PlomberieNF DTU 60.11 P3 · NF EN 12056-3

Dimensionnement des évacuations d'eaux pluviales

Débit de pluie, gouttière, chéneau encaissé, naissance, descente, EEP de toiture-terrasse et collecteur — la chaîne complète selon le NF DTU 60.11 Partie 3

Mis à jour le

1Toiture & pluie

Projets types
m
m

Projection horizontale, pas la longueur de rampant.

Le débit de pluie est réparti entre chaque point d'évacuation.

12 m8 m96égout — 2 descentes

Surface / descente

48

Surface

96 m²

Débit de pluie

4.8 l/s

Débit / descente

2.4 l/s

Intensité

0.05 l/s/m²

Cliquez un composant pour le configurer96 m² · 4.8 l/s2 descentes × 2.4 l/sGouttière 68 cm²Demi-ronde 33 (Dev 333)Descente DN 80Naissance DN 70RéseauCollecteur DN 125pente 1 % · 4.8 l/sCalculéInsuffisantNon renseigné

2Dimensionnement

Surface / gouttière

48

Section requise

68cm²

Débit / descente

2.4l/s
Modèle du commerceSection (cm²)Surface max (m²)Verdict
Demi-ronde 25 (Dev 250)5735Insuffisant
Demi-ronde 33 (Dev 333)11395Recommandé
Demi-ronde 40 (Dev 400)174180OK

La forme ne compte qu'au-delà du DN 160.

DN descente minimal

80mm

Débit admissible : 2.6 l/s

DN naissance

70mm

Surface max : 55 m² (cylindrique)

Débit / descente

2.4l/s
Tableau des descentes EP (taux de remplissage 0,20)
DN (mm)Débit admissible (l/s)Verdict
2 diamètres insuffisants masqués (DN 6065)
701.8Insuffisant
752.2Insuffisant
802.6Recommandé
853OK
903.5OK
954OK
1004.6OK
1106OK
14 diamètres supérieurs masqués (DN 120 300)

DN collecteur

125mm

DN descente : 80 mm

Débit max

6.8l/s

à 1 % de pente

Vitesse

0.9m/s

à 1 % de pente

Débit requis

4.8l/s

total 2 descentes

Tableau DN × pente — débits et vitesses (remplissage 70 %)

Débit requis : 4.8 l/s — les cellules teintées indiquent les combinaisons suffisantes.

PenteDN 100DN 125DN 150DN 200DN 225DN 250DN 300
0.5 %2.90.5 m/s4.80.6 m/s90.7 m/s16.70.8 m/s26.50.9 m/s31.61 m/s56.81.1 m/s
1 %4.20.8 m/s6.80.9 m/s12.81 m/s23.71.2 m/s37.61.3 m/s44.91.4 m/s80.61.6 m/s
1.5 %5.11 m/s8.31.1 m/s15.71.3 m/s29.11.5 m/s46.21.6 m/s551.7 m/s98.82 m/s
2 %5.91.1 m/s9.61.2 m/s18.21.5 m/s33.61.7 m/s53.31.9 m/s63.62 m/s114.22.3 m/s
2.5 %6.71.2 m/s10.81.4 m/s20.31.6 m/s37.61.9 m/s59.72.1 m/s71.12.2 m/s127.72.6 m/s
3 %7.31.3 m/s11.81.5 m/s22.31.8 m/s41.22.1 m/s65.42.3 m/s77.92.4 m/s1402.8 m/s
3.5 %7.91.5 m/s12.81.6 m/s24.11.9 m/s44.52.2 m/s70.62.5 m/s84.22.6 m/s151.23 m/s
4 %8.41.6 m/s13.71.8 m/s25.82.1 m/s47.62.4 m/s75.52.7 m/s902.8 m/s161.73.2 m/s
4.5 %8.91.7 m/s14.51.9 m/s27.32.2 m/s50.52.5 m/s80.12.8 m/s95.53 m/s171.53.4 m/s
5 %9.41.7 m/s15.32 m/s28.82.3 m/s53.32.7 m/s84.53 m/s100.73.1 m/s180.83.6 m/s

3Synthèse

Pluie

4.8 l/s

Gouttière

68 cm²

Naissance

DN 70

Descente

DN 80

Collecteur

DN 125

Gouttière 68 cm² (Demi-ronde 33 (Dev 333)) — naissance DN 70 — 2 descentes DN 80 — collecteur DN 125 à 1 %

