Cuve de récupération d'eau de pluie
Guide ASTEE 2015 · NF P16-005Projet
Toiture
100 m²Projection au sol des pans raccordés à la cuve — pas la surface développée.
Pluviométrie
637 mm/anRépartition assez régulière sur l'année (Bassin parisien, Centre, Nord).
Normales de votre station sur Météo-FranceBesoins en eau
Usage soumis à déclaration et à une qualité d'eau de niveau A+ (arrêté du 12 juillet 2024).
Ratios C.I.Eau : WC 27,4 · lave-linge 16,4 L/j/occupant · arrosage 3 mm/j (juin → août).
Synthèse du dimensionnement
Guide ASTEE 2015Cuve du commerce : 10 000 L
DIN 1989-1
3,1m³NF P16-005
9m³Tableau récapitulatif
| Paramètre | Valeur | Note |
|---|---|---|
| Type de toiture | Toiture en pente, matière dure (tuile, ardoise) | KT = 0,9 |
| Coefficient global K | 0,81 | KT × KF 0,9 × KR 1 |
| Surface utile S | 100 | m² (projetée) |
| Pluviométrie P | 637 | mm/an |
| Besoin annuel B | 77,7 | m³/an |
| Récupérable Va | 51,6 | m³/an |
| Taux de recouvrement | 66 % | min(Va, B) / B |
| Cuve DIN 1989-1 | 3,1 | m³ |
| Cuve NF P16-005 | 9 | m³ |
| Volume retenu | 9 | NF P16-005 |
Méthodes annuelles/mensuelles du guide ASTEE 2015 (DIN 1989-1, NF P16-005), sans simulation journalière. Ratios de besoins C.I.Eau (moyennes nationales). Pluviométrie : normales indicatives 1991-2020 réparties selon un régime type — pour un dossier d'exécution, utilisez la station Météo-France la plus proche.
Calculez le volume de votre cuve ou citerne d'eau de pluie : réglez la surface de toiture, la pluviométrie locale et vos besoins directement sur le schéma, le volume utilisable du stockage et le bilan mensuel ressource/besoin sont recalculés à chaque geste.
Mis à jour le
Pourquoi dimensionner sa citerne plutôt que la choisir au catalogue
L'eau potable sert en France à de nombreux usages qui ne réclament pas cette qualité : alimentation des WC (environ 20 % de la consommation domestique), lavage du linge (12 %), arrosage du jardin, lavage des véhicules, nettoyage des surfaces extérieures. La récupération d'eau de pluie substitue une ressource gratuite à l'eau potable pour ces postes, tout en réduisant les rejets d'eaux pluviales vers le réseau.
Le volume conditionne directement la performance de l'installation, et les deux erreurs se paient. Une citerne sous-dimensionnée déborde en hiver et se vide dès les premières semaines sèches : le taux de couverture des besoins s'effondre alors que la ressource, elle, était disponible. Une citerne surdimensionnée coûte cher à l'achat comme au terrassement, et se renouvelle mal : l'eau y stagne, les impuretés flottantes s'accumulent faute de surverse régulière.
Quelle surface de toiture faut-il compter ?
C'est la première source d'erreur, et elle est facile à éviter. La surface utile de collecte est la surface projetée au sol du bâtiment, augmentée du dépassement de toiture (NF P 16-005, § 6.1.2.2). Elle est indépendante de la forme, du matériau et de l'inclinaison du toit.
Autrement dit : une toiture à deux pans de 45° développe environ 40 % de mètres carrés de tuiles en plus qu'un toit plat de même emprise, mais elle n'intercepte pas une goutte de pluie supplémentaire. C'est bien l'emprise au sol qu'il faut saisir, mesurée débord de toiture compris — pas la surface développée du rampant, ni la surface habitable.
Ne comptez enfin que la partie effectivement raccordée à la citerne. Sur une maison à quatre descentes dont deux partent au réseau d'eaux pluviales, la surface utile est la moitié de l'emprise.
La ressource récupérable : Va = K × S × P
Un millimètre de pluie sur un mètre carré représente exactement un litre d'eau. Le volume annuel récupérable est donc le produit de la surface utile de collecte, de la pluviométrie et d'un coefficient global de rendement qui encaisse les pertes.
