DTU 60.11 · Colebrook

Pertes de charges simplifié selon DTU 60.11

Abaque graphique
Abaque pertes de charge ECS DTU 60.11

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Abaque officiel du NF DTU 60.11 P1-2 (détermination graphique des pertes de charge) — version affichée : eau chaude (> 40 °C).

Résolution numérique
Paramètres de la canalisation
°C
Données d'entrée

Remplissez l'une des deux options pour calculer :

m³/h
l/s
m/s
Longueur du tronçon · option

Renseignez la longueur pour obtenir la perte de charge totale (J × L) en plus de la perte unitaire.

m
Résultats
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Perte de charge linéaire par diamètre commercial : la méthode simplifiée du NF DTU 60.11 et le calcul exact Colebrook-White, affichés côte à côte pour mesurer la marge entre les deux.

Mis à jour le

Comprendre et Calculer les Pertes de Charge : La Méthode Simplifiée du DTU 60.11

En plomberie, la conception d'un réseau de distribution d'eau efficace passe par une maîtrise des pertes de charge. Celles-ci représentent la diminution de la pression de l'eau due aux frottements dans les canalisations : plus le tube est long, étroit ou rugueux, et plus l'eau circule vite, plus la pression chute entre le compteur et le point de puisage. Le NF DTU 60.11 (Règles de calcul des installations de plomberie sanitaire), document technique de référence en France, propose des méthodes de calcul précises. Parmi elles, une approche simplifiée permet d'estimer rapidement la perte de charge linéaire, un atout majeur pour les professionnels en phase d'étude comme sur le chantier.

La base théorique : de Colebrook à la simplification

Le calcul théorique des pertes de charge, notées ΔP, se base sur l'équation de Darcy-Weisbach, qui fait intervenir un coefficient de perte de charge Λ (Lambda). Ce coefficient est lui-même déterminé par la formule de Colebrook-White :

Colebrook-White — coefficient de perte de charge

1√Λ
=2 log(
ε3,71 × D
+
2,51Re × √Λ
)

Λ : coefficient de frottement (sans unité) · ε : rugosité absolue de la paroi (m) · D : diamètre intérieur (m) · Re : nombre de Reynolds. Équation implicite en Λ : notre solveur la résout par dichotomie. La constante au dénominateur s'écrit 3,7 ou 3,71 selon les ouvrages ; nous retenons 3,71, l'écart sur Λ restant inférieur à 0,1 %.

Cette équation prend en compte la rugosité des parois (ε), le diamètre intérieur de la canalisation (D) et le nombre de Reynolds (Re), qui caractérise le régime d'écoulement du fluide (laminaire ou turbulent). Implicite en Λ, elle exige une résolution itérative : très précise, elle reste difficile à utiliser pour des calculs rapides à la main. C'est cette méthode complète que notre calculateur applique dans la colonne « J (Pa/m) », avec la rugosité réelle du matériau que vous sélectionnez.

L'hypothèse clé de la simplification du DTU 60.11

Pour faciliter le travail des concepteurs et installateurs, le DTU 60.11 propose une simplification basée sur une hypothèse réaliste : une rugosité (ε) conventionnelle de 0,0001 m (0,1 mm). Cette valeur n'est pas celle du matériau neuf, mais une valeur moyenne qui anticipe la formation de dépôts et l'entartrage de la canalisation après plusieurs mois d'utilisation. C'est une approche pragmatique et sécuritaire, qui garantit la performance du réseau (débit et pression aux points de puisage) sur toute sa durée de vie.

Les formules simplifiées : eau froide et eau chaude

Avec cette rugosité fixée, la résolution itérative de Colebrook disparaît et on aboutit à deux formules directes donnant la perte de charge linéaire J (perte de pression par mètre de tuyau), selon la température de l'eau : la viscosité de l'eau chaude étant plus faible, les exposants diffèrent légèrement.

Pour l'eau froide sanitaire (température ≤ 40 °C) :

J=
4,12 × V1,848D1,279

Pour l'eau chaude sanitaire (température > 40 °C) :

J=
3,8 × V1,896D1,276
  • J : perte de charge linéaire en mètres de colonne d'eau par mètre (mCE/m) (multipliez par 1 000 pour l'exprimer en mmCE/m) ;
  • V : vitesse de l'eau en mètres par seconde (m/s) ;
  • D : diamètre intérieur de la canalisation en millimètres (mm).

Pour convertir : 1 mCE ≈ 9 810 Pa ≈ 0,098 bar. C'est ce calcul que notre outil affiche dans la colonne « Simpl. (mmCE/m) », en basculant automatiquement d'une formule à l'autre selon la température saisie.