Méthode de dimensionnement selon le NF DTU 60.11 Partie 3

Le NF DTU 60.11 Partie 3 (août 2013, indice P40-202-3) définit les règles de calcul des installations d'évacuation des eaux pluviales des bâtiments. Il couvre toute la chaîne : gouttières et chéneaux, chéneaux intérieurs ou encaissés, naissances, descentes, entrées d'eaux pluviales des toitures-terrasses et collecteurs horizontaux. Pour les chéneaux encaissés et les collecteurs, il reprend les méthodes de la NF EN 12056-3.

1

Calcul du débit de pluie

Le point de départ est le débit d'eau de pluie à évacuer. Il dépend de la surface de toiture projetée — la projection horizontale, et non la surface développée du rampant — et de l'intensité pluviométrique de référence :

Débit de pluie à évacuer

Q = A × r

Q : débit (l/s) · A : surface de toiture projetée en plan (m²) · r : intensité pluviométrique de référence, 0,05 l/s/m² en France métropolitaine et 0,075 l/s/m² dans les DROM

Ces deux intensités sont des forfaits : elles ne varient pas d'une région à l'autre du territoire métropolitain. En unités de chantier, 0,05 l/s/m² équivaut à 3 l/min/m², et 0,075 l/s/m² à 4,5 l/min/m².

2

Gouttières et chéneaux extérieurs

Deux cas se présentent selon la pente de l'ouvrage :

  • Avec pente (≥ 5 mm/m) : le dimensionnement s'appuie sur la formule de Bazin et le tableau de sections théoriques du DTU. La section minimale dépend de la surface de toiture desservie. Des corrections s'appliquent selon la forme : +10 % pour une section carrée ou rectangulaire, +20 % pour une section triangulaire.
  • Sans pente (≤ 3 mm/m) : le débit admissible est calculé par QL = 0,9 × QN, avec QN fonction de la section et de la forme.

Débit admissible d'une gouttière sans pente

Gouttière sans pente (NF EN 12056-3)

QN = k × AE1,25

Q_N : débit nominal (l/s) · A_E : section utile de la gouttière (mm²) · k = 2,78 × 10⁻⁵ pour une demi-ronde, 3,48 × 10⁻⁵ pour toute autre forme · le débit admissible retenu vaut Q_L = 0,9 × Q_N

L'exposant 1,25 mérite qu'on s'y arrête : la capacité croît plus vite que la section. Doubler la section utile multiplie le débit admissible par 2,4 (21,25 ≈ 2,38), parce qu'une gouttière plus grande est aussi plus profonde, donc hydrauliquement plus efficace. À l'inverse, une gouttière sous-dimensionnée se dégrade vite : perdre 20 % de section, c'est perdre 24 % de débit.

Correspondance développé ↔ section

Sur le terrain, les gouttières se désignent par leur développé — la largeur de la bande de métal avant façonnage — plutôt que par leur section utile. Pour passer du résultat du calcul au produit du commerce, retenez les équivalences des demi-rondes courantes : une dev 25 (développé 250 mm) offre environ 57 cm² de section pour ~35 m² de toiture desservie, une dev 33 environ 113 cm² pour ~95 m², et une dev 40 environ 174 cm² pour ~180 m². Le calculateur compare directement la section requise au catalogue des profils standards et signale le premier modèle compatible.

3

Quelle pente donner à une gouttière ou à un chéneau ?

C'est une question qui en cache deux, et les confondre mène à des erreurs de dimensionnement.

La pente de pose — celle que le couvreur donne réellement à l'ouvrage — relève du DTU de couverture concerné. Le NF DTU 60.11 P3 est un document de règles de calcul : il ne prescrit pas la pente à donner à une gouttière. Pour la mise en œuvre, c'est le DTU de la couverture posée qui fait foi.

La pente de calcul, elle, est bien dans le NF DTU 60.11 P3, sous forme de deux régimes distincts :

  • « Avec pente » à partir de 5 mm/m : dimensionnement par la formule de Bazin et le tableau de sections théoriques.
  • « Sans pente » jusqu'à 3 mm/m : dimensionnement par QL = 0,9 × QN, avec application du coefficient FL sur les chéneaux longs.