Volume annuel récupérable
Va : volume récupérable (L/an) · K : coefficient global de rendement (0,81 pour une toiture en tuiles) · S : surface utile de collecte, projetée au sol (m²) · P : pluviométrie annuelle (mm)
Le coefficient global K est le produit de trois termes (NF P 16-005, § 6.1.2.3) : KT pour la toiture, KF pour la filtration en amont du stockage, KR pour l'état du réseau de collecte. Les trois sont inférieurs ou égaux à 1.
Coefficient global de rendement
KT : coefficient de toiture (voir tableau) · KF : filtration, 0,9 pour un système bien entretenu · KR : réseau, 1 pour un réseau conforme aux règles de l'art
Coefficient de toiture KT selon le revêtement
| Type de toiture | KT | Source |
|---|---|---|
| Toiture en pente, matière dure (tuile, ardoise) | 0,9 | NF P 16-005, Annexe F.1.1 |
| Toiture-terrasse revêtue de gravillons | 0,6 | NF P 16-005, Annexe F.1.1 |
| Toiture-terrasse à végétalisation extensive | 0,5 | Guide ASTEE 2015, p. 30 |
La NF P 16-005 situe KT « généralement entre 0,5 et 0,9 » et rattache ces valeurs aux travaux du CSTB sur les coefficients de ruissellement de toitures. Pour une maison en tuiles avec une filtration entretenue et un réseau court, on obtient donc K = 0,9 × 0,9 × 1 = 0,81.
Quels besoins retenir
La ressource ne suffit pas : c'est la rencontre entre ce que la toiture collecte et ce que le foyer consomme qui fixe le volume. L'outil chiffre les besoins poste par poste, à partir des ratios ci-dessous.
| Poste | Ratio retenu | Base |
|---|---|---|
| WC | 27,4 L/jour/occupant | 20 % de 137 L/jour (répartition C.I.Eau) |
| Lave-linge | 16,4 L/jour/occupant | 12 % de 137 L/jour (répartition C.I.Eau) |
| Arrosage | 3 L/m²/jour | Saison sèche de 3 mois (juin à août, 92 jours) |
| Lavage de véhicule | 200 L/lavage | Nombre de lavages annuels à saisir |
Ces ratios recoupent les fourchettes de la NF P 16-005 (Annexe F.2), qui compte 6 à 12 litres par chasse d'eau et 40 à 120 litres par cycle de lave-linge. Les besoins intérieurs sont supposés constants sur l'année ; l'arrosage n'est compté que sur les trois mois de temps sec, conformément au § 6.1.4.2.1 de la norme. Si votre consommation s'écarte de ces moyennes nationales, saisissez directement votre besoin annuel en m³.
DIN 1989-1 ou NF P 16-005 : quelle méthode retenir ?
Les deux méthodes partent du même plafond physique — le volume annuel récupérable Va — mais n'en tirent pas la même conclusion, parce qu'elles ne poursuivent pas le même objectif.
La méthode du volume utile de la DIN 1989-1 vise une durée d'autonomie. Son facteur 0,06 est l'arrondi de 21/365 : les 21 jours de période sèche statistique relevés en Allemagne. Cuve pleine, le volume obtenu couvre donc environ trois semaines de besoins.
Méthode du volume utile (DIN 1989-1)
V utile : volume utilisable du stockage (L) · B : besoin annuel en eau non potable (L/an) · Va : volume annuel récupérable (L/an) · 0,06 = 21 jours / 365 jours
La méthode de référence de la NF P 16-005 (§ 6.1.4.2), réservée aux maisons individuelles, vise au contraire un taux de couverture des besoins. Elle compare mois par mois la ressource au besoin sur cinq années consécutives, soit 60 mois. Chaque mois reçoit un coefficient Cm plafonné à 1 : un mois excédentaire ne rattrape jamais un mois sec, ce qui pénalise à juste titre les régimes contrastés.
