Calcul de perte de charge d'un réseau
Darcy-Weisbach · Colebrook-WhiteLa construction du réseau est plus confortable sur un écran d'ordinateur. Sur mobile, touchez un élément de la palette pour l'ajouter, puis reliez les poignées.
Paramètres généraux
Distribution sanitaire, relevage… : la hauteur géométrique ΣΔZ s'ajoute aux frottements pour donner la HMT.
ρ et μ sont interpolés dans la table 0–100 °C.
Fluide : eau. Saisissez les débits aux points terminaux ; l'outil les propage vers la source par conservation de la masse.
Éléments
Touchez un élément pour l'ajouter au schéma.
Glissez un élément sur le schéma (ou cliquez), puis reliez les poignées dans le sens d'écoulement.
Départ
Jonctions
Singularités
Terminaux
Les tuyauteries se créent en reliant la poignée droite d'un élément à la poignée gauche du suivant.
Détail des tuyaux
Mis à jour le
Dessinez votre réseau élément par élément : tuyaux (longueur, matériau, diamètre, dénivelé), coudes, vannes, clapets, tés et points de puisage. L'outil propage les débits, calcule les pertes linéaires (Darcy-Weisbach, Colebrook-White) et singulières, identifie le chemin le plus défavorisé et en déduit le point de fonctionnement de la pompe. Vous trouverez plus bas un tableau de pertes de charge à lire directement, et les longueurs équivalentes des coudes, vannes et clapets.
Comment l'outil calcule votre réseau
Le réseau que vous dessinez est un graphe orienté : une source unique (pompe, compteur ou point de départ), des tuyaux, des singularités traversantes (coudes, vannes, clapets…), des tés qui divisent le débit et des points terminaux où vous saisissez les débits de soutirage. Le calcul enchaîne quatre étapes :
- Propagation des débits : par conservation de la masse, le débit de chaque tuyau est la somme des débits de tous les terminaux qu'il alimente, en remontant des terminaux vers la source.
- Pertes linéaires : pour chaque tuyau : vitesse, nombre de Reynolds, coefficient de frottement (Colebrook-White) puis équation de Darcy-Weisbach.
- Pertes singulières : chaque élément ponctuel traversé ajoute K × ρv²/2, imputé au tuyau situé juste en aval.
- Chemin le plus défavorisé : l'outil cumule les pertes de la source vers chaque terminal et retient le chemin le plus exigeant pour en déduire la HMT et le point de fonctionnement de la pompe.
Tableau de perte de charge : la perte linéique par débit et par diamètre
Avant de dessiner quoi que ce soit, ce tableau donne l'ordre de grandeur qu'on cherche le plus souvent : combien un mètre de tuyau droit coûte-t-il en pression, pour un débit et un diamètre donnés. C'est la perte de charge linéique, notée J, exprimée ici en mmCE par mètre — 10 mmCE/m valent 98 Pa/m. Multipliez-la par la longueur du tronçon, puis ajoutez les singularités pour obtenir sa perte totale.
Les valeurs ci-dessous sont calculées par le moteur de l'outil (Darcy-Weisbach, frottement par Colebrook-White) pour de l'eau à 20 °C circulant dans de l'acier galvanisé neuf (rugosité ε = 0,15 mm). Le diamètre intérieur réel de chaque colonne est rappelé sous le DN : c'est lui qui compte, pas l'appellation commerciale.