Entre 3 et 5 mm/m, la norme ne tranche pas. Le calcul prudent consiste à dimensionner en « sans pente », qui est le cas pénalisant — c'est le parti retenu par cet outil, et c'est celui qui protège en cas de sinistre.

4

Chéneaux intérieurs ou encaissés : coefficient FL

Un chéneau encaissé est un chéneau situé dans le volume du bâtiment — noyé dans la structure, en fond de noue ou derrière un acrotère — par opposition à une gouttière pendue en rive. La distinction n'est pas décorative : un débordement de gouttière tombe au sol, un débordement de chéneau encaissé se déverse à l'intérieur. Le calcul est donc plus sévère, et il suit la méthode de la NF EN 12056-3.

Débit admissible d'un chéneau encaissé

QL = 0,9 × 3,89 × 10⁻⁵ × AW1,25 × FL

Q_L : débit admissible (l/s) · A_W : section utile du chéneau (mm²) · F_L : coefficient d'évacuation, lu au Tableau A.1 ci-dessous · le facteur 0,9 traduit la marge de sécurité imposée aux ouvrages sans pente

Le coefficient d'évacuation FL intervient dès que le rapport L/W — longueur du chéneau divisée par la hauteur d'eau — dépasse 50. Un chéneau long et peu profond évacue moins bien qu'un chéneau court et creux de même section : l'eau doit parcourir une plus grande distance avant d'atteindre la naissance, et la ligne d'eau se relève. Sans pente, FL descend jusqu'à 0,60 ; avec pente, il monte jusqu'à 1,55.

Coefficient d'évacuation FL (Tableau A.1, Annexe A)

L/WSans pente4 mm/m6 mm/m8 mm/m10 mm/m
501.001.001.001.001.00
750.971.021.041.071.09
1000.931.031.081.131.18
1250.901.051.121.201.27
1500.861.071.171.271.37
1750.831.081.211.331.46
2000.801.101.251.401.55
2250.781.101.251.401.55
2500.771.101.251.401.55
2750.751.101.251.401.55
3000.731.101.251.401.55
3250.721.101.251.401.55
3500.701.101.251.401.55
3750.681.101.251.401.55
4000.671.101.251.401.55
4250.651.101.251.401.55
4500.631.101.251.401.55
4750.621.101.251.401.55
5000.601.101.251.401.55

Pour les chéneaux intérieurs sans pente (≤ 3 mm/m), le Tableau A.2 de l'Annexe A ajoute un coefficient de sécurité climatique de 1,5 ou 2, qui majore le débit requis en fonction de la surface réceptrice et de la valeur de FL. Un chéneau encaissé sans pente desservant une grande surface peut ainsi se voir imposer le double du débit brut de pluie.

5

Descentes d'eaux pluviales

Les descentes sont dimensionnées pour un taux de remplissage de 0,20 : une chute verticale ne coule jamais pleine, l'air doit pouvoir circuler à contre-courant sous peine de désamorcer les siphons et de faire gronder la colonne. Le DTU donne pour chaque diamètre nominal, du DN 60 au DN 300, le débit maximal admissible ; on retient le premier diamètre dont la capacité couvre le débit à évacuer.

Pour une descente de section rectangulaire, on passe par le diamètre équivalent :

Diamètre équivalent d'une section rectangulaire

Deq =
2 × a × ba + b

D_eq : diamètre équivalent (mm) · a et b : côtés de la section (mm) · c'est la moyenne harmonique des deux côtés : elle est toujours comprise entre a et b, et vaut a quand la section est carrée

La moyenne harmonique pénalise fortement les sections aplaties, et c'est voulu : une section 40 × 300 mm n'a qu'un diamètre équivalent de 71 mm, alors que sa surface est celle d'un cercle de 124 mm. Elle ne suffirait donc pas pour un débit exigeant un DN 80. L'outil signale ce cas plutôt que de l'accepter silencieusement.

6

Combien de descentes, et quelle surface par descente ?

C'est la question la plus fréquente, et elle n'a pas de réponse en « une descente tous les X m² » dans le NF DTU 60.11 P3. Le nombre de descentes est un résultat du calcul, pas une donnée : on répartit le débit total entre les points d'évacuation, puis on vérifie que chacun tient à la fois dans la capacité de son diamètre et dans la surface admissible de sa naissance.