Coefficient de référence Cref
Cm = 1 si la ressource du mois couvre le besoin, sinon Pprm / Bm · Pprm : volume récupérable du mois m · Bm : besoin du mois m · la somme porte sur 60 mois (5 ans)
Si Cref est inférieur à 0,65, la norme déclare la méthode inapplicable et renvoie à une simulation journalière (§ 6.1.5). Sinon, le volume de référence se déduit du besoin mensuel moyen :
Volume de référence (NF P 16-005)
V ref : volume utilisable du stockage (m³) · ΣBm / 60 : besoin mensuel moyen sur les 60 mois · Cref : coefficient de référence, entre 0,65 et 1
| Critère | DIN 1989-1 | NF P 16-005 |
|---|---|---|
| Origine | Norme allemande, référence européenne historique | Norme française |
| Champ d'application | Tous bâtiments (maison, collectif, tertiaire, industriel) | Maisons individuelles uniquement |
| Données nécessaires | Pluviométrie annuelle, besoin annuel | Pluviométrie mensuelle sur 5 ans, besoins mensuels |
| Prise en compte de la saisonnalité | Non (raisonnement annuel) | Oui, via le coefficient Cref |
| Objectif visé | Trois semaines d'autonomie, cuve pleine | Taux de couverture élevé des besoins sur l'année |
| Limite | Peut sous-estimer en régime irrégulier (méditerranéen) | Inapplicable si Cref < 0,65 → simulation journalière |
En pratique : pour une maison individuelle dont la NF P 16-005 est applicable (Cref ≥ 0,65), c'est elle qui fait référence en France ; dans tous les autres cas — bâtiment collectif, tertiaire, industriel, ou régime pluviométrique trop irrégulier — on retient la DIN 1989-1. L'outil applique automatiquement cette logique et affiche les deux résultats côte à côte.
Trois semaines ou dix semaines d'autonomie ?
C'est la question qui divise les sources, et elle mérite d'être posée franchement, parce que les volumes conseillés varient du simple au triple selon le raisonnement retenu.
Les trois semaines de la DIN 1989-1 ne sont pas un optimum économique : c'est la durée de la période sèche statistique allemande, calée sur un climat qui n'est pas partout le nôtre. Le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement retient de son côté une autonomie de deux à cinq semaines, et vise un taux d'assèchement — la proportion de jours où la citerne est vide — inférieur à 10 %. Plusieurs fournisseurs de citernes conseillent six à dix semaines de consommation, et la presse technique allemande relève que les outils en ligne y retiennent désormais cinq semaines plutôt que trois, sécheresses estivales aidant.
La méthode de référence de la NF P 16-005 échappe à ce débat : elle ne fixe aucune durée d'autonomie, mais un taux de couverture des besoins sur l'année. C'est pourquoi elle donne des volumes sensiblement supérieurs à la DIN pour une même maison — environ 5,7 m³ contre 3,1 m³ sur l'exemple ci-dessous — et pourquoi elle refuse de répondre quand la pluviométrie est trop irrégulière pour qu'un volume mensuel moyen ait un sens.
Notre lecture : partez du volume de référence NF P 16-005 quand il est disponible, et considérez le résultat DIN comme le plancher en dessous duquel l'installation perd son intérêt. Entre les deux, l'arbitrage se fait sur le budget, la place disponible et le coût du terrassement — pas sur la norme.
Exemple de calcul pas à pas
Prenons une maison de 4 occupants en région parisienne : toiture en tuiles de 100 m² d'emprise au sol, pluviométrie annuelle de 640 mm, eau de pluie destinée aux WC et au lave-linge.
Étape 1 : la ressource récupérable. Le coefficient global vaut K = KT × KF × KR = 0,9 × 0,9 × 1,0 = 0,81 (toiture en pente dure, filtration entretenue, réseau aux règles de l'art) :
Étape 2 : les besoins annuels. WC = 27,4 L/j × 4 occupants × 365 j ≈ 40 000 L/an, lave-linge = 16,4 L/j × 4 × 365 ≈ 23 950 L/an, soit un besoin B ≈ 63 950 L/an. La ressource (≈ 51 840 L) ne couvre donc qu'environ 81 % des besoins : c'est le taux de recouvrement affiché par l'outil.