Méthode de calcul pas à pas, avec exemple

Pour calculer la perte de charge d'un tronçon selon la méthode simplifiée du DTU 60.11 :

  1. Déterminez la vitesse V à partir du débit du tronçon et de la section intérieure du tube : V = Q / S, avec S = π × D² / 4. Notre calculateur fait cette conversion pour tous les diamètres normalisés du matériau choisi.
  2. Vérifiez la vitesse : elle doit rester dans les bornes recommandées (voir ci-dessous), sinon changez de diamètre.
  3. Appliquez la formule correspondant à la température (eau froide ou eau chaude) pour obtenir J.
  4. Multipliez par la longueur du tronçon : ΔP = J × L, puis ajoutez les pertes singulières et celles des appareils pour obtenir la perte de charge totale du parcours.

Exemple : tube de diamètre intérieur 20 mm, eau froide à 20 °C, vitesse de 1 m/s :

J=
4,12 × 11,848201,279
0,089 mCE/m 89 mmCE/m

Sur un tronçon de 12 m, la perte de charge linéaire totale vaut ΔP = 0,089 × 12 ≈ 1,07 mCE, soit environ 0,10 bar. Cette valeur entre ensuite dans le bilan de pression du réseau : pression au compteur − hauteur géométrique − pertes de charge (linéaires + singulières + appareils) ≥ pression résiduelle requise au point de puisage le plus défavorisé.

Vitesses de circulation à respecter (DTU 60.11)

Le dimensionnement ne se résume pas à minimiser la perte de charge : la vitesse de l'eau doit rester dans une plage précise. Trop élevée, elle génère du bruit, des coups de bélier et une érosion prématurée des parois (particulièrement sensible sur le cuivre en ECS). Trop faible, elle favorise la stagnation, les dépôts et le développement bactérien, un enjeu sanitaire majeur pour la prévention des légionelles dans les réseaux d'eau chaude.

  • Eau froide sanitaire (≤ 40 °C) : vitesse recommandée entre 0,5 et 1,5 m/s ;
  • Eau chaude sanitaire (> 40 °C) : vitesse recommandée entre 0,5 et 2 m/s.

Le tableau de résultats de notre calculateur applique automatiquement ces bornes et surligne les diamètres conformes : le premier diamètre conforme est généralement le diamètre économique du tronçon.

Rugosité selon le matériau : quand affiner avec Colebrook

La méthode simplifiée retient une rugosité unique de 0,1 mm, quel que soit le tube posé. Or les matériaux modernes (PER, multicouche, polypropylène) présentent des parois beaucoup plus lisses : pour ces tubes, la formule simplifiée surestime la perte de charge, ce qui va dans le sens de la sécurité mais peut conduire à surdimensionner. Notre outil calcule donc en parallèle la perte de charge exacte par Colebrook-White avec la rugosité réelle du matériau sélectionné :

MatériauRugosité k (mm)Usage courant
Tube acier0,10 à 0,15Réseaux bouclés, colonnes techniques ; sensible à la corrosion et à l’entartrage
Tube fonte0,25Réseaux anciens ou enterrés ; rugosité la plus élevée du catalogue
Tube cuivre0,01Distribution sanitaire traditionnelle ; paroi lisse
PER (PEX)0,007Distribution en pieuvre ou en repiquage ; très lisse
PP PN16 / PN200,007Colonnes et distribution en polypropylène
Multicouche0,0004 à 0,007Selon fabricant ; parmi les parois les plus lisses du marché

De combien la méthode simplifiée s'écarte-t-elle, et dans quel sens ?

La rugosité conventionnelle de 0,1 mm place la méthode simplifiée au milieu du catalogue des matériaux. Elle n'est donc pas sécuritaire partout : elle majore la perte de charge sur les tubes plus lisses que 0,1 mm, mais elle la sous-estime sur les tubes plus rugueux. Voici les écarts que nous mesurons entre la colonne « Simpl. » et la colonne « J » (Colebrook), sur les diamètres dont la vitesse reste dans les bornes admissibles :

  • Multicouche très lisse (k = 0,0004 mm) : la simplifiée majore d'environ 34 % ;
  • PER (k = 0,007 mm) : majoration d'environ 30 % ;
  • Cuivre (k = 0,01 mm) : majoration d'environ 28 % ;
  • Acier k = 0,10 mm : les deux méthodes coïncident à 1 % près — c'est exactement la rugosité conventionnelle du DTU ;
  • Acier k = 0,15 mm : la simplifiée sous-estime d'environ 8 % ;
  • Fonte (k = 0,25 mm) : elle sous-estime d'environ 20 %.