| Débit | DN 15 (1/2")Ø 17,3 mm | DN 20 (3/4")Ø 22,3 mm | DN 25 (1")Ø 28,5 mm | DN 32 (1"1/4)Ø 37,2 mm | DN 40 (1"1/2)Ø 43,1 mm | DN 50 (2")Ø 54,5 mm |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 0,5 m³/h | 430,59 m/s | 120,36 m/s | 3,50,22 m/s | 0,940,13 m/s | 0,460,10 m/s | — |
| 1 m³/h | 1611,18 m/s | 430,71 m/s | 120,44 m/s | 3,30,26 m/s | 1,60,19 m/s | 0,500,12 m/s |
| 1,5 m³/h | 3531,77 m/s | 941,07 m/s | 270,65 m/s | 6,90,38 m/s | 3,30,29 m/s | 1,00,18 m/s |
| 2 m³/h | 6202,36 m/s | 1641,42 m/s | 460,87 m/s | 120,51 m/s | 5,70,38 m/s | 1,80,24 m/s |
| 3 m³/h | 1 3803,55 m/s | 3622,13 m/s | 1011,31 m/s | 260,77 m/s | 120,57 m/s | 3,70,36 m/s |
| 4 m³/h | 2 4304,73 m/s | 6372,84 m/s | 1771,74 m/s | 451,02 m/s | 210,76 m/s | 6,40,48 m/s |
| 6 m³/h | 5 4207,09 m/s | 1 4204,27 m/s | 3912,61 m/s | 981,53 m/s | 461,14 m/s | 140,71 m/s |
| 9 m³/h | 12 15010,64 m/s | 3 1606,40 m/s | 8683,92 m/s | 2152,30 m/s | 1001,71 m/s | 301,07 m/s |
Valeur du haut : perte de charge linéique J en mmCE par mètre. Valeur du bas : vitesse de l'eau, affichée en ambre lorsqu'elle sort de la plage 0,5 – 2 m/s. Les cases marquées « — » correspondent à un écoulement trop lent pour être pleinement turbulent : aucune corrélation de frottement n'y est fiable, on préfère ne rien publier plutôt qu'un chiffre trompeur.
Comment s'en servir. On vise en général 10 à 20 mmCE/m (100 à 200 Pa/m) avec une vitesse entre 0,5 et 2 m/s : c'est la zone où les deux lignes de chaque case restent sages. Trois lectures à garder en tête :
- Le débit pèse lourd. À diamètre constant, doubler le débit multiplie la perte par un peu plus de quatre — les pertes croissent comme le carré de la vitesse.
- Le diamètre pèse encore plus. À 2 m³/h, passer du DN 20 (3/4") au DN 32 (1"1/4) divise la perte linéique par 14. Un diamètre au-dessus règle souvent un problème de pompe mieux qu'une pompe plus grosse.
- Ce tableau vaut pour un tube neuf. Sur du métal corrodé, la rugosité monte à 0,5 mm avec de l'eau filtrée, 1 mm avec une eau légèrement agressive et 2 mm avec une eau franchement agressive. Reportez ces valeurs dans le champ rugosité de l'éditeur, qui recalcule tout le réseau.
Pour un autre matériau, une autre température ou un tronçon qui n'est pas droit, saisissez-le dans l'éditeur en haut de page : il applique la même méthode, mais avec vos rugosités, vos diamètres et vos singularités.
Pertes de charge linéaires : Darcy-Weisbach
La perte de charge régulière d'un tuyau de longueur L et de diamètre intérieur D parcouru à la vitesse moyenne v s'écrit :
Perte de charge linéaire (Darcy-Weisbach)
ΔP : perte de charge du tronçon (Pa) · f : coefficient de frottement, aussi noté λ (sans unité) · L : longueur du tuyau (m) · D : diamètre intérieur réel (m) · ρ : masse volumique de l'eau (kg/m³) · v : vitesse moyenne (m/s)
La même relation en hauteur d'eau. Les catalogues de pompes et les notes de calcul raisonnent souvent en mètres de colonne d'eau plutôt qu'en pascals. Il suffit de diviser par ρg : on retrouve alors la forme la plus répandue dans la littérature, où le coefficient de frottement est noté λ et la perte s'exprime directement en mCE.
La même perte, exprimée en hauteur de colonne d'eau
ΔH : perte de charge (mCE) · λ : coefficient de frottement, identique au f ci-dessus · g : 9,80665 m/s² · la perte de charge linéique J = ΔH / L s'exprime en m/m, ou en mmCE/m dans le tableau ci-dessus
Le régime d'écoulement est caractérisé par le nombre de Reynolds, rapport des forces d'inertie aux forces visqueuses :
Le coefficient de frottement f dépend du régime :
- Laminaire (Re < 2 300) : f = 64/Re ; la rugosité ne joue aucun rôle, équivalent exact de la loi de Hagen-Poiseuille.