Étape 3 : le volume du stockage. La méthode du volume utile dimensionne sur la plus petite des deux valeurs :
La méthode de référence de la NF P 16-005, qui met en regard mois par mois la pluviométrie et les besoins, donne pour ce même cas un coefficient Cref ≈ 0,81 — donc supérieur au seuil de 0,65 — et un volume de référence de ≈ 5,7 m³. C'est elle qui est retenue en maison individuelle. On choisit ensuite le premier volume du commerce qui la couvre, soit 6 000 L (gammes courantes : 1 000, 1 500, 2 000, 3 000, 4 000, 5 000, 6 000, 8 000, 10 000 L…).
Cet ordre de grandeur recoupe l'exemple d'application publié par la norme elle-même (Annexe F.3) : une maison de 4 personnes avec 110 m² de toiture et K = 0,81 y aboutit à 5,0 m³ à Strasbourg pour des usages intérieurs seuls.
Du volume calculé à l'installation : enterrée ou hors-sol, béton ou polyéthylène
Le volume calculé oriente directement le type d'installation. Jusqu'à 1 m³ environ et pour un usage d'arrosage seul, un récupérateur hors-sol raccordé à une descente de gouttière est la solution la plus économique, à condition de le vidanger avant les gelées. Au-delà, et systématiquement pour les usages intérieurs (WC, lave-linge), on retient une citerne enterrée : l'eau y est protégée du gel, de la lumière et des écarts de température, trois facteurs qui conditionnent sa qualité dans le temps.
Côté matériau, le polyéthylène domine les volumes courants (1 à 10 m³) : cuve légère, manutentionnable sans gros engin de levage, mais qui exige un lit de pose et un remblai soignés et peut nécessiter des dispositions particulières en présence de nappe ou de passage de véhicules. Le béton s'impose sur les gros volumes et les zones circulées ; il présente aussi l'avantage de neutraliser légèrement l'acidité naturelle de l'eau de pluie, ce qui protège les équipements en aval.
Dans les deux cas, prévoyez l'arrivée d'eau en fond de cuve avec brise-jet (pour ne pas remettre les sédiments en suspension), une aspiration flottante et un trop-plein siphonné dirigé vers l'infiltration ou le réseau d'eaux pluviales. Attention enfin à ne pas confondre volume géométrique et volume utilisable : la réserve morte en fond de cuve et le vide d'air sous le trop-plein retirent quelques centaines de litres à la contenance annoncée. Certaines collectivités et agences de l'eau subventionnent l'installation : renseignez-vous en mairie avant de lancer le chantier.
Réglementation et points de vigilance
Cadre réglementaire (décret n° 2024-796 et arrêté du 12 juillet 2024)
- Depuis le 1er septembre 2024, ces deux textes remplacent l'arrêté du 21 août 2008, abrogé.
- Eaux éligibles : eaux de pluie collectées à l'aval de surfaces inaccessibles — couvertures autres qu'en amiante ou en plomb.
- Usages sans démarche au titre du code de la santé publique : évacuation des excrétas (WC), arrosage des jardins potagers, des espaces verts et des toitures et murs végétalisés, nettoyage des surfaces extérieures dont le lavage des véhicules.
- Lavage du linge : soumis à déclaration, avec une qualité d'eau de niveau A+.
- Interdiction stricte de toute interconnexion avec le réseau d'eau potable : l'appoint se fait par disconnexion « surverse totale » avec garde d'air visible, complète et libre.
- Signalisation « eau non potable » et dispositif de verrouillage aux points de soutirage.
- Carnet sanitaire à jour, entretien a minima annuel et surveillance de la qualité à la charge du responsable de l'installation.
- Déclaration en mairie obligatoire si rejet au réseau d'assainissement collectif (article R. 2224-19-4 du CGCT).
- Établissements recevant un public sensible : régime distinct et plus restrictif — vérifier l'usage visé auprès de l'ARS.
- Contrôle des installations : arrêté du 17 décembre 2008, toujours en vigueur.
Comment ce calcul est vérifié
Le moteur de cet outil est couvert par une suite de 41 tests automatisés construite sur des références externes, et non sur ses propres sorties.