Le tableau ci-dessous donne directement le résultat de cette double vérification, en France métropolitaine (0,05 l/s/m²). La colonne facteur limitant indique lequel des deux ouvrages plafonne le système :

DNDébit admissibleLimite descenteLimite naissanceSurface desservieFacteur limitant
DN 601,2 l/s244024descente
DN 701,8 l/s365536descente
DN 802,6 l/s527052descente
DN 903,5 l/s709170descente
DN 1004,6 l/s9211392descente
DN 1106,0 l/s120136120descente
DN 1207,6 l/s152161152descente
DN 1309,4 l/s188190188descente
DN 14011,4 l/s228220220naissance
DN 15013,7 l/s274253253naissance
DN 16016,3 l/s326287287naissance

Deux enseignements se lisent directement dans ce tableau. D'abord les ordres de grandeur à retenir : une descente DN 80 couvre environ 52 m², une DN 100 environ 92 m², une DN 120 environ 152 m². Ensuite un basculement que l'on oublie souvent : jusqu'au DN 130, c'est la descente qui limite ; à partir du DN 140, c'est la naissance. Sur les gros diamètres, augmenter la descente sans toucher à la naissance ne gagne plus rien.

En DROM, l'intensité passant de 0,05 à 0,075 l/s/m², toutes les surfaces de la colonne « limite descente » sont à multiplier par deux tiers.

7

Naissances (moignons)

La naissance, ou moignon, est la pièce de raccordement entre la gouttière ou le chéneau et la descente. Le rétrécissement brutal qu'elle impose à l'écoulement crée une perte de charge qui bride tout le système en amont — d'où le basculement observé au tableau précédent. Le DTU définit pour chaque diamètre une surface de toiture maximale à ne pas dépasser, et distingue au-delà du DN 160 les naissances cylindriques des naissances tronconiques, ces dernières étant nettement plus performantes.

En pratique, il est courant de devoir retenir une naissance d'un diamètre supérieur à celui de la descente pour ne pas brider l'installation.

8

Toitures-terrasses et EEP

Les toitures-terrasses avec revêtement d'étanchéité utilisent des Entrées d'Eaux Pluviales (EEP), aussi appelées avaloirs, directement raccordées à la membrane. Deux géométries coexistent :

  • Cylindriques : standard, moins performantes à diamètre égal.
  • Tronconiques : l'entonnement amorce l'écoulement et augmente sensiblement la surface drainable — 161 m² contre 113 m² en DN 100, soit +42 %.

Deux corrections réduisent ces surfaces. Une DEP de section carrée ou rectangulaire subit un abattement de 10 %. Et le DTU 43 peut imposer un diamètre majoré, qui réduit encore la surface drainée par EEP.

Au-delà du dimensionnement hydraulique, chaque zone de toiture-terrasse doit disposer soit de plusieurs entrées d'eaux pluviales, soit d'une EEP complétée par un trop-plein (déversoir) traversant l'acrotère. Ce trop-plein sert de témoin visuel d'engorgement et de sécurité contre la mise en charge accidentelle de l'étanchéité : une surcharge d'eau non évacuée peut dépasser la charge d'exploitation admissible de l'élément porteur. Les cotes exactes du trop-plein relèvent du NF DTU 43 correspondant au type de terrasse.

9

Collecteurs horizontaux

Les collecteurs enterrés ou en apparent sont dimensionnés par la formule de Prandtl-Colebrook à un taux de remplissage de 70 %, avec une rugosité de paroi kb = 1 mm. Le DTU croise les pentes courantes (0,5 % à 5 %) avec les DN 100 à 300 pour donner le débit maximal admissible.

Contrairement aux descentes, le collecteur reprend le débit total du bâtiment. Deux règles encadrent le choix du diamètre :

  • Pas de réduction dans le sens de l'écoulement : le DN du collecteur ne peut jamais être inférieur à celui de la plus grosse descente raccordée en amont.
  • La pente est un levier économique. Le débit admissible varie sensiblement comme la racine carrée de la pente : passer de 0,5 % à 2 % double environ la capacité à diamètre égal. Lorsque le terrain le permet, augmenter la pente coûte moins cher que de monter d'un diamètre.