- Turbulent (Re > 4 000) : équation implicite de Colebrook-White, référence des codes de calcul, que l'outil résout numériquement (détail de la résolution ci-dessous) :
- Zone de transition (2 300 ≤ Re ≤ 4 000) : le régime est physiquement instable ; l'outil interpole entre les deux lois et vous le signale, car aucune corrélation n'y est vraiment fiable.
Pourquoi Colebrook-White plutôt qu'une formule simplifiée ?
Beaucoup d'outils utilisent des formules monomiales calibrées (Flamant pour le DTU 60.11, Hazen-Williams…) ou des abaques. Elles sont commodes mais ne valent que dans leur domaine de calage : un matériau donné, de l'eau froide, une plage de diamètres restreinte. L'équation de Colebrook-White, elle, couvre tout le régime turbulent, n'importe quelle rugosité et n'importe quelle température ; c'est la base du diagramme de Moody et la référence des ouvrages spécialisés (Idel'cik, Crane TP-410). C'est ce qui permet à l'outil de traiter dans un même réseau du cuivre à 10 °C et de l'acier galvanisé à 70 °C sans changer de méthode.
Étant implicite (f apparaît des deux côtés), l'équation est résolue numériquement par itérations de point fixe sur 1/√f, initialisées par l'approximation explicite de Swamee-Jain, jusqu'à une tolérance de 10⁻⁷ sur f ; la convergence est atteinte en 3 à 5 itérations. L'erreur numérique est donc négligeable devant les incertitudes physiques (rugosité réelle, tolérances de fabrication des tubes).
Propriétés de l'eau utilisées
La masse volumique ρ et la viscosité dynamique μ sont interpolées linéairement dans une table de référence à pas de 5 °C (valeurs IAPWS / CRC Handbook, pression atmosphérique). La viscosité étant divisée par près de 3,7 entre 10 et 80 °C, la température change sensiblement le Reynolds, d'où son rôle dans les résultats :
| Température | ρ (kg/m³) | μ (mPa·s) | Usage typique |
|---|---|---|---|
| 10 °C | 999,7 | 1,308 | Eau froide sanitaire |
| 20 °C | 998,2 | 1,002 | Référence laboratoire |
| 40 °C | 992,2 | 0,653 | ECS mitigée, plancher chauffant |
| 60 °C | 983,2 | 0,466 | ECS, bouclage |
| 80 °C | 971,8 | 0,354 | Chauffage haute température |
Rugosités et diamètres intérieurs réels
Deux pièges classiques faussent les calculs de pertes de charge : utiliser le diamètre nominal au lieu du diamètre intérieur réel (un multicouche Ø26×3 ne fait que 20 mm de passage !) et négliger la rugosité absolue ε du matériau. L'outil embarque un catalogue de diamètres intérieurs réels par matériau et les rugosités usuelles des tubes neufs, modifiables champ par champ pour les utilisateurs avertis :
| Matériau | Rugosité ε (mm) | Dimensions du catalogue |
|---|---|---|
| Cuivre | 0,0015 | 8/10 (Ø10 ext.) → 50/54 (Ø54 ext.) |
| PER (PEX) | 0,007 | Ø12 × 1,1 → Ø32 × 2,9 |
| Multicouche | 0,007 | Ø16 × 2 → Ø63 × 4,5 |
| Acier galvanisé | 0,15 | DN 15 (1/2") → DN 100 (4") |
| PVC pression (PN16) | 0,007 | Ø20 × 1,5 → Ø110 × 8,1 |
| Inox (à sertir) | 0,015 | Ø15 × 1 → Ø54 × 1,5 |
Valeurs tubes neufs. Sur un métal corrodable, le formulaire hydraulique du Water Handbook (SUEZ / Degrémont) retient en pratique ε = 0,5 mm avec de l'eau filtrée, 1 mm avec une eau légèrement agressive et 2 mm avec une eau agressive — soit jusqu'à treize fois la rugosité du tube neuf. Sur un réseau ancien, reportez l'une de ces valeurs dans le champ rugosité plutôt que de garder celle du catalogue.