- Les formules de la NF P 16-005 sont réécrites indépendamment du moteur, à partir du texte de la norme seul, puis appliquées à quatre régimes climatiques français. Le coefficient de référence Cref, le seuil de 0,65 et le volume de référence coïncident au chiffre près avec ce que l'outil affiche. Le volume obtenu pour une maison de 4 personnes se tient dans l'ordre de grandeur de l'exemple d'application publié par la norme (5,0 m³ à Strasbourg).
- Les coefficients de rendement sont contrôlés un à un sur la norme. KT vaut 0,9 pour les tuiles inclinées et 0,6 pour la terrasse gravillonnée ; KF vaut 0,9 pour une filtration entretenue et KR vaut 1 pour un réseau aux règles de l'art. Chaque KT est en outre vérifié dans la plage de 0,5 à 0,9 que la norme lui assigne.
- Les tableaux publiés sur cette page sont assertés contre les constantes du moteur. Coefficients de toiture et ratios de besoins sont comparés valeur par valeur : si l'un des deux dérivait un jour, les tests échoueraient. Les ratios WC et lave-linge sont par ailleurs recoupés avec les fourchettes de la norme — 6 à 12 litres par chasse, 40 à 120 litres par cycle de lave-linge.
- Le facteur 0,06 de la DIN 1989-1 est remonté à sa signification physique : le volume rendu par le moteur, divisé par le besoin quotidien, redonne 21,9 jours d'autonomie, soit les trois semaines de période sèche visées par la méthode.
- Entrées dégradées : surface vide, négative ou non numérique, pluviométrie nulle, aucun usage coché, type de toiture inconnu. Aucun de ces cas ne produit de volume fantaisiste, mais un résultat vide et un message. Chaque champ affiché est par ailleurs vérifié comme agissant réellement sur le volume retenu.
Références
- NF P 16-005 (octobre 2011) — Systèmes de récupération de l'eau de pluie pour son utilisation à l'intérieur et à l'extérieur des bâtiments. Source de la méthode de référence (§ 6.1.4.2), de la définition de la surface utile de collecte (§ 6.1.2.2), du coefficient global de rendement (§ 6.1.2.3), du cas des usages externes seuls (§ 6.1.4.1) et des coefficients de l'Annexe F. C'est la méthode détaillée reprise par cet outil.
- NF EN 16941-1 (mars 2024) — Systèmes d'eau non potable sur site, Partie 1 : systèmes pour l'utilisation de l'eau de pluie. Norme européenne aujourd'hui en vigueur pour ces installations, qui remplace l'édition de janvier 2018.
- DIN 1989-1 (avril 2002) — Regenwassernutzungsanlagen, Teil 1. Source de la méthode du volume utile et du facteur 0,06. Cette norme a été retirée et remplacée en juillet 2022 par la DIN 1989-100 ; la méthode reste largement relayée en France, notamment par le guide ASTEE.
- Guide technique ASTEE, 1re édition, 2015 — « Récupération et utilisation de l'eau de pluie », groupe de travail de la commission Eau potable de l'ASTEE. Source du coefficient KT de 0,5 pour une toiture-terrasse à végétalisation extensive (p. 30). À noter pour qui consulte ce guide : la formule du volume utile imprimée p. 32 pose un facteur 0,6, incompatible avec les « trois semaines de besoins » énoncées dans le même paragraphe — c'est bien 0,06 qu'il faut lire, et c'est la valeur retenue ici.
- CSTB — travaux de caractérisation des coefficients de ruissellement de toitures, dont la NF P 16-005 et le guide ASTEE tirent par extrapolation les valeurs de KT.
- Décret n° 2024-796 du 12 juillet 2024 relatif à des utilisations d'eaux impropres à la consommation humaine, et arrêté du 12 juillet 2024 relatif aux conditions sanitaires d'utilisation d'eaux impropres à la consommation humaine pour des usages domestiques. En vigueur depuis le 1er septembre 2024, ils abrogent l'arrêté du 21 août 2008.
- Arrêté du 17 décembre 2008 relatif au contrôle des installations privatives de distribution d'eau potable, des ouvrages de prélèvement, puits et forages et des ouvrages de récupération des eaux de pluie. Toujours en vigueur.
- Centre d'information sur l'eau (C.I.Eau) — répartition de la consommation domestique française par usage, dont sont tirés les ratios WC (20 %) et lave-linge (12 %).