Exemple de calcul complet : pavillon de 96 m² au sol

Déroulons la chaîne complète pour une toiture en pente de 12 m × 8 m en projection horizontale, en France métropolitaine, avec une gouttière demi-ronde par versant et 2 descentes (une par pignon).

Étape 1 : débit de pluie. Surface projetée A = 12 × 8 = 96 m², intensité r = 0,05 l/s/m² :

Q = 96 × 0,05 = 4,8 l/s

Étape 2 : répartition. Avec 2 descentes, chaque point d'évacuation reprend :

Qdesc =
4,82
= 2,4 l/s (soit 48 m² par descente)

Étape 3 : gouttière. Pour 48 m² desservis, l'interpolation du tableau des sections théoriques donne 68 cm² requis en demi-ronde. La dev 25 (57 cm², 35 m² max) est insuffisante : on retient une demi-ronde dev 33 (113 cm², 95 m² max).

Étape 4 : naissance et descente. Pour 48 m², une naissance DN 70 suffit (55 m² max). Pour 2,4 l/s au taux de remplissage 0,20, le tableau des descentes impose un DN 80 (2,6 l/s admissibles), car le DN 60 (1,2 l/s) et le DN 75 (2,2 l/s) sont insuffisants. En pratique, on aligne la naissance sur le DN 80 de la descente.

Étape 5 : collecteur. Le collecteur enterré reprend les 4,8 l/s totaux. À 1 % de pente, le DN 100 (4,2 l/s) est dépassé : on retient un DN 125 (6,8 l/s admissibles, remplissage 70 %), supérieur au DN 80 des descentes ; la règle de non-réduction est donc respectée.

Ce cheminement est exactement celui que le calculateur exécute en temps réel : modifiez une dimension ou le nombre de descentes ci-dessus et chaque maillon se redimensionne instantanément, avec le détail DTU de chaque étape.

Comment ce calcul est vérifié

Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 42 tests automatisés construite sur des références externes — la physique de l'écoulement et le texte des normes — et non sur ses propres sorties.

  • Le tableau des collecteurs est reconstruit depuis la physique. La formule de Prandtl-Colebrook est recodée indépendamment du moteur, avec la géométrie du segment circulaire à 70 % de remplissage, une rugosité kb = 1 mm et une viscosité de 1,31 × 10⁻⁶ m²/s. Les 70 valeurs publiées (7 diamètres × 10 pentes) sont retrouvées à 0,049 l/s près au pire — soit en deçà du pas d'arrondi de 0,05 l/s auquel le tableau lui-même est publié. L'écart quadratique moyen ressort à 0,30 %.
  • Les tables affichées sur cette page sont assertées contre le moteur. Les 95 cases du Tableau A.1 (coefficient FL) sont comparées une à une à une transcription manuelle de l'Annexe A, et la table « DN → surface desservie » est construite depuis les constantes de calcul : la page et l'outil ne peuvent pas diverger.
  • Les formules normatives sont réécrites indépendamment. QN = 2,78 × 10⁻⁵ × A1,25 pour les demi-rondes, 3,48 × 10⁻⁵ pour les autres formes, 3,89 × 10⁻⁵ pour les chéneaux encaissés, et Q = A × r pour le débit de pluie : chaque résultat du moteur est comparé au calcul direct.
  • Le diamètre équivalent est vérifié analytiquement. Deq = 2ab/(a+b) est la moyenne harmonique : elle redonne exactement le côté sur une section carrée et reste toujours encadrée par les deux côtés.
  • L'exemple chiffré publié ci-dessus est rejoué en entier — 96 m², 4,8 l/s, section 68 cm², dev 33, naissance DN 70, descente DN 80, collecteur DN 125 — et les entrées dégradées (surface vide, texte, valeurs négatives) ne produisent ni NaN ni diamètre fantaisiste.