Pertes de charge singulières
Chaque accident de parcours (coude, vanne, té, clapet, variation de section…) dissipe une fraction de l'énergie cinétique de l'écoulement, quantifiée par son coefficient K :
Perte de charge singulière
ΔP : perte de l'accessoire (Pa) · K : coefficient de perte singulière, aussi noté ζ (sans unité) · ρ : masse volumique de l'eau (kg/m³) · v : vitesse de référence de l'accessoire (m/s), celle de la petite section pour une réduction
L'outil reprend la bibliothèque complète de notre calculateur de pertes de charge singulières (formules de Borda-Carnot et Weisbach, tables Idel'cik et Crane TP-410). Chaque K reste modifiable dans le panneau de propriétés. Repères usuels :
| Singularité | K | Remarque |
|---|---|---|
| Té 90°, passage direct (séparation) | 0,35 | Compté sur la branche principale aval du té |
| Té 90°, dérivation (séparation) | 1,3 | Compté sur le piquage, avec la vitesse de la dérivation |
| Coude arrondi 90° (R/D = 1,5) | 0,17 | Coude cintré standard cuivre / multicouche |
| Coude brusque 90° (onglet) | 1,5 | Weisbach : sin²α + 2·sin⁴(α/2), à éviter |
| Vanne à opercule ouverte | 0,15 | Monte à 24 ouverte au quart |
| Vanne à boisseau sphérique | 0,05 | Passage intégral : quasi transparente |
| Robinet à soupape ouvert | 10 | Le double coude interne se paie cher |
| Clapet anti-retour à battant | 2,0 | Battant ouvert (v ≥ 1 m/s environ) |
| Clapet à ressort | 10 | Soupape guidée, toutes positions |
| Crépine + clapet de pied | 3,0 | Poste clé du NPSH en aspiration |
| Compteur d'eau | 10 | Indicatif : la courbe ΔP(Q) du fabricant prime (forfait mCE possible) |
| Élargissement brusque | (1 − (D1/D2)²)² | Borda-Carnot, vitesse de la petite section |
| Rétrécissement brusque | (1/μ − 1)² | Weisbach, μ = 0,61 + 0,39·(S2/S1)³ |
Deux conventions importantes : la perte d'un élément est imputée au tuyau aval (celle d'un té dépend de la branche empruntée : passage direct ou dérivation), et la vitesse de référence d'une réduction est celle de la petite section : l'outil choisit automatiquement contraction ou élargissement selon les diamètres des tuyaux adjacents.
Longueurs équivalentes : combien de mètres de tuyau vaut un coude ?
Beaucoup de méthodes de chantier remplacent chaque accessoire par la longueur de tuyau droit qui perdrait autant : c'est la longueur équivalente (ou longueur fictive). On l'obtient en égalant les deux expressions de la perte, celle de la singularité et celle du tuyau droit. La vitesse se simplifie, mais pas le coefficient de frottement :
Longueur équivalente d'une singularité
Leq : longueur de tuyau droit de même perte (m) · K : coefficient de perte singulière · D : diamètre intérieur réel (m) · f : coefficient de frottement du tuyau, qui dépend du diamètre, de la rugosité et du débit
Puisque Leq est proportionnelle au diamètre, un forfait unique ne peut pas convenir. Le tableau ci-dessous donne les longueurs calculées par le moteur pour de l'acier galvanisé neuf parcouru à 1 m/s, eau à 20 °C :
| Singularité | K | DN 20 (3/4")Ø 22,3 mm | DN 32 (1"1/4)Ø 37,2 mm | DN 50 (2")Ø 54,5 mm |
|---|---|---|---|---|
| Coude arrondi 90° (R/D = 1,5) | 0,17 | 0,10 m | 0,20 m | 0,33 m |
| Coude brusque 90° (onglet) | 1,5 | 0,92 m | 1,8 m | 2,9 m |
| Té 90° — passage direct | 0,35 | 0,21 m | 0,42 m | 0,68 m |
| Té 90° — dérivation | 1,3 | 0,79 m | 1,6 m | 2,5 m |
| Vanne à opercule, pleine ouverture | 0,15 | 0,09 m | 0,18 m | 0,29 m |
| Vanne à boisseau, passage intégral | 0,05 | 0,03 m | 0,06 m | 0,10 m |
| Clapet anti-retour à battant | 2,0 | 1,2 m | 2,4 m | 3,9 m |
| Robinet à soupape | 10 | 6,1 m | 11,9 m | 19,5 m |
| Clapet à ressort | 10 | 6,1 m | 11,9 m | 19,5 m |
| Crépine + clapet de pied | 3,0 | 1,8 m | 3,6 m | 5,9 m |
Entre la plus petite et la plus grande valeur de ce tableau, l'écart est d'un facteur 638. C'est pourquoi les forfaits qui circulent — deux mètres par coude ou par vanne, dix mètres par clapet — donnent des résultats très inégaux : sur un coude cintré en petit diamètre ils comptent une vingtaine de fois trop, alors que sur un robinet à soupape ou un clapet à ressort en DN 50 (2") ils restent en dessous de la réalité.