- Météo-France — normales climatiques 1991-2020, à l'origine des pluviométries proposées par ville.
- Méthodes mensuelles, pas de simulation journalière. L'outil applique la méthode de référence de la NF P 16-005 et la méthode du volume utile de la DIN 1989-1, toutes deux fondées sur des bilans mensuels ou annuels. Le taux d'assèchement — la proportion de jours où la citerne est vide — ne se déduit que d'une simulation au pas de temps journalier sur dix années de données, que la norme réserve aux projets sortant de ce cadre (§ 6.1.5).
- Maison individuelle pour la méthode de référence. La NF P 16-005 ne l'autorise que là, et seulement si Cref ≥ 0,65. Bâtiment collectif, tertiaire ou industriel, ou régime pluviométrique trop irrégulier : l'outil bascule automatiquement sur la DIN 1989-1, qui s'applique à tous les bâtiments.
- Pluviométrie : normales par ville, à affiner pour un dossier d'exécution. Les valeurs proposées sont des normales annuelles 1991-2020 réparties sur douze mois selon un régime climatique type, et non la série réelle d'une station. La norme demande cinq années consécutives de la station la plus proche non séparée du site par un obstacle montagneux : saisissez-les mois par mois si vous les avez.
- Le volume calculé est un volume utilisable, pas une contenance catalogue. Il ne comprend ni la réserve morte laissée en fond de cuve par l'aspiration flottante, ni le vide d'air sous le trop-plein. Le dimensionnement de la pompe, de la filtration et de l'évacuation du trop-plein relève d'une autre étude : pour l'évacuation des eaux pluviales de la toiture, utilisez l'outil évacuation des eaux pluviales.
Questions fréquentes
Le calcul se fait en trois temps. On établit d'abord la ressource : Va = K × S × P, où S est la surface de toiture projetée au sol (m²), P la pluviométrie annuelle (mm) et K le coefficient global de rendement (0,81 pour une toiture en tuiles). On chiffre ensuite les besoins annuels en eau non potable, poste par poste. On en déduit enfin le volume utilisable du stockage : la méthode de référence de la NF P 16-005 compare mois par mois la ressource aux besoins, la méthode du volume utile de la DIN 1989-1 retient 6 % du plus petit des deux totaux annuels.
Attention à ne pas confondre ce calcul avec le volume géométrique de la citerne elle-même : pour une cuve cylindrique couchée, c'est π × rayon² × longueur ; pour une cuve rectangulaire, longueur × largeur × hauteur. Le volume utilisable est toujours inférieur au volume géométrique, l'aspiration flottante et le trop-plein laissant une réserve morte en fond de cuve et un vide d'air en partie haute.
Pour une maison de 4 occupants en région parisienne (toiture de 100 m², environ 640 mm/an) alimentant les WC et le lave-linge, la méthode de référence de la NF P 16-005 donne environ 5,7 m³ et la méthode du volume utile de la DIN 1989-1 environ 3,1 m³. On retient la première en maison individuelle, puis le premier volume du commerce qui la couvre, soit 6 000 L.
L'écart entre les deux méthodes n'a rien d'anormal : la DIN vise trois semaines d'autonomie, la NF P 16-005 vise un taux de couverture élevé des besoins sur l'année. Changez la pluviométrie, la surface de toiture ou les usages et l'ordre de grandeur bouge nettement — c'est précisément ce que l'outil calcule.
La surface utile de collecte est la surface projetée au sol du bâtiment, augmentée du dépassement de toiture (NF P 16-005, § 6.1.2.2). Elle est donc indépendante de la forme, du matériau et de l'inclinaison du toit : une toiture à deux pans de 45° développe beaucoup plus de mètres carrés de tuiles, mais n'intercepte pas une goutte de plus qu'un toit plat de même emprise.
Ne comptez que la partie effectivement raccordée à la citerne. Si deux descentes sur quatre partent au réseau d'eaux pluviales, la surface utile est la moitié de l'emprise, pas sa totalité.