Références

  • NF DTU 60.11 P3 (août 2013, indice de classement P40-202-3) — Travaux de bâtiment — Règles de calcul des installations de plomberie sanitaire et d'eaux pluviales — Partie 3 : évacuation des eaux pluviales. Source des intensités pluviométriques, des tableaux de sections théoriques, de descentes, de naissances, d'EEP et de collecteurs, ainsi que des Annexes A.1 et A.2. Remplace le DTU 60.11 d'octobre 1988.
  • NF EN 12056-3 (novembre 2000, EN 12056-3:2000) — Réseaux d'évacuation gravitaire à l'intérieur des bâtiments — Partie 3 : systèmes d'évacuation des eaux pluviales, conception et calculs. Source des formules en A1,25, du coefficient d'évacuation FL et de la méthode Prandtl-Colebrook pour les collecteurs.
  • FFB / UMGCCPDTU 60.11 : dimensionnement des évacuations des eaux pluviales, dossier technique de la Fédération Française du Bâtiment (mis à jour le 31 janvier 2020). Synthèse professionnelle de la méthode, utilisée ici pour recouper le découpage gouttières / chéneaux extérieurs / chéneaux encaissés / descentes / EEP.
  • NF DTU 43 (série) — Travaux d'étanchéité des toitures-terrasses. Source des dispositions de trop-plein et de la notion de diamètre majoré évoquées à l'étape 8.

Questions fréquentes

Il n'existe pas de règle en « une descente tous les X m² » dans le NF DTU 60.11 P3 : le nombre de descentes se déduit du calcul. On divise le débit de pluie total (surface projetée × 0,05 l/s/m² en métropole) par le nombre de points d'évacuation, puis on vérifie que chaque descente reste dans la capacité de son diamètre et dans la surface admissible de sa naissance.

En ordre de grandeur, en France métropolitaine, une descente DN 80 couvre environ 52 m² de toiture, une DN 100 environ 92 m² et une DN 120 environ 152 m². Au-delà du DN 130, ce n'est plus la descente qui limite mais la naissance : une naissance DN 150 plafonne à 253 m² alors que la descente pourrait en encaisser 274. Le tableau complet figure plus haut sur cette page.

Tout dépend de la position du chéneau. Un chéneau extérieur avec pente (≥ 5 mm/m) se dimensionne comme une gouttière : on lit la section théorique exigée par la surface desservie, puis on applique la correction de forme (+10 % pour une section carrée ou rectangulaire, +20 % pour une section triangulaire).

Un chéneau intérieur ou encaissé relève de la méthode reprise de la NF EN 12056-3. Le débit admissible vaut Q_L = 0,9 × Q_N × F_L, avec Q_N = 3,89 × 10⁻⁵ × A_W^1,25 (A_W en mm², Q_N en l/s) et F_L le coefficient d'évacuation qui intervient dès que le rapport L/W — longueur du chéneau divisée par la hauteur d'eau — dépasse 50. Pour un chéneau sans pente, un coefficient de sécurité climatique de 1,5 ou 2 vient en plus majorer le débit requis.

Attention à ne pas confondre deux questions différentes. La pente de pose relève du DTU de couverture concerné : le NF DTU 60.11 P3 est un document de règles de calcul, il ne prescrit pas la pente à donner à l'ouvrage.

Ce que le NF DTU 60.11 P3 fixe, ce sont les deux régimes de calcul : « avec pente » à partir de 5 mm/m, « sans pente » jusqu'à 3 mm/m. Entre les deux, le calcul prudent consiste à dimensionner en « sans pente », qui est le cas pénalisant. L'enjeu hydraulique est loin d'être marginal : sur un chéneau encaissé au rapport L/W = 200, le coefficient F_L passe de 0,80 sans pente à 1,55 à 10 mm/m, soit une capacité d'évacuation presque doublée à section identique.

Un chéneau encaissé est un chéneau situé à l'intérieur du volume du bâtiment, noyé dans la structure ou en fond de noue, par opposition à une gouttière pendue en rive de toiture. La différence n'est pas qu'esthétique : un débordement de gouttière tombe au sol, un débordement de chéneau encaissé se déverse dans le bâtiment.

C'est pourquoi le calcul est plus sévère. Il suit la méthode de la NF EN 12056-3, avec un coefficient d'évacuation F_L qui pénalise les chéneaux longs et peu profonds, et, pour les chéneaux sans pente, un coefficient de sécurité climatique qui majore le débit requis de 50 % ou de 100 % selon la surface réceptrice et la valeur de F_L.

Le NF DTU 60.11 P3 retient deux valeurs forfaitaires : 0,05 l/s/m², soit 3 l/min/m², pour la France métropolitaine, et 0,075 l/s/m², soit 4,5 l/min/m², pour les DROM. Ce sont des valeurs de calcul uniformes sur tout le territoire métropolitain.