Retenez surtout la hiérarchie, elle, très stable : un coude cintré à grand rayon est presque gratuit (quelques centimètres de tuyau), un onglet coûte près de 9 fois plus, et la robinetterie de réglage — robinet à soupape, clapet à ressort, crépine d'aspiration — pèse à elle seule plusieurs mètres de conduite. Sur une aspiration de pompe, c'est souvent la crépine qui décide du NPSH disponible, pas la longueur du tuyau.
Ces longueurs valent pour la rugosité et la vitesse indiquées : f varie avec le débit, donc Leq aussi, d'environ 7 % sur la plage 0,5 – 2 m/s. Dans l'éditeur, cette approximation ne sert pas : chaque singularité y est comptée avec son propre K et la vitesse réelle de sa branche.
Exemple détaillé : un tuyau calculé pas à pas
Pour vous permettre de contrôler l'outil à la main, voici le calcul complet d'un tuyau de l'exemple « Distribution 2 branches » (menu Exemples de l'éditeur) : cuivre 16/18, longueur 5 m, débit 0,3 l/s, eau à 20 °C, précédé d'un coude brusque à 90°.
- Vitesse. Section de passage : A = π × 0,016²/4 = 2,011 × 10⁻⁴ m². D'où v = 0,0003 / 2,011 × 10⁻⁴ = 1,492 m/s (dans la plage 0,5–2 m/s).
- Reynolds. À 20 °C, ρ = 998,2 kg/m³ et μ = 1,002 × 10⁻³ Pa·s : Re = 998,2 × 1,492 × 0,016 / 0,001002 = 23 783 → turbulent.
- Coefficient de frottement. Rugosité du cuivre ε = 0,0015 mm, soit ε/D = 9,4 × 10⁻⁵. Colebrook-White itéré donne f = 0,0250.
- Perte linéaire. Pression dynamique ρv²/2 = 998,2 × 1,492²/2 = 1 111 Pa, puis ΔP = 0,0250 × (5/0,016) × 1 111 = 8 695 Pa.
- Perte singulière. Coude brusque 90° : K = sin²(90°) + 2·sin⁴(45°) = 1 + 0,5 = 1,5 (formule de Weisbach), d'où ΔP = 1,5 × 1 111 = 1 667 Pa.
- Total du tuyau : 8 695 + 1 667 = 10 362 Pa = 1,06 mCE = 0,104 bar. Son dénivelé ΔZ = +2,5 m ne crée pas de perte par frottement : il s'ajoutera à la hauteur géométrique du chemin si le circuit est ouvert.
Chargez l'exemple dans l'éditeur : vous retrouverez ces valeurs ligne « Tuyau 4 » du tableau, au pas d'affichage près. Le même enchaînement est appliqué à chaque tuyau du réseau, puis cumulé chemin par chemin.
