. L'abaque des charges admissibles est calculé par l'outil lui-même, et chaque valeur affichée est recoupée par un calcul direct écrit hors du moteur. Les coefficients kmod et les classes de résistance présentés plus haut sont comparés un à un aux constantes : la page ne peut pas afficher une valeur que l'outil n'utilise pas.
  • L'outil se recoupe dans les deux sens. Une charge donne une contrainte et une flèche. Réinjectées comme données d'entrée, celles-ci redonnent la charge de départ, sur les six configurations. Une charge ponctuelle placée à mi-portée retrouve exactement le cas centré.
  • Les saisies incomplètes ne produisent pas de résultat faux. Portée nulle, section vide, charge non numérique ou charge placée au-delà de l'extrémité de la poutre : l'outil n'affiche rien plutôt qu'une valeur trompeuse, et jamais de NaN. Chaque essence proposée dans la bibliothèque dispose bien de son module d'élasticité.

Références

  • NF EN 1995-1-1 (novembre 2005) — Eurocode 5 : conception et calcul des structures en bois, Partie 1-1 : généralités et règles communes et règles pour les bâtiments. Source du coefficient kmod (tableau 3.1), du coefficient de fluage kdef (tableau 3.2), de l'effet de hauteur kh (§ 3.2 et § 3.3), des coefficients partiels γM (§ 2.4.1), du cisaillement (§ 6.1.7) et des composantes de la flèche (§ 7.2, tableau 7.2). Le § 6.1.7 a été modifié par l'amendement NF EN 1995-1-1/A1 (octobre 2008).
  • NF EN 1995-1-1/NA (mai 2010) — Annexe Nationale française, qui fixe les conditions d'application de l'Eurocode 5 sur le territoire français.
  • NF EN 338 (juillet 2016) — Bois de structure, classes de résistance. Source des classes C (résineux) et D (feuillus). Remplace l'édition de décembre 2009 : méfiez-vous des tableaux qui circulent encore sous l'ancienne référence.
  • NF EN 14080 (août 2013) — Structures en bois, bois lamellé-collé et bois massif reconstitué, exigences. Source des classes GL.
  • NF EN 1990 (Eurocode 0, bases de calcul) et NF EN 1991-1-1 (Eurocode 1, poids volumiques, poids propres et charges d'exploitation) — origine des combinaisons 1,35·G + 1,50·Q aux états limites ultimes et des catégories de charges d'exploitation.
  • Glulam Handbook, adaptation française — chapitre « États limites de service » : composantes de la flèche, contre-flèche et module efficace Efin = E / (1 + kdef).

Questions fréquentes

Il n'existe pas de section universelle : elle dépend de la charge appliquée, de l'entraxe, de la classe de résistance du bois et du critère de flèche retenu. En pré-dimensionnement, une hauteur de l'ordre de L/15 à L/20 (soit 200 à 270 mm pour 4 m) donne un ordre de grandeur, à confirmer par le calcul complet de contrainte et de flèche avec les charges réelles du projet. Repère chiffré : sur 4 m de portée, une solive C24 de 75 × 200 mm accepte environ 172 daN/m, et une 100 × 250 mm environ 448 daN/m.

La charge admissible se lit sur l'abaque de cette page, ou se calcule directement avec l'outil en saisissant une contrainte ou une flèche cible plutôt qu'une charge : il en déduit la charge correspondante. Attention à ce qu'on entend par « charge » : une poutre supporte une charge linéique en daN/m, alors qu'un plancher se décrit en daN/m². Le passage de l'un à l'autre se fait par l'entraxe — une charge de 250 daN/m² reprise par des solives posées tous les 0,50 m donne 125 daN/m par solive.

Pour une poutre sur deux appuis, les critères usuels de la pratique française sont L/360 pour la flèche instantanée et L/240 pour la flèche finale, fluage inclus. Pour un porte-à-faux, ces limites sont assouplies à L/180 et L/120, la longueur de référence étant celle du porte-à-faux. Le tableau 7.2 de l'EN 1995-1-1 donne des plages plus larges et laisse le choix final au projet : un plancher recevant du carrelage ou des cloisons fragiles peut exiger un critère plus sévère, jusqu'à L/500.

Le bois flue : sous charge maintenue, la déformation augmente dans le temps. L'Eurocode 5 modélise ce phénomène par le coefficient kdef (0,6 en classe de service 1, 0,8 en classe 2, 2,0 en classe 3), et la flèche finale vaut environ winst × (1 + kdef). En classe de service 1, le critère final L/240 revient donc à imposer L/384 sur la flèche instantanée : il est plus sévère que le critère instantané L/360, et c'est presque toujours lui qui décide de la section. En classe 3, une poutre extérieure triple sa flèche initiale : un solivage conforme au critère instantané peut devenir non conforme à long terme.

La contre-flèche (notée wc dans l'EN 1995-1-1, § 7.2) est une courbure vers le haut donnée à la poutre en atelier, qui se retranche de la flèche prise sous charge. La flèche nette finalement visible vaut wnet,fin = winst + wcreep − wc. Elle se pratique sur le lamellé-collé de grande portée et sur les poutres apparentes, où l'affaissement se voit bien avant de poser un problème structurel. On la cale généralement sur la part de flèche due aux charges permanentes, celle qui ne repartira jamais. Le solivage courant en bois massif, lui, n'est pas cintré en usine.

Un porte-à-faux se traite comme une console encastrée : la longueur de référence L est celle de la partie en saillie, et non la portée totale de la pièce. Le moment maximal est à l'encastrement (M = F × L pour une charge en bout, M = q × L²/2 pour une charge répartie), et la flèche se mesure au bout libre. À portée égale, un porte-à-faux fléchit bien davantage qu'une travée : sous charge répartie, sa flèche vaut q·L⁴/(8·E·I) contre 5·q·L⁴/(384·E·I) sur deux appuis, soit 9,6 fois plus. C'est pourquoi les critères de flèche admis y sont plus souples (L/180 et L/120), tout en restant plus contraignants en valeur absolue.

Le C24 est un bois massif résineux classé selon l'EN 338 (fm,k = 24 MPa, E moyen = 11 000 MPa), limité par les sections disponibles en scierie. Le GL24 est un lamellé-collé classé selon l'EN 14080 : à résistance caractéristique voisine, il permet de grandes sections et portées, bénéficie d'un coefficient partiel γM réduit (1,25 au lieu de 1,30) et d'un effet de hauteur kh applicable jusqu'à 600 mm de hauteur, là où le bois massif en perd le bénéfice dès 150 mm.

Le kmod (tableau 3.1 de l'EN 1995-1-1) réduit la résistance caractéristique du bois pour tenir compte de la durée d'application de la charge et de l'humidité ambiante (classe de service). Il varie de 0,5 (charge permanente en milieu très humide) à 1,1 (charge instantanée en milieu sec) : une même poutre peut donc être vérifiée pour un poids propre permanent avec 40 % de résistance en moins que pour une rafale de vent.

Oui, systématiquement. Le cisaillement est rarement dimensionnant sur les poutres élancées, mais il gouverne les poutres courtes fortement chargées : sur l'abaque de cette page, c'est lui qui limite toutes les sections dès que la portée descend à 2 m. L'EN 1995-1-1 (§ 6.1.7) impose de calculer τ = 1,5·V / (kcr·b·h) pour une section rectangulaire, avec un coefficient de fissuration kcr = 0,67 qui réduit la largeur efficace pour tenir compte des fentes de retrait, et de comparer cette contrainte à fv,d.