Retenez le sens de l'erreur : sur du cuivre ou du multicouche neuf, la méthode simplifiée vous fait prendre de la marge, au prix d'un possible surdimensionnement. Sur de l'acier rugueux ou de la fonte — typiquement un réseau ancien que vous reprenez — elle annonce une perte de charge inférieure à la réalité, et c'est le sens qui pose problème pour garantir la pression au point le plus défavorisé. Dans ce cas, fiez-vous à la colonne Colebrook.

La comparaison des deux colonnes (« J » Colebrook et « Simpl. » DTU) vous permet donc de mesurer la marge réellement prise sur votre configuration. Le calcul Colebrook gère par ailleurs les fluides glycolés (éthylène glycol et propylène glycol à 35 % ou 40 %), dont la viscosité plus élevée augmente sensiblement les pertes de charge. Ce calcul sert notamment pour les réseaux de chauffage ou d'eau glacée avec protection antigel, hors du champ strict du DTU 60.11.

Ne pas oublier : pertes singulières et appareils

La perte de charge linéaire J × L ne représente qu'une partie de la chute de pression totale. Il faut y ajouter les pertes de charge singulières générées par les coudes, tés, réductions, vannes et clapets, évaluées par coefficients ζ (ΔP = ζ × ρV²/2) ou par longueurs équivalentes. Une majoration forfaitaire des pertes linéiques est parfois pratiquée en avant-projet, souvent de l'ordre de 10 à 15 % : c'est un usage de conception, pas une prescription du DTU, et il devient très optimiste dès que le réseau est chargé en accessoires. Ajoutez enfin la perte de charge propre des appareils traversés : compteur, réducteur de pression, adoucisseur, filtre, robinetterie (valeurs fournies par les fabricants). Pour les chiffrer, utilisez nos outils dédiés : Pertes de charge singulières et Perte de charge totale d'un réseau. Et pour le dimensionnement complet (débits de base par appareil, coefficient de simultanéité et choix des diamètres), voyez Dimensionnement des tuyauteries d'eau.

Comment ce calcul est vérifié

Cet outil affiche deux calculs distincts : la formule simplifiée du DTU et la résolution Darcy-Weisbach + Colebrook-White. Chacun est couvert par une suite de 20 tests automatisés, adossés à des références externes plutôt qu'aux sorties du moteur.

  • Les formules du DTU sont réécrites indépendamment et comparées au moteur sur plusieurs couples vitesse/diamètre, en eau froide comme en eau chaude, avec vérification que la bascule entre les deux jeux d'exposants se fait exactement à 40 °C.
  • L'exemple chiffré publié sur cette page est lui-même testé : Ø 20 mm, eau froide, 1 m/s → 89 mmCE/m, puis 1,07 mCE sur 12 m. Si la formule changeait sans que l'exemple soit mis à jour, les tests échoueraient.
  • Vérité analytique sur la vitesse : chaque ligne du tableau vérifie Q = V × S à l'arrondi près, et le mode « vitesse imposée » retrouve bien la vitesse demandée sur tous les diamètres.
  • La relation entre les deux méthodes est vérifiée, pas supposée. Un test contrôle que la simplifiée majore bien Colebrook sur tube lisse, que la majoration est plus forte sur multicouche que sur acier, et que les deux convergent à 1 % près sur un acier de rugosité 0,10 mm — la valeur conventionnelle du DTU. Ce sont ces mesures qui ont mis en évidence la sous-estimation sur les tubes rugueux, exposée plus haut.
  • Entrées dégradées : température, fluide, matériau ou débit manquants renvoient null plutôt qu'un tableau de zéros, une rugosité personnalisée nulle ou négative est refusée, et aucune ligne produite ne contient de NaN.

Références

  • NF DTU 60.11 (août 2013) — Règles de calcul des installations de plomberie sanitaire et des installations d'évacuation des eaux pluviales. Le document est publié en quatre parties : P1-1 (réseaux d'alimentation d'eau froide et chaude sanitaire), P1-2 (conception et dimensionnement des réseaux bouclés), P2 (évacuation des eaux usées et des eaux vannes) et P3 (évacuation des eaux pluviales). Il remplace le DTU 60.11 (P 40-202) d'octobre 1988.
  • C. F. Colebrook, « Turbulent flow in pipes, with particular reference to the transition region between the smooth and rough pipe laws », Journal of the Institution of Civil Engineers, 1939.
  • L. F. Moody, « Friction factors for pipe flow », Transactions of the ASME, vol. 66, 1944.
  • Bruxelles Environnement, Guide Bâtiment Durable — « Dimensionner les conduites pour diminuer les pertes de charge », mise à jour du 2 avril 2019.
  • CRC Handbook of Chemistry and Physics : masse volumique et viscosité dynamique de l'eau et des mélanges glycolés.

Questions fréquentes (FAQ)