Vitesses recommandées
| Vitesse | Lecture | Pourquoi |
|---|---|---|
| v < 0,5 m/s | Trop faible | Risque de dépôts, d'embouage et de mauvais dégazage ; surcoût matière inutile. |
| 0,5 à 2 m/s | Plage recommandée | Compromis usuel bruit / érosion / pertes de charge pour les réseaux du bâtiment. |
| v > 2 m/s | Trop élevée | Bruit, coups de bélier amplifiés, érosion-corrosion ; pertes de charge en v². |
Seuils par défaut de l'outil, ajustables dans la section Résultats (on vise par exemple ≤ 1,5 m/s à l'aspiration d'une pompe, ou ≤ 1 m/s dans les colonnes d'un logement pour le confort acoustique).
Circuit ouvert ou circuit fermé : quelle HMT ?
La hauteur manométrique totale (HMT) que doit fournir la pompe ne se calcule pas de la même façon selon la nature du circuit ; c'est le sélecteur « type de circuit » de l'outil :
- Circuit ouvert (distribution sanitaire, surpression, relevage) : le fluide est réellement monté de la source vers le point de puisage. La hauteur géométrique s'ajoute aux frottements : HMT = ΔPfrottements + ΣΔZ + pression résiduelle requise au point le plus défavorisé (par exemple ≈ 3 bar pour un robinet de puisage confortable).
- Circuit fermé (chauffage, eau glacée, bouclage ECS) : ce qui monte redescend : les ΔZ se compensent exactement sur la boucle et n'interviennent pas dans le choix du circulateur : HMT = ΔPfrottements du circuit le plus défavorisé. La hauteur statique reste affichée à titre d'information : elle sert à régler la pression de gonflage du vase d'expansion et la pression de remplissage, pas à dimensionner la pompe.
Le point de fonctionnement à fournir au fabricant de pompe associe le débit total du réseau (somme des terminaux) et la HMT du chemin le plus défavorisé : c'est l'intersection recherchée entre la courbe de réseau et la courbe de pompe.
Comment ce calcul est vérifié
Le moteur est couvert par une suite de 76 tests automatisés rejouée à chaque évolution. Chaque contrôle oppose l'outil à une référence extérieure — une loi physique exacte, une formule publiée réécrite pour l'occasion, ou un second moteur du site — jamais à ses propres résultats.
- Le frottement est recoupé avec une seconde formule publiée. Sur tout le domaine du diagramme de Moody, du tube lisse à la conduite fortement corrodée et de l'eau presque immobile aux gros débits, le solveur Colebrook-White est mis en regard de la formule explicite de Serghides. L'écart maximal mesuré est de 0,003 %. Les deux comportements limites répondent aussi à l'appel : loi de Blasius en tube lisse, palier de von Kármán quand la rugosité commande seule.
- En eau lente, le résultat est exact. En régime laminaire, la perte de charge a une solution analytique connue, la loi de Hagen-Poiseuille. L'outil la retrouve à la douzième décimale : c'est une égalité mathématique, pas un ajustement.
- Un réseau complet est recalculé hors du moteur. Une distribution à deux branches — débits, vitesses, pertes linéaires, coude, deux tés, dénivelés — est reprise de bout en bout par une implémentation écrite séparément. Débits par tronçon, HMT de chaque chemin et désignation du chemin le plus défavorisé concordent à moins de 0,003 %.
- Les tableaux de cette page sortent du moteur. Les pertes linéiques, les longueurs équivalentes, les repères de coefficients K et les propriétés de l'eau ne sont pas recopiés : ils sont calculés à l'affichage par le code qui fait tourner l'éditeur. Chaque case du tableau de pertes redonne bien le débit annoncé, et un tuyau droit de la longueur équivalente publiée perd exactement ce que perd la singularité correspondante.
- Les données physiques et un second moteur servent de contre-épreuve. La masse volumique et la viscosité de l'eau sont reprises ligne à ligne du CRC Handbook dans le test : l'écart reste sous 0,001 % sur la masse volumique et 0,15 % sur la viscosité. Sur des tubes de Ø14 à Ø42,6 mm, en cuivre, PER et acier galvanisé entre 10 et 60 °C, les résultats restent à 1 % de ceux du moteur Swamee-Jain de nos autres calculateurs. C'est l'écart attendu entre ces deux corrélations, et la preuve qu'aucune unité ne s'est perdue en route.
