Comment fonctionne le photovoltaïque ?
Les panneaux solaires photovoltaïques convertissent le rayonnement solaire en électricité grâce à l'effet photovoltaïque. Les cellules en silicium cristallin (la technologie la plus répandue) captent les photons de la lumière et génèrent un courant continu, transformé en courant alternatif par un onduleur.
La puissance d'une installation s'exprime en kilowatts-crête (kWc) : c'est la puissance délivrée dans les conditions de test normalisées STC (irradiance de 1 000 W/m², température de cellule de 25 °C, spectre AM 1,5) définies par la norme IEC 61215. En conditions réelles, la production dépend de l'ensoleillement du site (irradiation en kWh/m²/an), de l'orientation et de l'inclinaison des panneaux, de la technologie utilisée, des pertes système (câblage, onduleur, salissures) et de la température des cellules : un module perd typiquement 0,3 à 0,4 % de puissance par degré au-dessus de 25 °C.
Autoconsommation vs Vente totale : quel choix en 2026 ?
En autoconsommation avec vente du surplus, vous consommez directement une partie de votre production (typiquement 20 à 40% sans batterie) et revendez le reste en Obligation d'Achat à un tarif garanti sur 20 ans. Depuis l'arrêté du 1er juin 2026, cette option ne bénéficie plus de prime à l'autoconsommation et le surplus est racheté au tarif unifié de 0,011 €/kWh.
En vente totale, toute la production est injectée sur le réseau. Depuis le 5 juin 2026, elle est rachetée au même tarif unifié que le surplus (0,011 €/kWh pour les installations ≤ 100 kWc), sans prime. À ce niveau de tarif, elle a perdu presque tout intérêt face à l'autoconsommation pour un particulier.
Pour la quasi-totalité des installations résidentielles, l'autoconsommation avec vente du surplus est désormais la stratégie la plus rentable : l'objectif est de maximiser la part d'électricité consommée sur place plutôt que revendue à bas tarif. Notre simulateur calcule les deux scénarios pour vous aider à arbitrer, et vous permet de basculer sur l'ancien régime tarifaire si votre demande de raccordement est antérieure au 5 juin 2026.
Le taux d'autoconsommation est le paramètre le plus sensible de l'étude de rentabilité : chaque kWh autoconsommé est valorisé au prix du kWh acheté (≈ 0,25 €/kWh TTC en tarif réglementé début 2026) alors qu'un kWh injecté ne rapporte que le tarif OA. En pratique, retenez 25 à 35 % sans pilotage particulier, 40 à 50 % en décalant les usages en journée (chauffe-eau, lave-linge, recharge du véhicule) et 60 à 80 % avec une batterie de stockage. Un taux surestimé fausse toute l'étude : restez prudent si votre profil de consommation est concentré le soir.
Comprendre les tarifs de rachat depuis l'arrêté du 1er juin 2026
L'arrêté du 1er juin 2026 (publié au Journal officiel le 4 juin 2026, applicable aux demandes de raccordement déposées à partir du 5 juin 2026) a profondément réformé le soutien au photovoltaïque résidentiel : il supprime la prime à l'autoconsommation et unifie le tarif de rachat à 0,011 €/kWh (1,1 c€/kWh) pour les installations de 100 kWc ou moins, que ce soit en vente du surplus ou en vente totale. Ce tarif est garanti 20 ans, revalorisé de 2 %/an et figé à la date de la demande de raccordement.
Concrètement, la logique du soutien a basculé : il ne s'agit plus de subventionner l'investissement puis la revente, mais d'inciter à consommer sa propre production. Chaque kWh autoconsommé évite l'achat d'un kWh au réseau (≈ 0,25 €/kWh TTC), soit plus de vingt fois la valeur d'un kWh revendu. Le taux d'autoconsommation devient donc le levier central de la rentabilité.
Les installations dont la demande de raccordement est antérieure au 5 juin 2026 conservent leurs droits acquis : ancienne prime (80 €/kWc jusqu'à 9 kWc, 160 €/kWc de 9 à 36 kWc) et tarifs de rachat de tranche fixés par la CRE, à tarif fixe sur 20 ans. Le simulateur reproduit ces deux régimes : sélectionnez celui qui correspond à votre projet dans les paramètres financiers.
Comment calculer le dimensionnement d'une installation photovoltaïque ?