La conséquence pratique mérite d'être connue : le dimensionnement ne varie pas selon que le bâtiment se trouve à Brest ou à Perpignan. Pour un ouvrage sensible, ou pour tenir compte d'une pluviométrie locale réellement plus sévère, il faut sortir du forfait et repartir d'une intensité issue de courbes intensité-durée-fréquence locales.

La descente est dimensionnée sur le débit qu'elle reprend, à un taux de remplissage de 0,20 — une chute verticale ne coule jamais pleine, l'air doit pouvoir circuler à contre-courant. Le NF DTU 60.11 P3 donne pour chaque diamètre nominal, du DN 60 au DN 300, le débit maximal admissible. On retient le premier diamètre dont la capacité couvre le débit à évacuer.

Pour une descente de section rectangulaire, on passe par le diamètre équivalent D_eq = 2ab/(a+b), la moyenne harmonique des deux côtés. Attention : une section très aplatie donne un D_eq bien inférieur à ce que sa surface laisse croire — une section 40 × 300 mm n'a qu'un diamètre équivalent de 71 mm, quand sa surface est celle d'un cercle de 124 mm. Enfin, une déviation de plus de 10° par rapport à la verticale fait sortir le tronçon du régime de chute : il se calcule alors comme un collecteur horizontal.

C'est la surface projetée en plan qu'il faut retenir : la projection horizontale de la toiture, longueur × largeur au sol, et non la surface développée du rampant. Une toiture très pentue n'augmente donc pas la surface de calcul, puisque la pluie tombe verticalement.

Chaque descente, chaque gouttière et chaque entrée d'eaux pluviales est ensuite dimensionnée pour la seule portion de surface qu'elle dessert réellement. Si le découpage est équilibré, c'est la surface totale divisée par le nombre de points d'évacuation ; s'il ne l'est pas, il faut dimensionner chaque point sur sa propre surface, en retenant la plus grande.

Les toitures-terrasses utilisent des Entrées d'Eaux Pluviales (EEP), aussi appelées avaloirs, directement raccordées au revêtement d'étanchéité. Chaque diamètre, du DN 50 au DN 200, a une surface maximale drainable, et la géométrie compte : une EEP tronconique draine nettement plus qu'une EEP cylindrique de même diamètre — 161 m² contre 113 m² en DN 100.

Deux corrections viennent réduire ces surfaces. Une DEP de section carrée ou rectangulaire subit un abattement de 10 %. Et le DTU 43 peut imposer un diamètre majoré, qui réduit encore la surface admissible par EEP. Au-delà du dimensionnement hydraulique, chaque zone de toiture-terrasse doit disposer soit de plusieurs entrées d'eaux pluviales, soit d'une EEP complétée d'un trop-plein traversant l'acrotère.

Le collecteur, enterré ou en apparent, est dimensionné par la formule de Prandtl-Colebrook à un taux de remplissage de 70 %. Le NF DTU 60.11 P3 croise le diamètre nominal (DN 100 à DN 300) et la pente (0,5 % à 5 %) pour donner le débit maximal admissible. Contrairement aux descentes, le collecteur reprend le débit total du bâtiment, pas la part d'une seule descente.

Deux règles encadrent le choix. Le diamètre du collecteur ne peut jamais être inférieur à celui de la plus grosse descente raccordée en amont : on ne réduit pas une section dans le sens de l'écoulement. Et augmenter la pente permet de réduire le diamètre — le débit admissible varie comme la racine carrée de la pente, si bien que passer de 0,5 % à 2 % gagne environ le double de débit à diamètre égal.

La NF EN 12056-3 (novembre 2000) est la norme européenne sur les systèmes d'évacuation des eaux pluviales des bâtiments. Le NF DTU 60.11 P3 (août 2013) est le document français d'application : il reprend une partie des méthodes européennes et conserve par ailleurs des règles issues de la pratique française.

Concrètement, le DTU a gardé la formule de Bazin pour les gouttières et chéneaux avec pente, ainsi que pour les naissances et les descentes. Il a en revanche importé de la NF EN 12056-3 le calcul des chéneaux intérieurs — les formules en A^1,25, le coefficient d'évacuation F_L et le coefficient de sécurité climatique — et la formule de Prandtl-Colebrook pour les collecteurs. C'est le DTU qui fait foi pour un marché de travaux en France.