- Une saisie incomplète ne produit jamais de faux résultat. Réseau sans source, débit de puisage oublié, tronçon sans longueur, boucle refermée par erreur : le calcul s'arrête et pointe l'élément fautif. Aucun réseau calculable ne laisse passer de valeur indéfinie, et aucune valeur n'est affichée en dehors du régime turbulent, là où les corrélations de frottement cessent d'être fiables.
Références
- C. F. Colebrook, « Turbulent flow in pipes, with particular reference to the transition region between the smooth and rough pipe laws », Journal of the Institution of Civil Engineers, 1939 — équation implicite du coefficient de frottement.
- L. F. Moody, « Friction factors for pipe flow », Transactions of the ASME, 1944 — diagramme de référence du frottement en conduite.
- P. K. Swamee & A. K. Jain, « Explicit equations for pipe-flow problems », Journal of the Hydraulics Division (ASCE), 1976 — approximation explicite servant d'amorce au solveur.
- T. K. Serghides, « Estimate friction factor accurately », Chemical Engineering, 1984 — formule explicite à trois passes, utilisée comme référence de contrôle.
- I. E. Idel'cik, Mémento des pertes de charge, Eyrolles — coefficients de perte singulière des coudes, tés, variations de section.
- Crane Co., Flow of Fluids Through Valves, Fittings and Pipe, Technical Paper n° 410 — coefficients de la robinetterie et des clapets.
- SUEZ / Degrémont, Water Handbook — pertes de charge par frottement dans les tuyaux pour l'eau : méthode de Colebrook et rugosités pratiques des conduites corrodables selon l'agressivité de l'eau.
- SUEZ / Degrémont, Water Handbook — pertes de charge singulières dans les tuyauteries, raccords et vannes : formulation Δh = K × v²/2g retenue par cet outil.
- CRC Handbook of Chemistry and Physics — masse volumique et viscosité dynamique de l'eau liquide sous pression atmosphérique.
- Eau liquide, de 0 à 100 °C. La masse volumique et la viscosité sont interpolées dans une table de référence, ce qui couvre l'eau froide sanitaire comme le chauffage haute température. Pour un circuit protégé au monoéthylène glycol, comptez sur des pertes nettement supérieures : à 30 % et 20 °C, la viscosité est 2,3 fois celle de l'eau et la masse volumique 5 % plus élevée — les tables du MEG 30 % donnent les valeurs à saisir.
- Réseaux ramifiés à source unique. Le débit part d'un point, se divise aux tés et se consomme aux points de puisage : c'est le schéma d'une distribution sanitaire, d'une chaufferie ou d'un relevage. Pour un circuit qui se referme sur lui-même, utilisez l'outil Réseaux bouclés ECS, dont la méthode répartit les débits entre branches parallèles.
- Régime permanent établi. Les formules décrivent un écoulement stabilisé : les premiers diamètres après un accessoire et les surpressions transitoires — coup de bélier à la fermeture d'un robinet, démarrage de pompe — relèvent d'un calcul de régime variable. Entre Re = 2 300 et 4 000, l'écoulement hésite entre deux lois : l'outil interpole et le signale, plutôt que d'afficher un chiffre faussement net.
- Coefficients K d'ingénierie, remplaçables par la donnée du fabricant. Les K viennent des tables Idel'cik et Crane TP-410, qui décrivent une famille d'accessoires, pas une référence précise. Dès qu'un constructeur publie une courbe ΔP(Q) — compteur, filtre, vanne de réglage, échangeur — saisissez sa valeur : chaque K est modifiable et le compteur accepte directement un forfait en mCE.
Questions fréquentes
La perte de charge totale d'un réseau est la somme des pertes linéaires de chaque tuyau (frottement du fluide sur les parois, équation de Darcy-Weisbach) et des pertes singulières de chaque accident de parcours (coudes, tés, vannes, clapets : ΔP = K × ρv²/2), cumulées de la source jusqu'au point desservi. Sur un réseau ramifié, ce cumul doit être fait chemin par chemin : c'est le chemin le plus défavorisé qui dimensionne la pompe. L'outil automatise exactement cet enchaînement : propagation des débits, calcul tuyau par tuyau, puis cumul par chemin.