Le dimensionnement suit une démarche en 4 étapes : évaluer le besoin (puissance crête cible), vérifier la faisabilité physique (nombre de panneaux, surface, onduleur), estimer la production réelle du site (PVGIS), puis analyser la rentabilité. Voici les calculs que notre outil enchaîne automatiquement.
Puissance crête cible
La première approche consiste à partir de votre consommation électrique annuelle (relevée sur vos factures) et de la productivité solaire de votre région, qui varie en France métropolitaine d'environ 900 kWh/kWc/an dans le Nord à 1 400 kWh/kWc/an sur le pourtour méditerranéen :
Exemple : pour une consommation de 4 500 kWh/an à Lyon (productivité ≈ 1 200 kWh/kWc/an), la puissance cible est de 4 500 / 1 200 ≈ 3,75 kWc. En autoconsommation sans batterie, il est souvent pertinent de viser légèrement en dessous de ce ratio pour limiter le surplus injecté à bas tarif.
Nombre de panneaux et surface
Le nombre de panneaux se déduit de la puissance crête cible et de la puissance unitaire des modules (arrondi à l'entier supérieur) :
Avec des panneaux de 425 Wc (standard du marché 2025-2026, format 1,134 × 1,722 m soit ≈ 1,95 m²), une installation de 3 kWc nécessite 8 panneaux, soit une puissance réellement installée de 3,4 kWc et environ 15,6 m² de toiture :
L'onduleur est ensuite dimensionné entre 0,8 et 1,0 fois la puissance crête installée : un léger sous-dimensionnement (ratio DC/AC jusqu'à 1,25) est courant car les panneaux n'atteignent presque jamais leur puissance nominale simultanément.
Production annuelle (PVGIS)
Plutôt qu'une formule forfaitaire, notre outil interroge l'API PVGIS v5.3 du Centre Commun de Recherche européen : à partir de la latitude, la longitude, l'inclinaison, l'azimut et les pertes système (14 % par défaut), PVGIS croise l'irradiation satellitaire mesurée sur le site (kWh/m²) avec le comportement thermique des modules en silicium cristallin pour restituer la production mensuelle et annuelle réelle. La production décroît ensuite chaque année avec le vieillissement des modules :
où d est le taux de dégradation annuel (0,5 %/an par défaut, cohérent avec les garanties constructeur qui assurent typiquement ≥ 80-87 % de la puissance initiale après 25 ans).
Gain annuel et temps de retour
En autoconsommation avec vente du surplus, le gain de l'année n combine les économies sur la facture (électricité non achetée, au prix du kWh qui suit l'inflation) et la revente du surplus (au tarif de rachat garanti, revalorisé de 2 %/an sous le régime en vigueur, ou fixe sur 20 ans pour une installation antérieure au 5 juin 2026) :
où τ est le taux d'autoconsommation. Le temps de retour est la première année où le cumul des gains dépasse le coût net de l'installation (coût TTC, diminué de la prime à l'autoconsommation uniquement pour les installations antérieures au 5 juin 2026, la prime ayant été supprimée depuis). Pour comparer objectivement les scénarios, l'outil calcule aussi la valeur actuelle nette (VAN) sur 25 ans, en actualisant chaque flux annuel à 3 % :
Une VAN positive signifie que le projet crée de la valeur par rapport à un placement au taux d'actualisation retenu, ce qui constitue un critère plus rigoureux que le seul temps de retour.
PVGIS : la référence européenne derrière nos calculs
La production affichée par notre simulateur ne sort pas d'une formule forfaitaire : elle est calculée par PVGIS (Photovoltaic Geographical Information System), l'outil scientifique développé par le Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne. PVGIS a mesuré par satellite l'ensoleillement de chaque point d'Europe pendant plus de 10 ans : quand vous saisissez votre code postal, c'est l'irradiation réellement observée sur votre commune qui sert de base au calcul — pas une moyenne nationale.
C'est ce qui rend l'estimation pertinente : PVGIS croise cette irradiation locale avec l'inclinaison et l'orientation de vos panneaux, la technologie des modules et leur comportement à la chaleur, puis retire les pertes système. Le résultat est reconnu comme l'une des estimations les plus fiables en Europe, avec un écart généralement inférieur à 5-10 % par rapport à la production réelle. L'outil est public et gratuit : vous pouvez contre-vérifier nos résultats en saisissant les mêmes paramètres sur l'interface officielle PVGIS— notre simulateur l'utilise (API PVGIS v5.3) et y ajoute l'étude financière.