Le coefficient global K est le produit de trois termes : KT pour la toiture, KF pour la filtration, KR pour le réseau de collecte. La NF P 16-005 (Annexe F.1) situe KT entre 0,5 et 0,9 et donne deux valeurs témoins : 0,9 pour un bac métallique ou des tuiles inclinées, 0,6 pour une terrasse sous protection meuble (étanchéité sous granulats). Le guide ASTEE 2015 ajoute 0,5 pour une toiture-terrasse à végétalisation extensive.
KF vaut 0,9 pour une filtration bien entretenue, et KR vaut 1 pour un réseau conforme aux règles de l'art — le cas courant en maison individuelle, où les réseaux sont courts. D'où le K = 0,9 × 0,9 × 1 = 0,81 retenu pour une toiture en tuiles.
Trois semaines pour la DIN 1989-1 : son facteur 0,06 correspond aux 21 jours de période sèche statistique relevés en Allemagne (21/365 = 0,0575). C'est une cible d'autonomie, pas un optimum économique.
La pratique actuelle vise plus large — de deux à cinq semaines pour le Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement, davantage chez plusieurs fournisseurs de citernes. La presse technique allemande relève d'ailleurs que les outils en ligne y retiennent aujourd'hui cinq semaines plutôt que trois, sécheresses estivales aidant. La méthode de référence de la NF P 16-005 raisonne autrement : elle ne fixe pas d'autonomie mais un taux de couverture des besoins, ce qui la rend sensible à la saisonnalité des pluies.
La méthode de référence de la NF P 16-005 devient inapplicable et la norme renvoie à une simulation ad hoc au pas de temps journalier (§ 6.1.5). Cref est la moyenne des 60 coefficients mensuels d'une période de cinq ans, chacun plafonné à 1 : un mois excédentaire ne rattrape jamais un mois sec, ce qui pénalise les régimes très contrastés.
C'est le cas typique du pourtour méditerranéen — l'exemple d'application de la norme relève un Cref de 0,609 à Marignane. L'outil bascule alors sur la méthode du volume utile de la DIN 1989-1 et le signale.
Depuis le 1er septembre 2024, le cadre est fixé par le décret n° 2024-796 et l'arrêté du 12 juillet 2024, qui ont abrogé l'arrêté du 21 août 2008. Sans démarche au titre du code de la santé publique : évacuation des excrétas (WC), arrosage des jardins potagers et des espaces verts, nettoyage des surfaces extérieures dont le lavage des véhicules. Le lavage du linge relève d'une déclaration et d'une qualité d'eau A+.
L'eau de pluie reste interdite à la consommation humaine, et les établissements recevant un public sensible relèvent d'un régime distinct, plus restrictif.
Oui, la déclaration en mairie est obligatoire dès lors que les eaux de pluie utilisées à l'intérieur du bâtiment sont rejetées au réseau d'assainissement collectif (article R. 2224-19-4 du code général des collectivités territoriales) : elle permet à la collectivité de calculer la redevance d'assainissement correspondante. S'y ajoute, depuis l'arrêté du 12 juillet 2024, une déclaration au titre du code de la santé publique pour les usages qui l'exigent — le lavage du linge notamment.
Pour un simple arrosage saisonnier, un récupérateur hors-sol de 300 à 1 000 L suffit souvent ; il doit être vidangé avant l'hiver. Dès que le stockage alimente des usages intérieurs (WC, lave-linge) ou dépasse 2 à 3 m³, la citerne enterrée s'impose : l'eau y reste à l'abri du gel, de la lumière (pas de développement d'algues) et à température fraîche et stable, ce qui limite les risques sanitaires liés à la stagnation.
Le trop-plein doit être dirigé vers l'infiltration sur la parcelle (puits ou tranchée d'infiltration) ou, à défaut, vers le réseau d'eaux pluviales, avec un clapet anti-retour pour éviter tout refoulement vers la cuve. Il ne doit jamais être rejeté vers le fonds voisin ni raccordé au réseau d'eaux usées sans accord du service d'assainissement.
Un trop-plein qui déborde de temps en temps n'est pas le signe d'une erreur de dimensionnement : c'est le renouvellement de l'eau qui garantit sa qualité. Une citerne qui ne déborde jamais est une citerne trop grande, où les impuretés flottantes s'accumulent.
Pour aller plus loin