Un tableau de perte de charge croise un débit et un diamètre, et donne la perte par mètre de tuyau droit — la perte de charge linéique, souvent notée J. On la lit en mmCE/m ou en Pa/m : 10 mmCE/m valent environ 98 Pa/m. Pour obtenir la perte du tronçon, on multiplie cette valeur par sa longueur, puis on ajoute les singularités.
Deux précautions font toute la différence. D'abord, la colonne doit correspondre au diamètre intérieur réel, pas au diamètre nominal : un multicouche Ø26 × 3 ne laisse passer que 20 mm. Ensuite, un tableau n'est valable que pour la rugosité et la température qui ont servi à le calculer : de l'acier galvanisé ancien perd nettement plus que le tube neuf du tableau.
C'est la notion de longueur équivalente : on remplace la singularité par la longueur de tuyau droit qui perdrait autant, soit Leq = K × D / f. Elle grandit avec le diamètre, donc aucun forfait unique ne convient. Sur de l'acier galvanisé à 1 m/s, un coude cintré à grand rayon vaut environ 0,10 m en DN 20 et 0,33 m en DN 50, tandis qu'un robinet à soupape vaut 6 m en DN 20 et près de 20 m en DN 50.
Les forfaits qui circulent (2 m par coude, 10 m par clapet) écrasent donc cet écart : ils surestiment largement les petits diamètres et sous-estiment les gros. Le tableau publié sur cette page donne la longueur équivalente singularité par singularité et diamètre par diamètre.
1 mètre de colonne d'eau (mCE) correspond à 9 807 Pa (soit ≈ 0,0981 bar), et 1 bar à environ 10,2 mCE. Exemple : une perte de 25 000 Pa vaut 2,55 mCE ou 0,25 bar. Les fabricants de pompes expriment généralement leurs courbes en mCE, les DTU plutôt en Pa ou en bar : l'outil affiche les résultats dans l'unité de votre choix (mCE, Pa, kPa, bar) pour éviter toute erreur de conversion.
En avant-projet, on majore souvent les pertes linéaires de 10 à 30 % pour couvrir les singularités, ou on utilise des longueurs équivalentes. Cette approche est acceptable sur de longues distributions rectilignes, mais elle sous-estime fortement les réseaux courts riches en accessoires (chaufferie, local surpresseur, collecteurs) où les singularités peuvent dépasser les pertes linéaires. Pour un dimensionnement de pompe fiable, comptez les singularités élément par élément avec leurs coefficients K, comme le fait cet outil.
C'est le trajet, de la source vers un point de puisage, qui cumule la plus grande perte de charge : frottements, plus hauteur géométrique en circuit ouvert. Ce n'est pas nécessairement le chemin le plus long : un trajet court traversant des petits diamètres très chargés ou de nombreuses singularités peut être plus pénalisant. C'est ce chemin qui fixe la HMT de la pompe : si le point le plus défavorisé est correctement alimenté, tous les autres le sont aussi.
En circuit ouvert (distribution sanitaire, surpression, relevage) : HMT = pertes de charge du chemin le plus défavorisé + hauteur géométrique entre la source et le point desservi + pression résiduelle requise au point de puisage. En circuit fermé (chauffage, eau glacée, bouclage ECS), les hauteurs montantes et descendantes se compensent : HMT = pertes de charge du circuit le plus défavorisé uniquement. Le point de fonctionnement à fournir au fabricant associe cette HMT au débit total du réseau.
En pratique, on dimensionne les réseaux de chauffage pour une perte de charge linéique de l'ordre de 100 à 200 Pa/m (10 à 20 mmCE/m), tout en maintenant la vitesse entre 0,5 et 2 m/s. En deçà, les tubes sont surdimensionnés et l'eau stagne (dépôts, embouage) ; au-delà, le bruit, l'érosion et la consommation de pompage augmentent rapidement, les pertes croissant comme le carré de la vitesse. L'outil signale automatiquement les tuyaux hors plage de vitesse.